1 Wing Historical Center

Le côté droit de la réplique du Spitfire Mk.9 porte le serial MJ748. Il évoque le souvenir du Flying Officer belge Marcel Sans de la 349 Sq, abattu et tué par la Flak allemande sur le « vrai » MJ748 le 7 juin 1944 (lendemain du débarquement en Normandie) dans la région de Caen. (Photo Robert Verhegghen)

Beauvechain, le 22 juin 2021. Le mardi étant la journée des volontaires, j’arrive dans une ruche bourdonnante d’activités, le site du 1 Wing Historical Center. Plusieurs dizaines de bénévoles s’activent en préparation de la visite de la ministre de la défense le 1er juillet et de l’inauguration du Lockheed C-130H Hercules CH-13 confié par le War Heritage Institute au 1 WHC sur le site muséal de Beauvechain. Et aussi de l’inauguration officielle de la plaque commémorative du Spitfire le 20 juillet.

Historique

En 1996, année du départ des escadrilles de chasse, le Colonel Avi BEM Thierry Fontaine, Commandant du 1er Wing de Chasse, crée l’ASBL The Golden Falcon (TGF) pour garder le souvenir de leur présence continue à Beauvechain depuis la création de la Force Aérienne Belge en 1946. Cinquante années de la chasse belge, cela méritait d’en retracer l’histoire, et en septembre 1997, leTGF décide de créer un Centre Historique(1WHC) qui sera inauguré en février 1998. Un groupe de volontaires bénévoles se met au travail et effectue une rénovation lourde dans les bâtiments mis à leur disposition. La Force Aérienne les soutiendra pour certains travaux.

L’insigne officiel du 1 Wing Historical Centre. (Photo Guy Viselé)

Beauvechain de 1935 à 2021

Beauvechain existe comme aérodrome militaire depuis 1935, et a été une base de la Luftwaffe pendant l’occupation, puis a hébergé des unités de la RAF, de la RCAF et de l’USAF à la fin du conflit, avant de devenir une des principales bases de la Force Aérienne Belge, créée en octobre 1946.

La base de Beauvechain a été dénommée Base Charles Roman en hommage à l’un de ses Chefs de corps, décédé en mission aérienne. Elle a hébergé de 1946 à 1996 pas moins de six escadrilles de chasse et opéré plusieurs générations de chasseurs, depuis le légendaire Spitfire jusqu’au F-16, en passant par les Mosquito, Meteor, Hunter, CF-100 Canuck, et l’inoubliable F-104G Starfighter. Outre les 4ème, 10ème et 11ème escadrille ainsi que l’Escadrille Auxiliaire, il fallait garder la mémoire et préserver le passé glorieux des prestigieuses 349 et 350, créées au sein de la Royal Air Force et constituées essentiellement de pilotes belges pendant la deuxième guerre mondiale.

Le F-16A FA-42 aux marques de la 350 ème Escadrille, basée au 1 er Wing de 1946 à 1996. (Photo Guy Viselé)
Aucun des 53 CF-100 Canuck du 1 er Wing n’a été préservé. L’AX-16 de la 349 est photographié en cours de démantèlement sur la base de Coxyde en août 1965. La préservation du patrimoine aéronautique belge n’était pas encore à l’ordre du jour… (Photo Guy Viselé)

Depuis 1996, l’écolage des pilotes de la Force Aérienne, mais aussi en partie celui des élèves-pilotes des autres forces (Light Avi, Marine, Gendarmerie) a été dispensé au 1er Wing par les SIAI-Marchetti SF-260 de la 5ème escadrille, et par les Fouga Magister de la 9ème escadrille, les Alphajet des 7ème et 11ème Escadrille, en fonction de la fermeture de ces bases après la chute du mur de Berlin (et la baisse des tensions avec l’ex-bloc soviétique), sans oublier l’Operational Conversion Unit (OCU) F-16 et la 33ème où les officiers d’Etat-major venaient faire leurs heures de vol sur Fouga pour maintenir leurs compétences.

Actuellement Beauvechain héberge les unités d’hélicoptères du Wing Heli (Agusta A109BA et NHI NH-90) de la Composante Air de la Défense, et la patrouille acrobatique des Diables Rouges.

Beauvechain est la base de la Force Aérienne qui héberge le plus grand nombre d’unités. On n’y compte pas moins de quatre Chefs de corps (1 Wing, Centre de Compétence Air, Wing Météo, Control and Reporting Centre).

Le Centre de Compétence est le principal centre de formation de la Composante Air de la Défense et a accueilli successivement l’Ecole de Pilotage Elémentaire (EPE) à la fermeture de la base de Gossoncourt, et l’Ecole de Pilotage Avancé (EPA) après son déménagement de Brustem.

Le Wing Météo a déménagé de Wezembeek à Beauvechain en 1996.

L’Alphajet AT-12 aux couleurs spéciales « 75 ans » de l’escadrille créée en 1918, lors du meeting de Beauvechain en juin 1993. La chauve-souris en est devenue son emblème lors de sa réactivation sur Mosquito en 1951. Ses traditions ont été officiellement reprises par le CRC, maintenant lui aussi basé à Beauvechain. (Archives Guy Viselé)

Depuis octobre 2020, le Control and Reporting Centre (CRC) de Glons est installé dans ses nouveaux bâtiments sur la base. Cette unité avait hérité du nom et des traditions de la 11ème escadrille en octobre 2018, à la fin des activités de l’Advanced Jet Training School de Cazeaux.

Le Golden Falcon

Composé au départ essentiellement d’anciens du 1er Wing de Chasse, l’asbl Golden Falcon s’est ouverte depuis à tous les anciens des unités qui se sont progressivement installées à Beauvechain. Dont bien sûr aussi ceux de la Light Aviation, intégrée à la Composante Air après leur retour d’Allemagne, et ensuite la fermeture de la base de Liège-Bierset.

Le 1 Wing Historical Centre (1 WHC) est l’élément le plus connu du grand public et la vitrine de l’asbl Golden Falcon (TGF), qui compte près de 500 membres. Dès le début, les volontaires bénévoles ont rassemblé une collection d’avions qui ont été opérés au sein du 1er Wing, de moteurs ainsi que du matériel de servitude et des véhicules nécessaires au support des activités aériennes. D’une trentaine au départ, le nombre de de volontaires actifs qui viennent travailler au 1WHC) a grandi et compte actuellement plus de soixante personnes. Ils aménagent les salles d’exposition historiques et techniques, et fonctionnent également comme guides pour les visites de groupes. Un atelier remet en état de présentation les moteurs et les matériels divers.

Organisation

Après plusieurs générations de gestionnaires, le Golden Falcon s’est doté d’un nouveau président en janvier 2019, le Général de brigade aviateur e.r. Guy Van Eeckhoudt, qui succède au Lcl Baron Forgeur décédé. Issu de la promotion 70C, Guy Van Eeckhoudt a fait une longue carrière à la Force Aérienne Belge. Il a été notamment pilote de F-104G à la 350, moniteur T-33 et Alphajet à la 11ème Esc, OSN et Chef de corps a.i. à l’Ecole de Pilotage Elémentaire, Chef de corps 15ème Wing, Chef d’état-major TAF, suivi de différentes hautes fonctions dans des organismes d’état-major interalliés. Les souvenirs de cette belle carrière sont relatés dans le livre « Journal d’un pilote belge de la guerre froide aux interventions humanitaires en Afrique » (www.hangarflying.eu/2016/11/journal-dun-pilote-belge-de-la-guerre-froide-aux-interventions-humanitaires-en-afrique/ ).

Le président du 1 WHC, le Général de brigade Guy Van Eeckhoudt, devant la superbe réplique du Spitfire Mk.9. (Photo Guy Viselé)

Pensionné en 2001 il se consacre à l’Afrique pendant près de quinze années. Revenu au pays il habite la commune de Beauvechain et est désormais plus disponible. Son passé familial et sa carrière à la Force Aérienne comportent de nombreux liens le rattachant à la Base. Son père fut Chef de corps du 1er Wing à l’époque des Meteor VIII, Hunter F.4 et CF-100, et lui-même a été pilote sur F-104G Starfighter à la 350. Son beau-père fut Secrétaire du Wing, et son fils y a suivi sa formation de pilote. Il a donc accepté au décès de son prédécesseur de se consacrer au riche patrimoine aéronautique que constitue le musée du 1 WHC.

Son arrivée au Golden Falcon a indubitablement redonné un nouveau souffle à l’association. Il est assisté par un conseil d’administration de onze membres et entouré d’une équipe renouvelée. La réorganisation a aligné les différents organes nécessaires au fonctionnement de sa vitrine, le musée, dont un comité des fêtes, le

centre de documentation (dirigé par le Cdt Avi e.r. Jean-Pierre « Pitou » Aerts, assisté de Francis van Cutsem), le comité de soutien (dirigé par Serge Sorbi, responsable des collections et Eric Verschueren, chargé des visites, expositions et bureau de vente).

Le « Golden Falcon » édite depuis sa création il y a déjà 26 ans une revue trimestrielle sous la direction du rédacteur-en-chef Jules-Jean Dewulf et qui en est déjà à sa 90è édition.

La nouvelle direction fait désormais appel aux moyens de communication plus modernes et a récemment modernisé sa page Facebook (www.facebook.com/groups/1749705268581280/) sous l’impulsion de Marcel Peeren et Serge Bonfond. La page officielle du musée est ainsi passée de 450 membres en 2019 à plus de 2.500 sympathisants aujourd’hui.

Au niveau financier, l’asbl Golden Falcon vit principalement du revenu des cotisations de ses membres (cotisation annuelle de 15 euros et près de 500 personnes), et aussi des revenus des visites (5 euros par personne), les entrées payantes ayant été introduites dès l’ouverture au public à la mi-février 2021. Elle bénéficie également d’un support de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du soutien du 1er Wing.

Le site

L’ensemble des bâtiments constituait, avant mai 1940, la grande ferme Dewaersegger. A l’exception de l’ancienne grange, devenue le Bloc 23, elle a été détruite en 1944. De 1946 à 1996, les bâtiments ont été occupés par la Section Equipement du 1er Wing. Remis en état par un groupe de volontaires bénévoles dès le début de la création du Golden Falcon, le B23 est depuis le bâtiment principal du musée du 1 WHC.

Le bâtiment B23, ancienne ferme Dewaersegger, présente l’historique du 1 er Wing. (Photo Guy Viselé)

Différentes salles présentent aux visiteurs de nombreux thèmes et sujets de l’histoire de l’aérodrome avec notamment: les insignes des escadrille de la Base depuis 1946, ainsi que ceux de la guerre 1940-1945, allemands, canadiens et américains; une grande maquette (échelle 1/1.000) du site en 1996; évocation des escadrilles belges de chasse de jour et de chasse de nuit, avec notamment reconstitution de la salle opérationnelle (dispersal) de la 350ème Escadrille en 1953;une salle consacrée au Wing Météorologique; à l’étage, une grande salle a été aménagée en espace d’expositions et salle de conférence.

Le « dispersal et le « tote board » de la 350 en 1953. (Photo Guy Viselé)

Parmi les nombreuses pièces exposées, citons notamment une partie de la verrière du Junkers Ju 88 allemand abattu le 26 février 1944 par GeorgesJaspis, pilote belge de la RAF; un tableau de bord de Spitfîre IX; le siège éjectable du F-104G du Capitaine Bernard Neefs qui lui a permis de quitter son F-104G en détresse en 1963; une vitrine consacrée au fameux duo acrobatique de Starfighters, lesSlivers; la combinaison de vol-scaphandre des pilotes de F-104G leur permettant des vols stratosphériques.

Le scaphandre-combinaison de vol utilisé par les pilotes de F-104G pour les vols stratosphériques. (Photo Guy Viselé)

Les autres bâtiments abritent un atelier de restauration, des expositions illustrées de dioramas thématiques, le centre de documentation et la section Light Aviation.

Le bâtiment B24 est consacré aux moteurs ayant équipés les avions du 1 er Wing. La collection comprend des exemplaires de Rolls-Royce Merlin (Spitfire IX et XVI et Mosquito) et Griffon (Spitfire XIV), Derwent (Meteor), Avon (Hunter), Orenda (CF-100), Allison J-33 (T-33), Wright J-65 (RF-84F Thunderflash), General Electric J-79 (F-104G), Pratt & Whitney F-100 (F-16A), Turbomeca Marboré (Fouga Magister). Une salle accueille dans ses vitrines toute la collection d’instruments dite ‘Somers’.

Le moteur General Electric J-79 du Lockheed F-104G Starfighter. (Photo Guy Viselé)

La collection d’avions

La plupart des avions ayant volé à Beauvechain sont exposés en extérieur dans la cour et les espaces-jardins entourant les divers bâtiments.

On y découvre un General Dynamics F-16A (FA-18) (1979 à 1996), trois Lockheed F-104G Starfighter (FX-04; FX-39; FX-47) (1963 à 1981), un Republic RF-84F Thunderflash (FR-32) de la 42 Esc de Reconnaissance, un Gloster Meteor 8 (EG-257) (1951 à 1957), un Hunter F.4 crashé, un SIAI-Marchetti SF-260M (ST-11), un Fouga CM-170 Magister (MT-48), un Lockheed T-33A (FT-24), un Dassault Mirage 5BR (BR-10) de la 42è Escadrille, un Alphajet (AT-32). Un missile sol-air MIM-14 Nike Hercules et un Mig 21bis (874) de la République Démocratique Allemande (RDA) (Allemagne de l’Est avant la réunification) évoquent la période de la guerre froide avec le bloc soviétique.

Représentatif de l’adversaire potentiel pendant la guerre froide, ce superbe Mig-21bis, codé 874 rouge aux couleurs de l’ex Luftwaffe de la RDA (Allemagne de l’Est) est exposé entre les chasseurs du 1 er Wing. (Photo Guy Viselé)

Le site fait l’objet depuis plusieurs mois d’un nettoyage et d’un rafraichissement bien nécessaire pour des avions exposés en extérieur. Un plan visant à rafraichir la livrée des avions prévoit de les repeindre progressivement et de les recouvrir d’un film de protection (« coating »).

Le Republic RF-84F Thunderflash FR-32 de la 42 ème escadrille, qui a été basée au 1 er Wing de 1960 à 1963. Comme tous les avions exposés en extérieur, il est prévu d’en rafraichir la peinture et de le protéger d’une couche de « coating ». (Photo Guy Viselé)

L’atelier de restauration prépare actuellement le F-104G FX-15 au montage sur socle en vue de le disposer à l’entrée du musée en tant que eye catcher contribuant à l’augmentation du nombre des visiteurs.

Ces derniers mois, la collection a été complétée en rajoutant un quatrième Lockheed F-104G Starfighter (FX-39) présenté en configuration de réarmement, un deuxième Fouga CM-170 Magister (MT-35) et un Alphajet (AT-32). Trois avions liés à l’histoire de la base.

Le F-104G FX-39 camouflé de la 349, porte le nom de son pilote, le Cdt Guy Rasse. Il a participé au l er Tactical Leadership Programme à Jever en septembre 1979. Transféré à Saffraenberg, il sert à la formation du personnel technique et effectue couramment des « engine runs ». Après stockage à Kleine-Brogel, il est récupéré par le 1 WHC en 2016. (Photo Guy Viselé)
Le retrait de service des Alphajets a permis l’arrivée récente de l’AT-32 au 1 WHC. (Photo Guy Viselé)
La Light Aviation, intégrée dans la Composante Air, expose notamment le Britten-Norman BN-2A Islander B-11 OT-ALK. (Photo Guy Viselé)

Le 1 Wing Historical Centre (1 WHC) travaille également en étroite collaboration avec les anciens de la Light Avi, devenue Wing Heli, et à qui l’asbl a cédé des locaux pour présenter leurs collections. Outre le Britten-Norman BN-2 Islander (B-11) exposé en extérieur, une Alouette II (A-46) et une section d’Agusta A109BA seront prochainement visibles dans le bloc 25. Ils viennent de rentrer en collection une Alouette III, la M-2 de la Force Navale belge, en préparation pour être exposée au grand public.

Le 1 WHC est le seul musée aéronautique belge à avoir rassemblé une collection d’engins de servitude, indispensables au bon fonctionnement d’une base opérationnelle. Une soixantaine de véhicules sont conservés, dont ce camion Kronenburg Faun fire fighting crash tender et ce fuel truck Ford Acomal de 1976. (Photo Guy Viselé)

Une particularité: le 1WHC est le seul musée en Belgique à développer une collection de véhicules propres aux aérodromes. Il en possède déjà une bonne soixantaine, dont un certain nombre attend une restauration: remorque Queen 1950 pour enlevage et transport d’avions, chasse-neige Sicard des années 70, et plusieurs véhicules roulants, tels Jeep Land Rover et camion Unimog.

L’aventure Spitfire

Malgré la richesse de la collection préexistante, qui comprenait les principaux avions qui ont fait l’histoire de la base, il manquait le plus emblématique, le Spitfire.

L’engouement de collectionneurs privés, et la relative rareté de l’offre possible de « vrais » Spitfire en ordre de vol faisait que l’acquisition d’un tel joyau était hors de portée financière pour l’association, avec des valeurs de l’ordre de 2.700.000 euros.

Guy Van Eeckhoudt avait fait la connaissance de Jan Van Den Briel, Lt-Col (R) et ancien pilote de la 349, puis pilote à la Sabena, et fondateur (avec le Général Marcel Desmet) du Spitfire Club il y a 40 ans. Lors d’une réunion d’anciens pilotes en 2019, ils ont tous deux l’idée folle de lancer un appel aux dons sous forme de « crowd funding » pour s’offrir une réplique de Spitfire, nécessitant quand même une mise de fonds de près de 60.000 euros, certes plus abordable que l’achat d’un « vrai », mais un sacré défi.

Jan Van Den Briel et Guy Van Eeckhoudt démarrent le projet ambitieux, entourés d’amis prêts à supporter l’initiative pour qu’un jour le musée de Beauvechain puisse avoir « son » Spitfire. Le carnet d’adresse du Général Van Eeckhoudt est bien rempli et le soutien des membres et sympathisants du musée fait que l’addition de dons substantiels de plusieurs donataires individuels et de la multitude de donations plus modestes permet au bout de quatre mois de passer commande auprès du spécialiste anglais GB Replicas (Catfield, UK), spécialisé dans la fabrication de répliques d’avions en grandeur réelle de très haute qualité.

Le côté droit de la réplique du Spitfire Mk.9 porte le serial MJ748. Il évoque le souvenir du Flying Officer belge Marcel Sans de la 349 Sq, abattu et tué par la Flak allemande sur le « vrai » MJ748 le 7 juin 1944 (lendemain du débarquement en Normandie) dans la région de Caen. (Photo Robert Verhegghen)

Le Spitfire Mk.9 est livré en décembre 2020, soit juste avant le Brexit et le renforcement des mesures pour lutter contre le Covid. Décoré d’un côté avec le serial MJ748 et le code GE-A de la 349, et de l’autre côté avec le serial MH432 et le code MN-A de la 350, le Spitfire est maintenant préparé pour son installation en vedette de la collection du 1 WHC. Le code ‘A’a été utilisé de chaque côté pour refléter l’avion des CO.

Le serial choisi pour le côté droit de la réplique l’a été en hommage à un pilote belge de la 349. Marcel Sans, Flying Officer au 349 Sq, a été abattu et tué par la Flak allemande sur le « vrai » MJ748 le 7 juin 1944 (lendemain du débarquement en Normandie) dans la région de Caen.

Les noms des initiateurs et donataires de la souscription avec la silhouette d’un Spitfire ont été peints sur une dérive de F-16A, installée aux côtés de la réplique, et dont l’inauguration officielle s’est déroulée le 20 juillet. (Photo Robert Verhegghen)

Les noms des initiateurs et donataires de la souscription avec la silhouette d’un Spitfire ont été peints sur une dérive de F-16A, installée aux côtés de la réplique, et dont l’inauguration officielle s’est déroulée le 20 juillet.

Réorganisation et nouveautés des collections

Outre l’arrivée du Spitfire, la nouvelle équipe du Golden Falcon a insufflé un nouveau souffle au 1 Wing Historical Centre, et a réorganisé l’exposition des avions de manière thématique (la Chasse et les Avions d’Entraînement).

Depuis peu abrité dans la hangarette construite par les volontaires bénévoles du 1 WHC, le Hunter F.58 J-4077 de la F. Aé. suisse, est très proche de la version Hunter F.6 (Photo Guy Viselé)

L’arrivée en décembre 2019 d’un Hawker Hunter F.58 (J-4077) ex Force Aérienne Suisse, (prêté par le Musée Royal de l’Armée/War Heritage Institute), très proche des F.6 utilisés en grand nombre par notre Force Aérienne, complète utilement la collection. Il est abrité depuis mars 2021 dans une hangarette construite par une équipe de bénévoles. On annonce l’arrivée prochaine d’un Sikorsky S-58 qui prendra place sous le second « shelter » maintenant totalement achevé.

Le 1er Wing n’ayant utilisé que des Hunter F.4, les bénévoles travaillent à la reconstitution dans un diorama extérieur d’un crash landing du Hunter F.4 ID-33 en rassemblant des éléments de deux avions. Ils montreront notamment l’intervention d’engins spécialisés d’époque (grue ‘Letourneau’ et tracteur ‘Hanomag’) pour le dégager.

Les Cadets de l’Air

Un bâtiment (Bloc 21) est consacré principalement aux unités de formation. Un Stampe SV-4b d’écolage et les fresques historiques provenant de Gossoncourt (déménagées vers Beauvechain dans les années 90) complètent une présentation de l’Ecole de Pilotage Elémentaire (EPE).

Le Stampe SV-4B V-64 du duo acrobatique ‘Les Manchots’ était la monture du Cdt Avi Paul Christiaens lors de leurs trois saisons de meetings aériens (1966 à 1968). Les SV-4B ont servi à la formation de base des nouveaux pilotes et aussi au remorquage des planeurs des Cadets. (Photo Guy Viselé)

Un nouveau stand dédié aux Cadets de l’Air a été créé. Il rappelle que le premier mouvement de vol à voile au sein de la Force Aérienne est né à Beauvechain en 1952, ce qui a donné naissance à l’asbl Cadets de l’Air en 1958, avec une section au 1er Wing. Les actuels avions remorqueurs Piper L-21B Super Cub, ainsi que les planeurs, sont d’ailleurs entretenus à Beauvechain par le « Fixed Wing » du 1 er Wing. Les Cadets de l’Air ont permis d’attirer de nombreux jeunes à une carrière de pilote militaire, et dont la formation au vol à voile était un facteur de pourcentage de réussite des tests de sélection plus important que celui des « non Cadets ». 35% de pilotes F. Aé. sont passés par les Cadets, démontrant l’importance des sports de l’air comme prélude à une carrière aéronautique.

Deux planeurs des Cadets se sont récemment ajoutés à la collection. Le Schleicher Ka-4 OO-ZUH Rhönlerche II (431/58) sera prochainement repeint aux couleurs des Cadets, qui en ont utilisé pas moins de sept exemplaires (PL-1 à PL-7) entre 1960 et 1979. Un des tous premiers planeurs des Cadets, la poutre volante KSF SG 38 Schulgleiter PL-21 date de 1955. Il est actuellement suspendu du plafond au-dessus du F-104G FX-39, comme pour le provoquer: Mach 2.2 contre 45 knots!

Les perspectives d’avenir

La reconnaissance récente par le War Heritage Institute (WHI) du 1 Wing Historical Centre (1 WHC) comme site aéronautique muséal est une nouvelle positive.

Rappelons que tous les avions exposés tant à Beauvechain que sur les différentes bases de la Force Aérienne, ainsi que ceux du Musée Royal de l’Armée/War Heritage Institute sont la propriété du WHI. Ce dernier les prête aux diverses associations et institutions en charge de les exposer au public. Certaines de celles-ci n’ont plus de possibilité d’extension des surfaces d’exposition, d’autres, situées sur le domaine militaire, n’ont pas d’accès direct au public. De nombreux avions historiques sont conservés depuis des années par le WHI au dépôt de Landen, sans possibilité de les exposer au public.

Le Fouga Magister MT-48 aux couleurs des « Diables Rouges » affiche fièrement les impressionnantes 249.000 heures de vol en service à la F. Aé de 1960 à 2006 et aligne les badges des différentes unités qui l’ont utilisé (Adv Flying School, C Perf, Squadrons 7, 9 et 33). (Photo Guy Viselé)

L’arrivée récente à Beauvechain du Lockheed C-130H Hercules CH-13 (cfr articles de Robert Verhegghen, www.hangarflying.eu/2021/05/le-c-130h-hercules-ch-13-sera-preserve-a-la-base-de-beauvechain/ et www.hangarflying.eu/2021/07/le-hercules-ch-13-est-accessible-au-public-a-beauvechain/) est un signal fort qui traduit l’intention des autorités politiques d’enfin donner des moyens pour la conservation du patrimoine de l’aviation militaire belge. Le WHI va acquérir le bâtiment B26 pour aider au plan d’aménagement qui prévoit le déplacement des avions stockés et non accessibles du dépôt de Landen, qui doit être évacué et remis à la Défense.

Le 1 WHC mentionne souvent les noms de pilotes sur les avions exposés. Le Gloster Meteor F.8, résultat de l’assemblage d’éléments de deux cellules différentes, a été récemment rebaptisé EG-257, code SV-J, en hommage au Capt. Avi. Y. Bodart, Commandant de la 4e Escadrille en 1956. (Photo Guy Viselé)

Maintenant reconnu comme un partenaire de choix par le War Heritage Institute, le 1 WHC peut se permettre d’accepter ce challenge. Disposant d’une grande surface de terrain, facile d’accès pour le public, le WHI peut compter sur l’engagement et le dynamisme de ses nombreux bénévoles. Leur nombre va croissant et, phénomène remarquable, on constate l’arrivée de nouveaux jeunes volontaires, ce qui est plus qu’encourageant pour l’avenir.

Différents projets visant notamment à compléter les collections sont en discussion. L’arrivée de nouveaux avions est donc espérée prochainement.

Le président Van Eeckhoudt précise sa priorité: grâce à l’engagement et au soutien de ses équipes assurer dans de bonnes conditions la conservation du patrimoine aéronautique militaire belge.

Renseignements utiles

Bien que faisant partie du site du 1er Wing, le 1WHC est néanmoins accessible directement par le public les jours de visites via une entrée spécifique sans passer par le corps de garde. C’est actuellement le seul musée aéronautique belge sur une base militaire à avoir un accès direct.

Le musée est systématiquement ouvert au public les 2 èmes et 4èmes dimanches du mois, de 13h30 à 18h00, le 1er dimanche moyennant réservation et disponibilité des guides, ou sur rendez-vous préalable. La cafétéria est désormais accessible au public.

En fonction des mesures sanitaires en vigueur aux dates de visites souhaitées, tous les visiteurs sont tenus de s’inscrire soit par mail: visite@1winghistoricalcentre.be ou par téléphone au +32 (0) 474 19 92 76. Ils sont également tenus de laisser une adresse de contact pour le traçage. Le port du masque est obligatoire à l’intérieur et recommandé en extérieur pour la visite du parc.

Le tarif est de 5 euros par personne (moins de 12 ans gratuit), plus 2 euros par personne pour la visite du C-130.

Site: https://1winghistoricalcentre.be/
Facebook: https://www.facebook.com/groups/1749705268581280/

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Guy Viselé

Pilote privé et Lieutenant-Colonel de Réserve de la Force Aérienne Belge, mais avant tout passionné d'aviation, il débute sa carrière chez Publi Air. Il passe ensuite vingt ans chez Abelag Aviation où il termine comme Executive Vice-President. Après dix ans comme porte-parole de Belgocontrol, il devient consultant pour l’EBAA (European Business Aviation Association). Journaliste free-lance depuis toujours, il a collaboré à la plupart des revues d'aviation belges, et a rejoint Hangar Flying en 2010.

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