Temploux-Suarlée, the new ‘place to go’

Le ‘roof top’ donne une vue imprenable sur la piste. (Photo Bob Verhegghen)

Aérodrome de Temploux-Suarlée, le 17 juin 2021. Au terme de près de quatre années de travaux, dont la construction d’une piste en dur et d’un hall d’assemblage pour la Sonaca Aircraft, l’aérodrome de Namur voit la fin de la rénovation du bâtiment principal. C’est donc avec fierté que de nouvelles installations disposant de toutes les facilités modernes pour attirer les sociétés du secteur, ont été inaugurées par l’équipe d’Olivier de Spoelberch et de Benjamin de Broqueville en présence de plusieurs ministres wallons, des autorités locales et amis de l’aérodrome. La plateforme se prépare à de beaux lendemains en misant sur l’évènementiel, la recherche de pointe dans l’aéronautique et entend devenir un pôle de développement économique dans la région namuroise.

Le bâtiment principal a été entièrement rénové et agrandi. (Photo Bob Verhegghen)

Une évolution constante depuis 1947

C’est le 21 juin 1947 que le terrain de Temploux, qui est en fait situé à 50% sur Suarlée, est inauguré par l’ Aéro-Club de la Meuse (ACM) en présence du ministre des communications de l’époque Achille Van Acker. Pendant les 15 premières années, on y pratique principalement le vol à voile, avec l’installation au milieu de 1948, du Centre Ecole National de Vol à Voile, prédécesseur de l’ actuel Centre National de Vol à Voile aujourd’hui installé à Saint-Hubert ( www.hangarflying.eu/fr/2017/11/1947-1962-quinze-annees-de-vol-a-voile-a-temploux/).

Les installations en 1948 étaient sommaires. (Collection Bob Verhegghen)
L’arrivée du Centre Ecole de Vol à Voile à la fin des années quarante entraine la construction des premiers bâtiments et hangars. (Via Johan Kiekens)
Vue des bâtiments et hangars en 1961. La végétation a poussé . Le club-house sera détruit lors d’un incendie en 1970. (Photo François Leduc)

Le développement de l’aviation légère après-guerre profite pleinement au terrain namurois qui devient dans les années soixante un des principaux terrains d’aviation de loisir de Belgique. La croissance de l’activité est telle que l’ACM n’est plus en mesure d‘assumer la lourde tâche de gestion de la plaine qui est reprise le 18 avril 1970 par l’asbl Aérodrome de Namur qui regroupe la Province de Namur, le Bureau Economique, la Fédération Provinciale du Tourisme et l’ACM. Comme le disait à l’époque un député local (dont le nom est tombé dans l’oubli), grand défenseur de l’aérodrome: “ces organismes liaient leurs destinées pour un développement triple de cet outil, équipement indispensable en tant qu’infrastructure d’utilité publique, centre opérationnel d’une économie moderne et secteur d’activités diversifiées”. Jusqu’en 1980, de solides investissements furent consentis, souvent contre l’avis des utilisateurs qui regrettaient l’importance de ces réalisations dont utilité et la rentabilité paraissaient des plus douteuses. Cette gestion démagogique des deniers publics sera désastreuse sur le plan financier. Dès 1976, la gestion de l’aérodrome qui avait toujours été saine, se dégrade fortement et les finances plongent dans le rouge.

Le bâtiment principal datant du milieu de années septante affiche sa vétusté en juillet 2019. On y voit les restes de l’ancienne tour de contrôle. (Photo Bob Verhegghen)
Temploux en 2017 avant le début des travaux. (Photo Bob Verhegghen)
Temploux en octobre 2018 avant l’érection du hall ‘Sonaca’. (Photo Bob Verhegghen)

De cette période date le bâtiment principal aujourd’hui rénové et le grand hangar 4 qui abrite encore les planeurs de CAP Vol à Voile (issu de la fusion de l’ Aéro-Club Royal de la Meuse et du Royal Club National d’Aviation en 1999) dont la hauteur surprend encore plus d’un visiteur. Au terme de fortes turbulences entre partisans de l’aérodrome et ses détracteurs, le terrain est vendu par la Province de Namur (qui s ‘est substituée à Asbl Aérodrome de Namur en 1981) à Georges Bertrand de Publi-Air en janvier 1984. Il s’en est fallu de peu que le terrain ne se transforme en hippodrome et il reprend son souffle comme centre d ‘aviation. Au décès de Georges Bertrand en 2002, son épouse Martine assurera la gestion jusqu’en 2017 quand le terrain, dont les infrastructures ont fort vieilli, est repris par Olivier de Spoelberch, Benjamin de Broqueville et Vanina Ickx (qui s’est retirée depuis). Nous vous renvoyons à l’excellent article de Guy Viselé paru sur Hangar Flying en octobre 2017 pour plus de détails (www.hangarflying.eu/fr/2017/10/aerodrome-de-namur-avenir-assure/).

D’un terrain d’aéro-club à un pôle économique

Ainsi en 70 années, l’aérodrome a survécu passant du statut d’aérodrome d’ aéro-club à un véritable pôle de développement économique.

De 2017 à 2021 ce ne sont pas moins de 12 millions d’euros qui ont été investis dans la ‘renaissance’ de Temploux: construction d’une piste en dur (www.hangarflying.eu/fr/2018/07/temploux-sendurcit/), nouvelles aires de ravitaillement, construction du hall de montage de 2.300m² pour accueillir la Sonaca Aircraft (www.hangarflying.eu/fr/2019/10/un-nouveau-hall-dassemblage-pour-le-sonaca-200/), désamiantage et rénovations des toitures des hangars, nouveaux parkings pour terminer en cette année 2021 par la finalisation de la restauration en profondeur de l’ancien bâtiment datant du milieu des années septante et devenu de plus en plus vétuste.

Comme le souligne Benjamin de Broqueville, CEO de la S.A. Aérodrome de Namur, le but n’est pas seulement de relancer l’activité aérienne mais de développer un véritable pôle économique centré sur l’aéronautique comme le démontre Guy Viselé dans son article de janvier 2019 sur Hangar Flying ( www.hangarflying.eu/fr/2019/01/de-namur-a-la-stratosphere-laerodrome-se-developpe/). Outre Sonaca, diverses sociétés du secteur de l’aviation ont choisi Temploux pour s’implanter, créant ou amenant 130 emplois sur le site, un chiffre qui devrait encore augmenter dans le futur l’objectif étant 200 à l’horizon 2023.

Les travaux de rénovation et agrandissement du bâtiment principal vont bon train en 2020. (Photo Bob Verhegghen)
Le chantier en février 2021 . A gauche le chalet-restaurant L’Envol qui ne laissera aux utilisateurs que de très bons souvenirs. (Photo Bob Verhegghen)
Une autre vue du chantier en février 2021. (Photo Bob Verhegghen)

La rénovation du bâtiment principal

La rénovation et l’agrandissement du bâtiment principal, troisième phase de rénovation des infrastructures de l’aérodrome, a vu son aboutissement en juin de cette année après quelques ralentissements de chantier dus à la crise Covid et quelques points techniques à solutionner afin de rendre le bâtiment tout à fait opérationnel. Complètement assaini, il dispose de salles de réunion de 8 à 300 personnes bien équipées en connectique (fibres optiques, wifi etc. ) de même qu’une brasserie et des capacités d’organisation d’évènements importants. Tout est fait pour attirer des entreprise à s’implanter ou à y venir pour des séminaires ou ‘team building’ dans un cadre agréable et moderne.

Serge Lox, un des nouveaux commandants d’aérodrome, se réjouit de son nouvel environnement de travail. (Photo Bob Verhegghen)
Le ‘roof top’ donne une vue imprenable sur la piste. (Photo Bob Verhegghen)
Vue autre du ‘roof top’ montrant une des nouvelles aires de ravitaillement. (Photo Bob Verhegghen)

Un magnifique ‘roof top’ donne une vue imprenable sur les pistes et une nouvelle tour de contrôle donne enfin aux commandants de l’aérodrome un environnement de travail adapté. Les anciens se souviendront de la ridicule tour de l’ancien bâtiment aussi étriquée qu’inutilisable. L’essentiel du travail a été réalisé par des entreprises wallonnes et sur fonds privés, aucun appel n’ayant été fait au secteur public. Fréquentant Temploux depuis 1977, à une époque ou le bâtiment souffrait déjà d’un manque d’attention, je suis impressionné par la qualité de la rénovation et transformation. Le moins que l’on puisse dire est que tout cela a été bien pensé et il faut souligner qu’Olivier de Spoelberch y a apporté une touche toute personnelle en y concevant et réalisant des décors appropriés.

Le hall d’entrée du bâtiment rénové. (Photo Bob Verhegghen)
Des salles de réunion, bien équipées, sont à disposition. (Photo Bob Verhegghen)
Vue de la salle ’jumbo’ de très grande capacité avec une belle vue sur les pistes. (Photo Bob Verhegghen)

Un pari gagné et un beau futur en perspective

Lors de la reprise en 2017 Olivier de Spoelberch déclarait qu’il entendait préserver et entretenir une ambiance détendue et amicale entre tous les passionnés des différentes disciplines aéronautiques actives sur le site ainsi qu’une bonne cohabitation avec les riverains, dont malheureusement certains semblent oublier que la plaine existait déjà depuis longtemps avant qu’ils ne s’installent dans les environs.

La décoration des lieux est soignée. (Photo Bob Verhegghen)
Un peu d’humour. (Photo Bob Verhegghen)
L’essentiel de la décoration intérieure est dû à la créativité d’Olivier de Spoelberch. (Photo Bob Verhegghen)

Le pari semble gagné. Les activités d’aviation privée, de vol à voile, de parachutisme, de drones, d’assemblage et d’essais des Sonaca 200/201 s’intègrent harmonieusement. Les visiteurs extérieurs, notamment étrangers sont de plus en plus nombreux tout comme certains avions ou hélicoptères venant se ravitailler en carburant approprié aujourd’hui disponible et permettant d’ éviter les aléas d’un grand aérodrome comme Charleroi (EBCI) tout proche. La direction est à l’écoute des riverains régulièrement pour examiner et solutionner tout problème .

Un restaurant-brasserie spacieux et confortable avec véranda et terrasse n’attend plus que les visiteurs. (Photo Bob Verhegghen)

Si vous êtes pilote, si vous avez envie d ‘apprendre voler en avion, en hélico ou en planeur, sauter en parachute, si vous êtes spotter, si vous êtes une société du secteur aéronautique cherchant une implantation conviviale et accessible,

si vous voulez organiser un évènement original ou si, tout simplement, vous aimez vous promener, vous restaurer ou avez de enfants à qui vous voulez donner des rêves, Temploux est ‘ the place to go’.

Texte et photos: Bob Verhegghen

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Bob Verhegghen

Bob Verhegghen

Né au Congo en janvier 1952. Passionné d’avions militaires et de maquettes dès mon plus jeune âge. Auteur de nombreux articles historiques et ou de maquettisme sur la force Aérienne dans diverses revues et dans la revue KIT de l’IPMS Belgium. J’ai un intérêt particulier pour les planeurs anciens, la Force Aérienne d’après-guerre et les T-6, (R) F-84F, et Mirage. J’ai le soucis de l’exactitude et du détail pour mes maquettes. Pilote de planeur depuis 1977, instructeur avec près de 900 heures de vol je suis l’heureux copropriétaire de l’ASK-13 ex PL-66 des Cadets de l’Air (aujourd’hui D-3438) basé à Temploux.

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