Edmond Thieffry, né à Etterbeek le 28 septembre 1892, étudia le droit et obtint son diplôme quelques semaines avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Engagé volontaire dans l'armée belge, il servit d'abord comme coursier à moto. Capturé à Herstal au début de la guerre, il réussit à s'évader et à rejoindre l'armée belge à Anvers via les Pays-Bas. En 1915, il demanda et obtint son transfert au Service de l'Aviation Militaire. Il apprit à piloter à l'école d'aviation belge d'Étampes et obtint son brevet civil le 21 août 1915, puis son brevet militaire un mois plus tard.
Il effectua sa première mission opérationnelle le 8 février 1916 avec la 3e escadrille, équipée d'avions BE.2c de la Royal Aircraft Factory. En septembre, il retourna à l'école de pilotage pour poursuivre sa formation de pilote de chasse et, en décembre, rejoignit la 5e escadrille. Il pilota des Nieuport 11 et 17, puis des SPAD VII. Le 24 janvier 1917, il survola seul Bruxelles, réalisa quelques acrobaties et lança lettres et drapeaux depuis son appareil. En 13 mois comme pilote de chasse, Thieffry remporta dix victoires confirmées et cinq victoires non confirmées. Le 23 février 1918, son avion fut abattu et fait prisonnier de guerre. Durant sa captivité, il tenta plusieurs évasions, sans succès.
Après la guerre, il reprit sa carrière d'avocat, mais l'aviation conserva également une place importante. En 1924, le premier avion de transport de passagers Handley-Page W.8 entra en service chez Sabena. Il convainquit Sabena et les autorités belges de l'autoriser à piloter un appareil de ce type à destination du Congo belge au lieu de l'envoyer en Afrique par bateau. Le 12 février 1925, il quitta Bruxelles avec le pilote Léopold Roger et le technicien Jef De Bruycker. Après 51 jours, 75 heures et 25 minutes de vol, ils atteignirent Léopoldville le 3 avril. De retour chez lui, il reçut un accueil chaleureux et fut salué en héros.
Thieffry avait désormais pris goût aux vols vers l'Afrique. Le 9 mars 1928, il quitta Bruxelles à bord du prototype modifié de l'ACAZ C.2 O-BAFX, accompagné de Joseph Lang et Philippe Quersin. Cependant, l'aventure prit fin prématurément par un atterrissage forcé à Gochenée, toujours en Belgique, mais non loin de la frontière française à Givet. L'appareil fut gravement endommagé et ne serait jamais réparé.
Trois mois plus tard, il repartit, cette fois à bord d'un RSV 22/180 O-BAJE prêté aux soldats, avec Philippe Quersin. Après son départ le 26 juin 1928, ce vol s'acheva à Vauvert, entre Nîmes et Montpellier, en France.
Thieffry dut se dire : « La troisième fois est la bonne. » Il obtint le soutien du prince E. de Ligne, qui venait d'acheter trois Avimeta 92 en France. L'un de ces trois appareils avait été construit par Michel Détroyat pour un vol Paris-New York. Ce projet fut abandonné car le rayon d'action de l'appareil se révéla insuffisant, mais c'était, bien sûr, l'appareil idéal pour se rendre au Congo. Le 5 février 1929, Thieffry, accompagné du pilote Gaston Julien et du technicien Eugène Gastuche, quitta Deurne pour le Congo. Le vol prit fin peu après le décollage par un atterrissage d'urgence près du Fort III, où l'appareil fut gravement endommagé.
Thieffry partit ensuite pour le Congo, où l'un des deux Avimeta restants était arrivé par bateau. L'avion fut assemblé et testé. Le 11 avril 1929, lors du deuxième vol d'essai de l'OO-AJZ, ils rencontrèrent une tempête et s'écrasèrent. Thieffry et Julien furent tués ; seul le mécanicien Eugène Gastuche survécut au crash.
En 1925, au sommet de sa gloire après le succès du premier vol au-dessus du Congo, une nouvelle rue d'Etterbeek fut baptisée Rue Aviateur Thieffry.

