Monument des frères Mahieu

Auguste et Michel Mahieu étaient les enfants uniques d'Auguste Mahieu (1834-1900) et de Marie-Louise Ferry (1866-1938). Ces riches industriels du nord de la France possédaient un domaine s'étendant sur les communes de Voormezele et de Hollebeke. En 1901, la décision fut prise de démolir le château existant et, à son emplacement, un imposant château en pierre naturelle blanche française fut construit, inauguré en 1905.

Michel était capitaine commandant des escadrilles V114 « Les Chouettes ». Le 2 mai 1918, il fut porté disparu. Il volait à bord de son Voisin (5597) avec le lieutenant observateur Rivalleau.
Pendant la Première Guerre mondiale, de violents combats eurent lieu aux alentours du château. L'imposant château fut détruit par la violence de la guerre, et les deux fils périrent au front. Après la guerre, la fortune fut partagée entre neveux et nièces. Jean Cossart devint le nouveau propriétaire des terres de la famille Mahieu. À l'angle des rues Eekhof et Palingbeek, là où se trouvait avant la guerre le grand portail d'entrée du parc du château, il fit ériger une colonne commémorative à la mémoire des frères Mahieu. Ce mémorial fut déplacé en 2000 à l'angle des rues Palingbeek et Bernikkewallestraat, près du domaine provincial « De Palingbeek » et du terrain de golf.

Auguste Mahieu est né le 4 novembre 1887 à Armentières. Nous disposons à ce jour de peu d'informations sur l'aîné des frères. Nous savons qu'il a voyagé plusieurs fois en Afrique. Auguste Mahieu a été tué le 22 février 1916 au Bois des Caures, près de Verdun.

Michel Mahieu naquit le 1er octobre 1891 à Armentières. Dès l'âge de 16 ans, il se sentit irrésistiblement attiré par la conquête du ciel. Il construisit un étrange engin en clouant des draps de lit fabriqués dans l'entreprise familiale sur un cadre en bois. S'y accrochant, il prit son envol et plongea dans les profondeurs, là où la large et profonde vallée présentait des parois abruptes. Sans doute atterrit-il tout aussi vite, dans un marais verdoyant qui avait amorti sa chute, mais qu'importe ? L'espace de quelques instants, il s'était détaché du sol, il avait flotté, il avait volé.

L'année suivante, en 1908, il fit fabriquer un planeur moins primitif dans une menuiserie d'Armentières, qu'il attacha par un câble à un véhicule sans chevaux, alors rare, appelé automobile. L'automobile fut poussée à pleine vitesse (au moins quarante kilomètres à l'heure, ce qui était très rapide à l'époque), de sorte que la pression du vent porta le planeur à une hauteur d'un ou deux étages. Michel laissa alors tomber le câble et plana triomphalement sur une centaine de mètres avant d'atterrir sur ses deux jambes. La distance importait peu ; une fois de plus, il s'était détaché du sol, ce qui eut des conséquences.

En 1909, des spécialistes commencèrent à produire des planeurs en série. Michel Mahieu en acheta bientôt un et, avant la fin de l'année, il obtint l'un des premiers brevets officiels de pilote, celui de pilote du planeur numéro 6. La même année, quelques pilotes réussirent même un véritable vol à l'aide d'un moteur. Le 25 juillet 1909, Louis Blériot fut le premier à traverser la Manche en planeur.

En 1910, Michel Mahieu acquit un tel engin volant, baptisé Voisin du nom de son concepteur. Il avait 19 ans et était un brillant étudiant à l'Université de Paris. Mais à la fin de la semaine, il était libre et le ciel l'appelait. En septembre 1911, l'aviateur Mahieu accomplit un exploit que personne n'aurait cru possible. Avec un passager, il survola Paris à l'altitude alors impossible de 2 460 mètres. Même l'Amérique fut stupéfaite, et le nom de Michel Mahieu devint mondialement célèbre.

En 1912, il fut appelé au service militaire avec sa promotion et acquit un magnifique biplan Voisin équipé d'un moteur Renault. Durant son service militaire, il servit comme pilote d'essai. Après chaque vol, il consignait ses observations dans un rapport. Il proposait souvent des modifications et des améliorations que ses supérieurs étaient ravis de mettre en œuvre.

Mais en 1914, la guerre éclate ! Il passe près de quatre ans au front (à l'exception de quelques mois après avoir été blessé par balle lors d'un combat aérien et avoir dû être soigné à l'hôpital). Michel Mahieu cumule les exploits militaires, d'abord comme pilote, puis comme commandant d'escadrille.

En 1916, le ministre français de la Guerre voulut retirer du front son pilote hautement qualifié, mais Michel protesta si vigoureusement qu'on le laissa rester avec son escadrille. Il accumula les exploits. Son escadrille changea constamment de secteur. À un moment donné, elle se retrouva dans la région de Béthune.

Il en profite pour survoler les environs d'Armentières, occupée par l'ennemi. Il note également dans son carnet de route que le château familial n'a pas été complètement détruit et que, de loin, il dégage encore un certain charme. Mais Michel Mahieu doit lutter non seulement contre les Allemands, mais aussi contre le ministre de la Guerre français, déterminé à le retirer de la zone de guerre.

Le 23 mars 1918, il apprend par un ami du ministre Henri de Kérillis qu'il est question de le nommer porte-drapeau de l'aviation, en remplacement de Guynemer, disparu quelques mois plus tôt.

En avril 1918, Michel Mahieu fut nommé instructeur à l'école d'aviation de Cazaux, près d'Arcachon (Gironde). Mais non, il était si obstiné qu'il refusa de quitter son escadrille. Malheureusement, pas pour longtemps, car dans la nuit du 2 au 3 mai 1918, les Allemands l'achevèrent.

Son avion, ravagé, s'écrase sur les lignes ennemies. Il n'est que blessé, mais une patrouille allemande s'approche et l'achève d'une balle dans la nuque. Ses papiers sont confisqués et le héros tombé est rapidement identifié.

Dans un communiqué spécial, l'état-major allemand informe le monde que le célèbre aviateur d'avant-guerre, le capitaine Michel Mahieu, a été tué sur le front de la Somme. Par ce message, inséré dans un journal suisse, sa mère apprend la perte de son deuxième fils.

Cette information intéressante nous a été fournie par Philip Woets, un habitant de Hollebeken et secrétaire de la société d'histoire locale de Selebeke.

Info Bob Morris (professeur émérite, Université Carleton, Ottawa, Canada), 5 janvier 2014 :
-Michel Mahieu s'était inscrit au rallye aérien Paris-Bruxelles et retour en octobre 1910, mais sans succès.
Le 17 avril 1912, le pilote Michel Mahieu et le navigateur-observateur Gaston de Manthé survolèrent Paris à bord d'un Voisin. Ce jour-là, ils marquèrent l'histoire en devenant les premiers à observer une éclipse solaire depuis un avion. Ils décollèrent de l'aérodrome d'Issy-les-Moulineaux à 11 h 40. Ils observèrent l'éclipse pendant environ une heure à une altitude d'environ 1 000 mètres.

Info Philip Woets (Secrétaire de la société d'histoire locale de Selebeke) 26 décembre 2014 :
Le mémorial a été déplacé de son emplacement d'origine à son emplacement actuel en 2000. L'année où il a été érigé et inauguré pour la première fois nous est inconnue.

Images : © Paul Van Caesbroeck, 07/06/2006
Date de l'événement :
02/05/1918
Date d'inscription :
06/07/2006
Adresse:
Angle de la Palingbeekstraat et de la Bernikkewallestraat à proximité du domaine provincial "De Palingbeek" Coordonnées : 50° 48' 40.40” N 02° 55' 02.42” E

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