Humbeek, le 1er mars 2010. Le livre « La Route vers la Liberté » raconte l'histoire du sergent canadien Harold DeMone, artilleur d'un Wellington qui s'est écrasé à Perk. Grâce à la Résistance, DeMone a réussi à rejoindre la Grande-Bretagne. Son voyage vers la liberté a été relaté par Stany Moortgat.
Le sergent Harold DeMone était le mitrailleur de bord du Wellington IC DV763 XG-H2 de la 16e Unité d'Entraînement Opérationnel (OTU) qui s'est écrasé dans la nuit du 1er au 2 juin 1942 près de la Tervuursesteenweg à Perk, près de la statue du Sacré-Cœur. Normalement, les appareils de l'OTU étaient utilisés pour l'entraînement des équipages, mais lors des grands raids « Bombardier Harris » contre l'Allemagne, ils ont été intégrés à la flotte de bombardiers.
![]() | Stany Moortgat avec son livre « La Route de la Liberté ». À l'arrière-plan, l'ancienne brasserie Humbeek où séjournait le canonnier. (Photo Paul Van Caesbroeck) |
Le sous-lieutenant Ronald Robinson, DFC (Distinguished Flying Cross), était le pilote, le sous-lieutenant Charles O'Brien l'observateur, le sergent d'aviation Forster l'opérateur radio, le sergent Beal le viseur de bombes et le sergent DeMone le mitrailleur. Robinson et O'Brien ont été tués dans l'accident. Un mémorial leur est dédié au cimetière de Perk, et ils sont enterrés au cimetière militaire canadien d'Adegem. Beal et Forrester ont été faits prisonniers de guerre. DeMone a pu rejoindre la Grande-Bretagne grâce à la ligne de résistance Comète.
![]() | Harold DeMone photographié pendant ses vacances. (Archives Stany Moortgat) |
En novembre 2007, Stany écouta les récits de guerre de Jules De Schouwer, un habitant de Humbeek. Il lui raconta que, pendant la Seconde Guerre mondiale, un passager clandestin américain ou canadien avait trouvé refuge quelques jours dans la brasserie d'Alexander Horckmans (Oostvaartdijk, Humbeek). Joseph Horckmans, le fils d'Alexander, ne put que confirmer l'histoire et affirmer qu'il s'agissait du sergent canadien Harold DeMone, DFM (Distinguished Flying Medal). Toute la correspondance concernant cet homme, y compris les messages de félicitations d'Eisenhower à la famille Horckmans, avait été perdue. L'auteur a pu contacter les proches de Harold DeMone, aujourd'hui décédé, mais malheureusement, celui-ci était toujours resté muet lorsqu'on l'interrogeait sur son passé militaire. Stany a cependant pu consulter les transcriptions d'entretiens rédigées après la libération de DeMone, ainsi que plusieurs pages d'une copie de son journal intime.
Après que le Wellington eut vraisemblablement été touché par un chasseur de nuit au-dessus de Malines, DeMone fut le premier à sauter en parachute. Il atterrit dans une zone marécageuse, le Mechels Broek. Il longea les rives de la Dyle jusqu'à Muizen, puis Hombeek. Un fermier lui donna de la nourriture et des vêtements civils. Il poursuivit son voyage par la forêt de Bos van Aa et, dans une deuxième ferme, rencontra un fermier qui le présenta au brasseur Horckmans.
Il devait déjà être arrivé à la brasserie Humbeek le 2 juin 1942. Le baron Guy Lunden, frère du capitaine Vl René Lunden de la RAF († 3 avril 1942, voir article Hangar FlyingIl était venu rencontrer DeMone à la brasserie et le mettre en contact avec la filière d'évasion Comète et avec la résistante de Schaerbeek, Andrée « Dédée » de Jongh. Après un périple infernal à travers la France et l'Espagne, il atteignit Gibraltar. Le 7 juillet 1942, il embarqua sur un navire transportant des troupes à destination de Gourock, en Écosse ; cinq jours plus tard, il parcourait l'Écosse en homme libre.
L'auteur Stany Moortgat décrit l'évasion palpitante de DeMone. Les autres membres de l'équipage ne sont que brièvement mentionnés. Cet ouvrage ne contient pas de récit détaillé du dernier vol du Wellington XG-H2. Le livre a été publié par la Grimbergen Heritage Association et peut être commandé sur son site web. www.eigenschoongrimbergen.be ou directement auprès de l'auteur (stany.moortgat@skynet.beFormat A5, 87 pages, noir et blanc. Prix : 12 € + 2,5 € de frais de port.
Frans Van Humbeek



