Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1944, le Bomber Command envoya une centaine de bombardiers à la jonction ferroviaire d'Aulnoye-Aymeries, au sud-ouest de Maubeuge, en France. Parmi ces bombardiers se trouvait le Lancaster LL943 KO-C du 115e Escadron. Après le bombardement, le pilote prit la direction du nord-ouest, vers Courtrai, pour entreprendre son vol de retour vers la base. Presque immédiatement, ils furent attaqués par un chasseur de nuit Junkers Ju 88 en provenance de Florennes, piloté par le capitaine Josef Krahforst du 2./NJG 4. Le Lancaster s'écrasa à la frontière franco-belge, tuant tous les membres d'équipage.
F/O Robert E. Pellew RAAF (pilote), Sgt Albert E. Morton (mécanicien de bord), P/O Eric R. Tibbits RAAF (navigateur), F/S Fraser C. Hollenback RCAF (viseur de bombardier), Sgt Edward V. Wakeman (opérateur radio), Sgt Henry J.W. Simmonds (mitrailleur de queue), Sgt Frederik Allen (mitrailleur de tourelle).
Le Lancaster s'est écrasé dans les bois entre Flines-Lès-Mortagne, en France, et Maubray, en Belgique, non loin à l'ouest de l'actuel aérodrome de Maubray. L'endroit exact est connu localement sous le nom de « La Cavée ».
Plusieurs résistants belges se précipitèrent sur le lieu du crash et, chemin faisant, tombèrent sur la tourelle de queue, où se trouvait encore le sergent-mitrailleur Simmonds. La tourelle s'était brisée peu avant ou pendant le crash de l'avion. Ils en extrayèrent Simmonds et l'enterra à la hâte dans son parachute, non loin du lieu du crash. Peu après la libération, le 3 septembre 1944, juste avant l'arrivée des troupes américaines, plusieurs escarmouches eurent lieu à Laplaigne entre la résistance et les troupes allemandes en retraite. Les Allemands prirent plusieurs otages, dont deux furent abattus lors d'une tentative d'évasion, ainsi que deux passants. Les quatre hommes furent enterrés à Laplaigne le 6 septembre 1944. Le sergent Simmonds fut exhumé de sa tombe anonyme dans les bois et, avec les « Quatre Martyrs », comme on les appelait localement, il reçut une sépulture honorable et une tombe au cimetière de Laplaigne, parmi les quatre autres. A cette époque, son identité n'était cependant pas encore connue et sa croix tombale portait l'inscription « RAF Mort pour sa Patrie ».
Les six autres membres d'équipage ont été inhumés en France, au cimetière de Valenciennes, car le naufrage avait été signalé à sa hiérarchie par un garde forestier français. Seul le capitaine de frégate Fraser Hollenback a pu être identifié et a reçu une tombe individuelle. Les cinq autres ont été enterrés dans une fosse commune portant seulement deux numéros. Cela a semé la confusion : la Croix-Rouge n'a apparemment reçu que peu d'informations des Allemands et n'a signalé que trois membres d'équipage aux autorités britanniques. Cependant, lors de l'exhumation de 1946, on a découvert que cinq membres d'équipage étaient enterrés sous ces deux tombes anonymes.
La majeure partie de l'épave reposait du côté belge de la frontière, mais l'emplacement exact a disparu après la guerre en raison de l'extraction de sable. Juste à côté de la frontière, on trouve aujourd'hui un lac artificiel où l'on peut pratiquer le ski nautique.
Gabriel Bauters, colonel de l'armée belge, enquêta sur les combats de mai 1940 et septembre 1944 près de Tournai et publia un ouvrage à ce sujet (Destination le Haut-Escaut). Intrigué par la tombe du sergent Simmonds au cimetière de Laplaigne, il entama également une enquête sur les circonstances de sa mort et en consigna les résultats dans « L'énigme du Lancaster LL943 ».
Le mémorial sur le sol français a été érigé après la publication du livre et réalisé avec la collaboration de la municipalité de Flines-Lès-Mortagne, de l'Office national des forêts et du Conseil général du Nord. L'inauguration a eu lieu le 5 septembre 2010, en présence des autorités françaises et belges et de plusieurs militaires britanniques, dont la délégation du 115e Escadron (R), du Canada et de l'Australie. L'invitée d'honneur était June Wakeman, sœur de l'opérateur radio Edward Wakeman. C'est à elle que l'inauguration du mémorial a été confiée. La veille, des hommages avaient été rendus aux membres d'équipage décédés aux cimetières de Valenciennes et de Laplaigne.
Un grand merci au colonel Gabriel Bauters, qui nous a guidés lors de notre visite du mémorial et de la tombe du sergent Simmonds à Laplaigne. Le livre est toujours disponible auprès de l'auteur : les personnes intéressées peuvent envoyer un message à la rédaction via le formulaire de réponse de la page de contact ; la rédaction transmettra ensuite votre question à l'auteur. L'auteur a également rédigé une postface reprenant des informations obtenues après la publication du livre grâce à des contacts avec les familles d'Henry Simmonds et d'Eric Tibbets. Nous recommandons vivement ce livre à tous les lecteurs intéressés.





