Ode à un « Roi des Mers »

Le RS 01 lors de la présentation à la presse belge le 5 octobre 1976. A l’arrière-plan du RS 01, le C-130 ayant amené les journalistes dans une météo typique des Cornouailles. (Photo Guy Viselé)

Bruxelles, Décembre 1976. J’écris mon premier « grand article » pour la revue KIT n° 25 de l’IPMS (International Plastic Modeler’s Society). Le thème, les nouveaux Sea King qui viennent d’entrer en service à Coxyde. A l’époque la documentation est loin d’être accessible comme aujourd’hui avec Internet et les spotters se font encore expulser par les MP ou arrêter administrativement par la Gendarmerie s’ils se font attraper à photographier aux alentours des bases. 43 années plus tard, je n’ai toujours pas monté une seule maquette de Sea King, mais les temps ont bien changé …

9 janvier 2019, base aérienne de Coxyde – une page se tourne Nous étions près de 250 spotters à braver le froid, le vent et même la grêle pour assister à la dernière apparition publique du Sea King. La 40ème escadrille avait tenu à marquer cette fin d’époque en donnant l’occasion aux fanas de faire un dernier « photo shoot » diurne et nocturne. Merci à la 40ème escadrille pour cette attention.

Le RS02 lors du « Spotters Day » le 9 janvier 2019.

Le RS02 en juillet 1987. Notez -le radome différent de la photo précédente. (Photo Daniel Brackx)

La 40ème escadrille

Au début des années soixante, la nécessité apparut de remplacer les canots de sauvetage en usage à la côte belge par du matériel plus moderne. Fort de l’utilité démontrée par les hélicoptères lors des inondations catastrophiques de 1953 ainsi que par les Bristol Sycamore utilisés à la base de Kamina, un « Flight Search and Rescue » fut créé le 1er avril 1961 à Coxyde, équipé de 5 Sud Aviation HSS1 construits sous licence Sikorsky. Ce « Flight Héli », tel qu’il était appelé, fut complété en 1963 par un deuxième flight Short Range and Transport (SRT) équipé de 7 S-58C rachetés à la Sabena. Ce flight était affecté au transport sur courtes distances et VIP ainsi qu’au soutien des unités Nike en RFA. Un Flight spécifiquement Force Navale, destiné au support logistique de la flotte et au dragage de mines, complétera l’unité en utilisant initialement deux des H-SS1, dotation complétée par trois SE 316-B. Alouettes III acquises en 1971. Cette année-là l’unité composée des trois flight de vol ainsi qu’un flight de maintenance reçut le statut d’escadrille sous l’appellation Héli Flight rebaptisé 40 Squadron le 30 octobre 1974. La 40ème escadrille faisait auparavant partie du 15ème wing de transport de Melsbroek et avait été dissoute au départ des C-119G et leur remplacement par les C-130 Hercules en 1972. Cependant l’insigne du « Sioux vert »ne fut pas repris cédant la place à l’insigne du Flight Héli adopté une année plus tôt et représentant un hélicoptère stylisé au-dessus de la mer d’où surgit une main tendue appelant au secours. L’insigne sera encore modifié en 1992 dans un style plus traditionnel et adoptera la mouette qui durant la 1ère guerre mondiale était l’insigne de la 2ème escadrille basée à Coxyde et qui avait été utilisé déjà par le flight SRT.

 

Le Sud Aviation H-SS1 B4 OT-ZKD, retiré du service en décembre 1984, est conservé à la base de Coxyde. Il est vu ici lors du meeting le 30 juin 2007 à Coxyde.

 

Très vite après leur arrivée les Sea King arborèrent l’insigne d’escadrille version 1974 avec un Sea King stylisé.

L’insigne officiel du 40 sqn depuis 1992 est peint en-dessous du cockpit à gauche.

Le Sea King Mk48

Après 15 années d’utilisation intensive, les H-SS1 et S-58 arrivaient en fin de carrière. Il en restait toujours 10 dont la moitié avec plus de 10.000 heures au compteur. Les Sikorsky présentaient des lacunes majeures pour les opérations au-dessus de la mer: un seul moteur, un système de radio- navigation limité, pas de radar et une autonomie et une flottabilité faibles imposant de rester près de la côte. Les critères de sélection devaient combler ces lacunes et l’appareil choisi devait disposer d’un radar et système de radionavigation performant et autonome, un rayon d’action de 600 milles nautiques, avoir une capacité de vol tous-temps, être bimoteur, pouvoir flotter et être résistant à la corrosion. De plus les capacités devaient permettre l’emport de six civières. Sur base de ces critères plusieurs types d’hélicoptères furent présélectionnés mais les Kaman UH-2 Seasprite, Boeing-Vertol CH-46 Sea Knight, SA-330 Puma, Bell 412 et le S-58T (version du S-58 à deux moteurs) furent rapidement écartés pour des raisons de coût ou de prestations trop faibles. Restaient en lice 3 versions différentes du Sikorsky S-61 Sea King: la version américaine utilisée en Europe uniquement par le Danemark et la version d’Agusta développée construite pour la marine italienne et pas encore aboutie furent éliminées au profit de la version construite par Westland au Royaume-Uni.

Le RS 01 lors de la présentation à la presse belge le 5 octobre 1976. A l’arrière-plan du RS 01, le C-130 ayant amené les journalistes dans une météo typique des Cornouailles. (Photo Guy Viselé)

Le RS 02 à Yeovil arbore encore les immatriculations temporaires britanniques de classe B G-17-2 A l’arrière- plan un Sea King pakistanais. (Photo Westland Helicopters Ltd)

Le S-61 Sea King n’était pas inconnu et était même fort médiatisé lors des récupérations de capsules spatiales américaines en mer. En 1967 Westland avait converti une cellule construite par Sikorsky y apportant les modifications souhaitées par la Grande-Bretagne et y incorporant nombre équipements « made in GB ». Le Westland HAS Mk1 entra en service dans la Royal Navy à la mi-août 1969 et se distinguait de la version américaine par des turbines RR Gnome H-1400 et un radar de recherche et un système de navigation Doppler et extérieurement par un rotor de queue à six pales et un radome sur l’arête dorsale. Disposant d’une licence non exclusive pour tous pays sauf l’Amérique du Nord, Westland enregistra rapidement un beau succès à l’exportation en enregistrant t des commandes pour les allemands et les norvégiens (suivis par après par les marines australiennes, indiennes, pakistanaises, qatari et égyptiennes). Outre le coût plus avantageux que les versions américaines et italiennes tant à l’achat qu’à l’heure de vol, le choix de la version anglaise offrait des possibilités de standardisation opérationnelle et d’échange de pièces de rechange avec trois partenaires de l’Otan. Westland offrait également les compensations économiques les plus intéressantes ce qui amena le Comité Ministériel d’Investissements Publics à ratifier la recommandation du team évaluateur en décembre 1973. Alors qu’initialement 12 hélicoptères étaient prévus, le gouvernement passa le 22 avril 1974 commande à Westland pour la livraison de 5 Westland Sea King Mk48 (version SAR) pour un coût d’environ 450 millions de francs belges avec un délais de livraison garanti au plus tard dans les 18 mois.

Les Sea King RS 03 et RS 05 flambant neufs dans les hangars à Culdrose le 5 octobre 1976. (Photo Guy Viselé)

Les Sea King RS 03 et RS 05 flambant neufs dans les hangars à Culdrose le 5 octobre 1976. (Photo Guy Viselé)

Prévus pour être livrés en septembre 2015, le programme pris du retard et n’enregistra un premier vol que le 12 décembre 1975. Le camouflage sable (réf. BS 381 col.361) et vert (réf.BS 381 col.320) en étonna plus d’un à l’époque tant il était différent du bleu marine des SikorskyS-58 et HSS-1 et qui était dû, disait-on à l’époque, au fait qu’il s’agissait d’appareils initialement destinés à l’Egypte et détournés de la ligne de production au profit de la Belgique. C’est peu probable car les appareils égyptiens furent peints en sable et bleu ciel. Une chose est certaine, c’est un camouflage qui sied à l’environnement des dunes de la côte belge et que les hélicos auront gardé toute leur carrière.

Les 5 machines furent finalement livrées au Foreign Training Unit (FTU) de la Royal Navy de HMS Sea Hawk à Culdrose (Cornouailles) début juin 1976. Créée en juin 1973 cette unité avait pour mission la formation des équipages des forces aériennes ou marines s’équipant en Westland Sea King, les belges étant les derniers en date. A partir du 2 juillet 1976, durant quatre mois 14 pilotes, 7 opérateurs radar et navigateurs, 7 mécaniciens de bord et 43 techniciens suivirent un stage intensif avant de convoyer en vol dans le mauvais temps les 5 hélicoptères à Coxyde le 8 novembre. Le même jour le FTU de Culdrose fut dissout.

Le RS 04 en vol en décembre 1976. (Photo Force Aérienne)

La flotte à la parade après son arrivée à Coxyde en novembre 1976. (Photo Force Aérienne)

43 années de bons et loyaux services

Commença alors une période d’entrainement intensif faisant suite à la familiarisation de Culdrose. Le 27 décembre 1976 la première opération de sauvetage réelle eut lieu par hélitreuillage d’un matelot blessé du chalutier « Zeebrugge 176 » devant être rapidement hospitalisé à Ostende. Le Roi Beaudouin fit l’honneur d’une visite à l’escadrille le 8 mars 1977, un mois avant qu’elle ne soit déclarée opérationnelle le 1er avril. Tous les S-58C seront retirés à l’arrivée des Sea Kings leur laissant l’entière responsabilité des opérations mais les H-SS1 survivants seront conservés uniquement pour l’entrainement, le dernier à être retiré du service étant le B8 OT ZKH en décembre 1986. Ce sera le début de 43 années de bons et loyaux services marqué par un nombre impressionnant de missions de sauvetage. Le 6 décembre 1978 la 100ème intervention était déjà enregistrée, la 1000ème le sera le 9 octobre 1991, la 2000ème en 2002 et la 3000ème en 2013. Par beau ou souvent par très mauvais temps, de jour comme de nuit, de 1976 à fin 2018, les équipages des Sea King auront porté secours à 1752 personnes au cours de 3305 missions opérationnelles. Nombreux sont ceux qui doivent leur vie aux équipages du 40 sqn sur Sea King que ce soient des marins belges ou étrangers blessés ou en perdition dans une mer déchainée à la suite du naufrage de leur embarcation, des grands brûlés ou encore des patients en attente de don d’organes. Certaines des missions sont ancrées dans les mémoires dont la plus célèbre reste le naufrage du car- ferry « Free Herald Enterprise » le 6 mars 1987 dans le port de Zeebrugge. Trois Sea King se relaieront pendant plus de 23 heures pour des évacuations sanitaires et les plongeurs de la 40ème escadrille sauveront dans les coursives du ferry chaviré plus d’une trentaine de personnes d’une noyade assurée. Ce fait exceptionnel sera reconnu en octobre 1988 par l’octroi à l’escadrille par la Fédération Aéronautique Internationale (F.A.I) du diplôme « For Oustanding Airmanship ». Lors du dramatique incendie à l’hôtel Switel à Anvers lors du réveillon le 1er janvier 1995 les Sea King feront des évacuations de grands brulés vers divers hôpitaux de nuit en pleine tempête de neige. Ils seront mis en œuvre rapidement lors de l’explosion d’une conduite de gaz haute pression dans le zoning industriel de Ghilslenghien le 30 juillet 2004 pour ne citer que quelques évènements dramatiques restés dans les esprits. Autant de faits qui montrent le professionnalisme des équipages, la qualité de leur entrainement et la fiabilité du matériel extrêmement bien entretenu. La 40ème escadrille se distinguera également lors de compétitions Internationales de sauvetage (International SAR compétitions) Contrairement aux Sikorsky très limités, que l’on dit être cantonnés à ne pas s’éloigner du littoral, les Sea King belges effectueront aussi des vols de longue navigation. On les verra ainsi Ecosse en Norvège, en Italie, Irlande et Suède et même se poser sur des plateformes pétrolières en Mer du Nord. Le Sea King aura aussi servi pour le transport de VIP dont notamment le Pape Jean-Paul II pendant une semaine lors d’un voyage officiel du 16 au 22 mai 1985. La 40ème escadrille, les Sea King et leurs équipages seront également les vedettes de la série télévisée de la VRT néerlandophone « Windkracht 10 » qui aura beaucoup de succès entre avril 1997 et juin 1998.

En août 1981 le RS 01 est vu devant le H4 de l’aérodrome de Temploux après le sauvetage d’un parachutiste du para-club de Namur resté accroché dans un arbre à Mettet (zone de saut de l’époque) hors de portée de l’échelle des pompiers.

Au cours de leur longue carrière, les Sea King seront « retrofittés» plusieurs fois notamment le remplacement des pales du rotor principal par de nouvelles en composite. Plus visible sera le remplacement radar initial MEL ARI.5995 par une version plus performante Bendix RDR 15000B ce qui entrainera une modification de forme du dôme. Afin de faciliter les recherches par mauvais temps ou la nuit les Sea King seront équipés d’une caméra infra-rouge Forward Looking Infra-Red (FLIR).

Le RS 03 vu à Florennes le 6 juillet 2008. Il arbore sur le fuselage une décoration commémorative des 30 ans d’opérations. La caméra FLIR est visible sous le nez.

La relève le NH 90 NFH Caïman

Au début milieu du deuxième millénaire, les Sea King approchent les trente ans de service intensif et la question de leur remplacement se pose. Le choix se porte sur le NHindustries NH90. Après approbation du gouvernement en avril 2007, un contrat est passé en juin 1977 lors du salon du Bourget via le NATO Helicopter Management Agency (NAHEMA) pour l’achat à NHindustries (devenue Airbus Helicopter en 2014) de dix exemplaires, quatre de la version Tactical Transport Helicopter (TTH) et quatre de la version Nato Frigate Helicopter (NFH) et deux options abandonnées par la suite. Le premier NH90 MHT (la Belgique a abandonné la dénomination d’usine TTH pour MTH Multi Purpose Transport Helicopter) arriva à Beauvechain le 2 octobre 2013. Le premier NH 90 NFH le RN 02 fut mis en service le 9 mai 2014 suivi par le RN 01 en août 2014 et du RN 03 en décembre 2014.

Fin 2015 la composante Air a racheté le Sea King HAR ZH542 de la RAF retiré de service afin de servir de source de pièces de rechanges. (Tom Brinckman)

Le NH90 MTH se distingue de la version NFH par sa livrée vert olive et l’absence de radome en dessous du fuselage.

Entretemps le RS 01 a été retiré du service et offert au Musée de l’air de Bruxelles ou il arrive en vol sur l’esplanade du Cinquantenaire le 17 décembre 2008. Le RS 01 sera le seul à connaitre un amerrissage forcé fin avril 1981 à la suite d’un problème technique. Il sera remorqué au port de Zeebrugge par le dragueur de mines « Artevelde » avant d’être hélitreuillé depuis les quais par un Chinook américain vers sa base. Le RS 03 sera le deuxième appareil retiré du service après avoir effectué son dernier vol le 29 août 2013 avec 11851 heures vol au compteur. Le 3 décembre 1980 cet appareil fera un atterrissage d’urgence en autorotation dans la carrière de Mont Saint Guibert près de Wavre. Fortement endommagé, il sera lui aussi évacué par un CH-47 Chinook de l’US Army qui le ramènera en vol à Coxyde. A la suite de cet accident dû à l’extinction des moteurs par la glace, les 5 Sea King seront équipés de déflecteurs devant les entrées d’air. Le RS 03 sera cannibalisé au profit des appareils restant et sera rejoint par un Westland Sea King HAR de la RAF, le ZH542, acheté fin 2015 afin de servir de sources de pièces de rechange.

Le NH90 NFH, successeur du Sea King. Ici le RN02.

18 décembre 2018, les trois derniers Sea King opérationnels effectuent un ultime “Farewell Tour” en formation. On les voit ici au-dessus de l’hôpital AZ Sint Jan de Brugge, un lieu qu’ils ont bien souvent visité au cours des 43 années de carrière. (Tom Brinckman)

Le 19 décembre 2018 les derniers Sea King opérationnels, RS 02, 04 et 05, effectuent un ultime vol d’adieu (Farewell tour) en formation dans les deux Flandres, survolant 10 lieux marquants maintes fois visités e .a les hôpitaux lors d’opérations de sauvetage et d’évacuations sanitaires ou encore de transport d’organes, des installations militaires comme le centre de contrôle de Zemmerzake, des installations portuaires ainsi que la tour de l’Yser. Le 13 janvier 2019 le RS 02 effectue un dernier vol de routine avec un hélitreuillage sur une frégate en mer et une évacuation à l’hôpital Saint Jean à Brugge avant de se poser définitivement à Coxyde. Il aura volé 12500 heures et accompli 738 missions de sauvetage en 43 années, un beau palmarès représentatif de l’usage des 5 Sea King belges. Le RS 04 arrêtera de voler le 15 février suivi du RS 05 à la livrée noire le 21 mars. Retirés du service ils a attendront un nouvel acquéreur éventuel.

Le RS05 est le seul à avoir porté une autre livrée que le camouflage vert et sable. La décoration noire a été apposée à l’occasion des 25 années de service du Sea King. (Photo Daniel Brackx)

1976-2019, un palmares impressionant.

Ainsi se termine la carrière du « Roi des Mers » qui aura marqué son époque. Ce sera peut-être également le chant du cygne de la base de Coxyde car on fait état de la délocalisation des Caïman à l’aéroport d’Ostende dans le cadre des restrictions budgétaires. Mais le Sea King ne sera pas oublié car, en plus du RS 01 qui est déjà exposé au Musée de l’Air de Bruxelles depuis une dizaine d’années, un exemplaire a été symboliquement cédé à la ville de Coxyde et y sera exposé.

Texte: Robert Verhegghen

Photos: Daniel Brackx, Tom Brinckman, Force Aérienne, Guy Viselé, Westland Helicopters Ltd, Robert Verhegghen

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Bob Verhegghen

Bob Verhegghen

Né au Congo en janvier 1952. Passionné d’avions militaires et de maquettes dès mon plus jeune âge. Auteur de nombreux articles historiques et ou de maquettisme sur la force Aérienne dans diverses revues et dans la revue KIT de l’IPMS Belgium. J’ai un intérêt particulier pour les planeurs anciens, la Force Aérienne d’après-guerre et les T-6, (R) F-84F, et Mirage. J’ai le soucis de l’exactitude et du détail pour mes maquettes. Pilote de planeur depuis 1977, instructeur avec près de 900 heures de vol je suis l’heureux copropriétaire de l’ASK-13 ex PL-66 des Cadets de l’Air (aujourd’hui D-3438) basé à Temploux.

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