Langemark-Poelkapelle, le 7 juin 2018. Le Pavillon Guynemer de Poelkapelle a été inauguré le vendredi 16 mars 2018 au soir. Situé au rond-point, près de la colonne commémorative de Georges Guynemer (né à Paris le 24 décembre 1894 – décédé à Poelkapelle le 11 septembre 1917), il retrace la vie du pilote de chasse français. Hangar Flying s'est entretenu avec l'un des initiateurs du pavillon.
![]() | La cigogne au sommet du monument de Langemark fait référence à l'Escadrille des Cicognes. À gauche se trouve le pavillon Guynemer. |
Le 11 septembre 2017 marquait le centenaire de la mort de l'aviateur français près de Poelkapelle. Georges Guynemer s'engagea comme apprenti mécanicien à l'École d'aviation militaire de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, le 21 novembre 1914. Il devint élève-pilote le 27 janvier 1915 et obtint son brevet de pilote à Avord le 26 avril. Du 8 juin 1915 jusqu'à sa mort, il fut rattaché à l'Escadrille des Cigognes. Le 19 juillet 1915, Guynemer abat son premier avion allemand ; le mitrailleur était son mécanicien, Guerder. Guynemer fut abattu sept fois par l'ennemi et, de son vivant, la presse le salua en héros et lui décerna de nombreuses distinctions. Son combat aérien aux côtés de l'as allemand Ernst Udet apporta au Français une renommée internationale. La légende raconte que le fusil d'Udet s'enraya lors d'un combat aérien, et que le héros français, chevaleresque, laissa son adversaire s'échapper. Deux mois avant sa mort, il reçut le commandement de l'Escadrille des Cigognes.
Guynemer effectua son tout dernier vol le mardi 11 septembre 1917 au matin, accompagné un temps par le lieutenant Jean Bozon-Verduraz. Avec son SPAD XIII, Guynemer fut impliqué dans un combat aérien. Le déroulement exact de la bataille restera probablement un mystère. Il est certain qu'il ne revint pas et fut porté disparu. Les Allemands rapportèrent que l'as français avait été abattu et que son corps sans vie avait été identifié. Aucune preuve tangible de sa mort ne fut jamais retrouvée, ce qui a donné lieu à de nombreuses spéculations. S'il fut enterré sur le lieu du possible crash, on peut supposer que toute trace fut effacée par les intenses tirs d'artillerie du front. À sa mort, à l'âge de 22 ans, il comptait 53 victoires aériennes reconnues à son actif et 665 heures de vol. Les nombreuses recherches menées pour retrouver les traces de l'avion ou du corps de Guynemer n'ont fait que renforcer son statut de héros. Sa mort est confirmée, entre autres, dans une lettre datée du 8 novembre 1938 (!) du colonel Hanesse, attaché du ministère allemand de l'Aviation à l'ambassade d'Allemagne à Paris. Cette lettre précise que Guynemer a été abattu par le sous-lieutenant Kurt Wissemann et détaille les documents retrouvés sur la dépouille de l'as. Une plaque commémorative en son honneur a été placée au Panthéon à Paris.
| Guynemer avant l'un de ses derniers vols de guerre. (Extrait d'Histoire de L'Aéronautique, L'Illustration, 1942) |
Dès le 8 juillet 1923, ses admirateurs inaugurèrent un monument grandiose en l'honneur de l'as de l'aviation à Poelkapelle. Le Pavillon Guynemer, inauguré début 2018, se trouve à proximité et dispose d'un grand parking. Il a été construit par la société en nom collectif Guynemer VOF, représentée par An Parrein et Patrick Devoogdt de Poelkapelle. Lors de notre visite, l'odeur du neuf flottait encore. Quelques petits détails restaient à peaufiner.
Un Parrein de 'ChocolateNanny' (www.chocolatnanny.be ) est chocolatière. Certains de ses délicieux produits artisanaux sont déjà en vente au musée, mais il est prévu de déménager son atelier dans un espace du Pavillon Guynemer en septembre. An : « Mon partenaire, Patrick, est architecte et membre du Comité Guynemer, d’où son vif intérêt pour le pilote français. Nous voyons beaucoup de touristes passer par Poelkapelle, et nous avons pensé qu’il serait judicieux de leur offrir un espace où nous exposerions des photos et des objets liés à Guynemer. Il y a également un espace pour boire un verre et grignoter, par exemple, pour déguster nos propres chocolats. Patrick a conçu ce pavillon lui-même. C’est un investissement important, mais nous avons reçu un soutien financier important de Tourisme Flandre. Bien sûr, nous sommes également encouragés par la direction du VTI Ypres, et notamment par le groupe de travail Morane Saulnier, Westtoer, le Comité Guynemer, divers collectionneurs et musées, ainsi que de nombreux amis et passionnés du tourisme de guerre. La municipalité nous soutient, entre autres, pour la promotion professionnelle. »
Le Pavillon Guynemer illustre non seulement la vie de l'as français, mais le replace également dans un contexte plus large. Le mythe de Guynemer y est préservé. Au rez-de-chaussée, la vie de Guynemer et le culte du souvenir qui l'entoure sont relatés. Des vidéos captivantes sur les commémorations annuelles et les recherches sur le lieu du crash sont également présentées. Tous les panneaux d'information sont en quatre langues. Les groupes peuvent, s'ils le souhaitent, faire appel aux services de guides, Luc et Johan Vanbeselare, entre autres. Luc est président du Comité Guynemer, et son frère Johan est encore connu pour avoir été l'artisan de la construction de la réplique du Morane Saulnier Type L « Parasol ».
Au sous-sol, nous entrons dans trois salles. Une table centrale présente un écran tactile, divers objets et des photographies aériennes. Le thème central est l'aviation avant et pendant la Première Guerre mondiale, les bombardements et les communications. Derrière la table, une frise chronologique est visible avec un bref historique des débuts de l'aviation. Dans la deuxième salle, douze pilotes des nations belligérantes sont brièvement présentés et nous pouvons écouter leurs récits de vie. Tous ont un lien avec la Belgique. On y trouve également des socles ornés d'objets de la Première Guerre mondiale, en lien avec les biographies des pilotes de guerre exposés. Un autre mur de la salle est consacré à la propagande menée autour des pilotes de guerre célèbres. Ils ont été déployés et présentés comme des héros. Dans la troisième salle, les visiteurs peuvent visionner des images d'une guerre aérienne.
Au premier étage, les visiteurs peuvent admirer la pièce maîtresse du musée : la réplique du Morane Saulnier Type L « Parasol », l'un des appareils pilotés par Guynemer. Cet avion a été construit par un groupe de travail du VTI d'Ypres pour commémorer le centenaire de l'école (en savoir plus). www.hangarflying.eu/nl/node/144Il n'aurait pas pu y avoir de meilleur endroit pour les nombreux touristes de guerre de la région du Westhoek pour admirer cet avion. Le moteur rotatif Le Rhône 9C, aujourd'hui restauré, a été offert par le ministère de la Défense à la VTI (anciennement l'école libre Sint-Jozef Beroepsschool) en 1927. Une vitrine murale présente également un costume de pilote et une chemise de travail. Des feuilles de papier imprimées sont à la disposition des enfants pour qu'ils puissent fabriquer des avions.
Nous pensons que la collection du Pavillon Guynemer doit être enrichie ; un tel musée a certainement besoin du soutien des nombreux collectionneurs de la Première Guerre mondiale et des musées militaires. Ce pavillon moderne et très fonctionnel, géré par An et Patrick, est une initiative audacieuse et précieuse. Lors de notre visite, le nombre de visiteurs était faible, mais ils s'efforcent de le promouvoir. Des expositions temporaires devraient attirer davantage de visiteurs. Une visite nocturne, animée par un guide expert, débutera le vendredi 17 août 2018 à 1 h 19.30. Les guides aborderont également les tactiques et techniques aériennes pendant la Première Guerre mondiale. Voir www.guynemerpaviljoen.be Pour plus d'informations, une exposition présentant des œuvres du peintre mouscronnais Jacques Vandamme ouvrira ses portes le 7 septembre 2018.
L'intérêt pour ce héros légendaire de l'aviation reste considérable en France, comme en témoignent les nombreux habitants du sud qui viennent à Poelkapelle assister aux célébrations organisées autour du monument. Par exemple, l'Armée de l'Air était présente avec la Patrouille de France lors de la commémoration de Guynemer en 2017. Georges Guynemer demeure un modèle pour les jeunes pilotes, et le Pavillon Guynemer est un formidable lieu pour perpétuer la mémoire de ce héros de l'aviation pour les générations futures. Ce centre mérite toute votre attention.
Adresse : Brugseweg 126-128, 8920 Langemark-Poelkapelle, info@guynemerpaviljoen.be, pour plus d'informations sur les heures de visite, voir www.guynemerpaviljoen.be
Source : Guynemer et ses avions, du Spad au Mirage. Myrone N. Cuich, Tourcoing, 1980
Frans Van Humbeek





