Après le débarquement de Normandie du 6 juin 1944, il fallut longtemps aux Alliés pour acquérir suffisamment de puissance pour percer les lignes allemandes. Début août, l'armée allemande tenta une contre-attaque, mais à un moment donné, une grande partie de l'armée allemande fut menacée d'encerclement. L'ordre de repli fut alors donné, et la situation s'accéléra brusquement : le 22 août, les troupes américaines franchirent la Seine avec succès ; le 25 août, le général de Gaulle entra triomphalement dans Paris ; le 2 septembre, les Alliés se tenaient à la frontière franco-belge ; le 3 septembre, Bruxelles fut libérée, suivie le lendemain par Anvers.
Pour empêcher l'armée allemande de ravitailler et de renforcer ses troupes, et pour entraver une éventuelle retraite, les forces aériennes alliées bombardèrent les carrefours routiers du nord de la France et de Belgique. Ce fut le cas le 18 août 1944, lorsque la 8e Air Force américaine prit pour cible sept ponts sur la Meuse : Yvoir-Houx, Namur, Huy, Seraing, Liège, Visé et Maastricht aux Pays-Bas. Chaque pont était affecté à un groupe de bombardement, une armada de plus de 700 bombardiers et 400 avions de chasse d'escorte. Le pont sur la Meuse à Namur fut pris pour cible par le 351e groupe de bombardement de la base aérienne de Polebrook en Grande-Bretagne. Vers 18 h, les 36 bombardiers apparurent au-dessus de la ville et larguèrent leur charge mortelle. Au moins 330 personnes furent tuées, au moins 600 grièvement blessées et environ 2 000 maisons endommagées. De nombreuses pertes ont également été enregistrées sur d'autres cibles (comme Huy, avec 81 morts et 114 maisons détruites).
Dans le grand cimetière Saint-Servais de Namur se dresse un mémorial aux victimes du bombardement, avec des dizaines de tombes de victimes derrière lui.
Infos Peter Dierckx, 30/12/2007
Derrière le monument aux victimes du bombardement de Namur (18 août 1944), au cimetière de Saint-Servais (Namur), se trouvent encore plusieurs tombes de victimes de ce bombardement de libération. Leur état est si lamentable que leur disparition n'est qu'une question de temps.



