Bissegem 1914-1918

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Malines, le 28 novembre 2016. Le 14 octobre 2016, le dernier ouvrage de Jan Vancoillie, « Bissegem 1914-1918 : Entre Flugplatz et Munitionslager », a été lancé. Jan Vancoillie (né en 1976), originaire de Bissegem, a étudié l'histoire et s'est spécialisé dans l'armée allemande pendant la Grande Guerre. Il est notamment membre du conseil d'administration de l'Association du Front Ouest. Depuis 2013, il est actif comme historien et éditeur indépendant. Les lecteurs de ce dernier ouvrage constateront rapidement qu'il a été précédé de recherches approfondies.

Couverture

L'ouvrage se compose de cinq parties. L'introduction décrit la commune à la veille de la Grande Guerre. Bissegem connut un essor considérable durant la seconde moitié du XIXe siècle grâce à l'essor de l'industrie du lin.

Dans la deuxième partie, l'auteur offre un aperçu des différents aspects de la guerre, tant concernant les autorités allemandes que la vie quotidienne des habitants. En octobre 1914, les Allemands occupèrent la municipalité. Chaque fois que les habitants souhaitaient partir, ils devaient demander une autorisation. L'occupation allemande fut un désastre pour l'industrie du lin. Six usines de transformation du lin furent détruites pendant la guerre. De nombreuses familles se retrouvèrent sans revenus. Le Comité local d'aide et d'alimentation tenta de subvenir aux besoins les plus urgents. Fin 1915, les Allemands enrôlèrent des civils pour travailler pour eux. Travailler pour les forces d'occupation restait le seul moyen de subvenir aux besoins d'une famille. Nombre d'entre eux participèrent à la construction de l'aérodrome, du dépôt de munitions ou des bunkers. Les Allemands construisirent également un camp pour héberger les prisonniers de guerre russes.

Dès janvier 1917, un aérodrome fut ouvert entre le centre du village de Bissegem et celui de Wevelgem. Le dépôt de munitions était situé à l'est de la commune. Avec un aérodrome et un dépôt de munitions sur place, les bombardements étaient inévitables, faisant des dizaines de victimes civiles. Le bombardement le plus tragique eut lieu le 24 mars 1918, lorsque les trois fils du brasseur Vandoorne et la fille d'un voisin furent tués par des bombes britanniques. Le travail au dépôt de munitions fit également de nombreuses victimes. Ce travail devait être très dangereux ; l'auteur a recensé de nombreux accidents du travail graves.

L'aérodrome abritait des unités de reconnaissance et de chasse. Manfred von Richthofen lui-même vint féliciter les pilotes de chasse. Bissegem fut même désigné comme aérodrome où les bombardiers de nuit allemands pouvaient effectuer des atterrissages d'urgence ; dans ce cas, des phares d'atterrissage de secours étaient allumés. En septembre 1918, on comptait une quarantaine de hangars. Le Flugplatz était l'un des plus grands aérodromes du front occidental. L'auteur a rassemblé une magnifique collection de photographies, accordant une attention particulière aux personnes qui ont enduré la guerre. La photo amicale des soldats de la Flieger-Abteilung 3 de Bissegem, en compagnie d'enfants du quartier, est magnifique, par exemple. Ils sont allongés dans l'herbe à côté de baraquements construits à la hâte, faute de logements. L'auteur décrit les installations militaires, l'infrastructure ferroviaire et la vie quotidienne des soldats et des civils. Les anciennes photos de classe, dont beaucoup portent les noms des élèves, sont également magnifiques. Les images proviennent à la fois d'archives réputées (Musée impérial de la Guerre, Fondation de Béthune) et d'archives privées exceptionnelles (Willy Verschaeve, Philippe Verschaete, entre autres). L'auteur a également acquis un fonds considérable. Les images sont très bien imprimées, certaines sur deux pages. En tant que passionnés d'aviation, nous avons naturellement porté une attention particulière aux photos prises sur et autour de l'aérodrome, comme celle prise en 1917 depuis un Schusta 30b lors de l'atterrissage. La photo du café Saint-Omer confisqué, rebaptisé Flieger Kantine, est particulièrement charmante ; les pilotes savaient où trouver de bons restaurants.

À gauche, Philippe Verschaete (président du groupe de travail d'histoire locale de Bissegem), au centre, l'écrivain Jan Vancoillie, et à droite, Jean de Bethune (député de Flandre occidentale). (Archives Jan Vancoillie)

Dans la troisième partie, nous retraçons l'histoire de Bissegem pendant la Première Guerre mondiale. À partir du 30 septembre 1918, les habitants furent contraints de quitter la commune. À la mi-octobre 1918, les troupes britanniques s'emparèrent de Bissegem, après quoi les habitants revinrent progressivement.

Dans la quatrième partie, l'auteur examine les premières années d'après-guerre, notamment les défis de la reconstruction. Il s'appuie, entre autres, sur le récit détaillé du pasteur Alberik Dierick.

La dernière section contient principalement des listes de victimes de guerre, de travailleurs conscrits et d'anciens combattants. On trouve des références à l'aérodrome dans presque toutes les listes. Il est frappant de constater que l'auteur a également trouvé de nombreux noms de victimes de guerre non mentionnés sur le mémorial de guerre de Bissegem. D'autres victimes de guerre figurant sur le mémorial n'ont cependant que peu de lien avec Bissegem. De telles « erreurs » ont en réalité été commises sur de nombreux monuments commémoratifs à travers le pays. Les récits des victimes civiles sont poignants : familles victimes d'attaques au gaz, victimes de mauvais traitements, etc. Les Britanniques morts à Bissegem sont également mentionnés, ainsi qu'un aperçu complet des travailleurs déportés par les Allemands et employés sur place. C'est une liste très intéressante, et une fois de plus, on est frappé par l'ampleur des dégâts causés par le travail forcé sur la santé des personnes. L'auteur porte une attention particulière aux sépultures de guerre, tant celles des soldats que celles des civils. De nombreuses nécrologies, issues pour la plupart de sa propre collection, sont également incluses dans l'ouvrage.

Des recherches approfondies dans les archives nationales et internationales, des photographies époustouflantes et un style d'écriture fluide font de cette étude de Jan Vancoillie un livre agréable à lire et magnifique. S'il s'agit d'une histoire locale, les lecteurs extérieurs à Bissegem se sentiront également profondément liés à la publication de Jan.

À la fin du livre, des publicités ont été incluses pour trois autres ouvrages publiés par Jan. « La Forêt impitoyable » raconte les combats dans la forêt de Houthulst en 1917 (auteur : Eddy Lambrecht). Jan a également écrit « Le cimetière militaire allemand de Mehen Wald » et « Les cimetières militaires allemands de la Première Guerre mondiale à Moorslede ». Naturellement, plusieurs tombes de pilotes y sont également mentionnées.

Ce livre relié de 360 ​​pages est richement illustré, principalement d'images inédites (noir et blanc). ISBN : 978 90 821039 3 9. Format : 17,5 x 25 cm. Il a été imprimé par l'imprimerie Bultheel à Lendelede. La mise en page, classique mais soignée, a été réalisée par Jürgen Schmieschek à Dresde, en Allemagne. Jan : « Je connais Jürgen depuis des années ; il est également très impliqué dans la Première Guerre mondiale. Je trouve vraiment que la mise en page est une valeur ajoutée pour quelqu'un qui a également une certaine connaissance du sujet. »

Vous pouvez commander le livre auprès de votre libraire local. Vous pouvez également le commander directement auprès de l'auteur Jan Vancoillie en transférant 34,95 € (+ 5,50 € de frais de port en Belgique) au BE40 9730 8888 4063 (BIC ARSPBE22). Vous pouvez également retirer le livre auprès de Jan à Deken Jonckheerestraat 2B à Wevelgem ou à Koffiehoekstraat 37 à Bissegem (veuillez contacter Jan par e-mail à l'avance). aok4@telenet.be, plus d'infos sur www.aok4.be).

Frans Van Humbeek

Photo de Frans Van Humbeek

Frans Van Humbeek

Frans est rédacteur en chef de Hangar Flying. Journaliste aéronautique indépendant, il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'aviation. Il s'efforce d'aborder presque toutes les facettes de l'aviation belge, mais sa passion réside principalement dans le patrimoine aéronautique et l'histoire des aérodromes belges. Au sein de la rédaction de Hangar Flying, il met également à jour www.aviationheritage.eu.