Sint-Lambrechts-Woluwe, le 1er avril 2009. Marcel Buelens est directeur général de l'aéroport de Bruxelles-Charleroi (BSCA). Aujourd'hui, au « Hof Ter Musschen », il a été nommé « Homme de l'année » par l'Aviation Press Club (APC). Hangar Flying J'ai parlé avec le PDG, qui était ravi.
Marcel Buelens est un Flamand joyeux et sportif. Né à Louvain le 6 mars 1954, il vit aujourd'hui avec sa famille à Overijse. Son enthousiasme est contagieux. Buelens : « Cette réception est en réalité une réunion de nombreux amis du secteur aérien. Pour le MOTY, je tiens à remercier chaleureusement de nombreux collaborateurs. » Buelens et son équipe obtiennent d'excellents résultats. En février 2009, Charleroi a vu son nombre de passagers augmenter de 21 % par rapport à la même période de l'année précédente.
![]() | Marcel Buelens reçoit le MOTY. À gauche, Luk De Wilde (président de l'APC) et à droite, Patrick Anspach (ancien président de l'APC). |
flamand joueur d'équipe
Hangar Flying (HF) : Patrick Anspach vous a qualifié à juste titre de « véritable passionné d'aviation ». Vous avez commencé votre carrière chez Belgavia, aujourd'hui Aviapartner, en tant qu'étudiant. Et après ?
Marcel Buelens (MB) : J'ai travaillé pour Seabord/Flying Tigers/FedEx, Air Hong Kong, DHL et le prestataire logistique Dachser. J'ai participé à la planification de l'aéroport international de Hong Kong (Chap Lap Kok) et au développement d'une dizaine d'aéroports pour FedEx en Europe. Je sais donc à quoi devrait ressembler un aéroport.
HF : Comment êtes-vous arrivé, en tant que Flamand, au BSCA ?
MB : Mi-2006, j'ai été contacté par le cabinet de recrutement Korn Ferry. J'étais l'un des 84 candidats au poste de PDG de BSCA. Après des entretiens préliminaires avec Edmée De Groeve, la présidente de BSCA, le courant est immédiatement passé. Une nomination politique était loin d'être une option ; on n'en parlait jamais, mais avec des opinions d'extrême droite, je n'aurais évidemment eu aucune chance. Après plusieurs entretiens de sélection, je me suis présenté une dernière fois au conseil d'administration le 13 septembre 2006. Il ne restait plus que trois candidats. Après avoir défendu mon dossier impressionnant, je suis rentré chez moi. À 13 h 30, j'ai reçu un appel téléphonique. J'étais à vélo et je suis descendu de mon VTT, essoufflé. Quinze minutes plus tard, le ministre annonçait ma nomination. Mon employé de l'époque n'était pas ravi.
![]() | Derrière chaque homme fort se cache une femme forte, c'est pourquoi la femme de Marcel Buelens a également été mise à l'honneur. |
HF : Vous vous êtes retrouvé dans une situation délicate ici en 2006 ?
MB : Absolument pas. Mon prédécesseur, Laurent Jossart, m’a légué une entreprise prospère. Jossart était aussi un homme avec une vision claire. Bien sûr, après son départ, j’y ai ajouté ma propre vision, ce qui a nécessité le remplacement de certains collaborateurs. Je dispose désormais d’une équipe de direction solide, ce qui est essentiel dans une entreprise de services. À mon arrivée, BSCA proposait 17 destinations ; aujourd’hui, elle en propose 59.
Contact intense avec les passagers et les compagnies aériennes
HF : J’ai l’impression qu’il y a peu de concurrence sur une même destination.
MB : Tous les six mois, nous commandons une étude de marché à Ipsos Belgique. Les résultats de cette enquête menée auprès de 1 000 passagers sont ensuite analysés par mon groupe de réflexion, le groupe de cinq managers avec lequel je gère cet aéroport. Les réponses sont ensuite discutées avec nos clients compagnies aériennes, qui peuvent décider de lancer des vols réguliers vers des destinations prisées. Cet aéroport entretient un partenariat étroit avec ses compagnies aériennes. Nous fonctionnons selon le principe « une compagnie aérienne – une destination ».
HF : Dans quelle mesure écoutez-vous les souhaits des passagers ?
MB : Nous comprenons parfaitement les attentes des passagers. Nos points de restauration proposent café et croissants à prix raisonnables le matin. J'étais récemment assis à côté d'un voyageur d'affaires japonais à l'aéroport de Bruxelles. Il a déboursé plus de 50 euros pour un généreux verre de vin et une assiette de tapas. On ne gagnera pas d'argent avec lui une deuxième fois. Nous nous présentons comme « l'aéroport convivial ». Mais parfois, cela se retourne contre nous. Si un client d'une compagnie low-cost n'est pas satisfait, il associe parfois l'aéroport à la compagnie aérienne.
![]() | L'accueil chaleureux au « Hof Ter Musschen » a été assuré par l'agent de manutention Flightcare. |
Briser le monopole
HF : La part de marché monopolistique de Ryanair ne rend-elle pas BSCA particulièrement vulnérable ?
MB : Je souhaite réduire la part de Ryanair dans les revenus. Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. À mon arrivée, Ryanair détenait 94 % de ce marché. J’ai réussi à la réduire à 82 %, et ce, alors que l’aéroport a enregistré une croissance d’un million de passagers. Mais le succès irlandais me hante. En mars, Ryanair a annoncé quatre nouvelles destinations au départ de Charleroi, et ajoute maintenant un huitième Boeing 737-800. Cela va naturellement augmenter la part de Ryanair dans BSCA. Nous sommes un partenaire idéal pour la compagnie aérienne irlandaise, bien sûr. Charleroi est le seul aéroport flambant neuf de leur réseau. Ils y réalisent le meilleur bénéfice par passager et le taux de remplissage le plus élevé. Mais encore une fois, l’aéroport n’est pas réservé à Michael O’Leary. Outre Ryanair, on y trouve également FlyOnAir, Jetairfly, Jet4you et Wizz Air.
Charleroi pour les affaires
HF : Charleroi n'est-il pas surtout important pour les touristes qui veulent voyager à très bon marché ?
MB : Venez ici le matin et constatez combien de passagers partent en voyage d’affaires avec leur bagage à main et leur ordinateur portable. Nous comptons déjà 20 % de nos clients comme voyageurs d’affaires. Je répète que Brussels Airlines aurait tout intérêt à proposer des correspondances en fin de matinée pour les voyageurs d’affaires au départ de Charleroi. VLM est bien sûr également la bienvenue ; son Fokker 50 est l’avion idéal pour cela. Je les accueillerais à bras ouverts.
![]() | Marcel Buelens, PDG : « Dans l’aviation, la planification à long terme ne prend que six mois. » |
HF : Craignez-vous l’arrivée du terminal low-cost à l’aéroport de Bruxelles ?
MB : Il est toujours plus agréable d’être copié que dépassé. Je pense que c’est une erreur stratégique de commencer par un terminal low-cost à l’aéroport de Bruxelles. Comment vont-ils traiter les compagnies aériennes qui opèrent à la fois en classe affaires et en classe touriste ? Dans quel terminal ces avions doivent-ils stationner ? Parviendront-ils aux rotations courtes exigées par les compagnies low-cost ? Le temps de roulage à Bruxelles est parfois plus long qu’à Charleroi.
![]() | Passagers dans le hall de transit du BSCA (www.charleroi-airport.com). |
Pièce maîtresse wallonne
HF : Je constate que vous recevez des éloges de la part de nombreux hommes politiques wallons, ce qui est une belle réussite pour un Flamand.
MB : Charleroi est sans conteste une réussite. Je suis apolitique, mais je dois dire que le cabinet du ministre wallon des Transports, André Antoine (cdH), ou du ministre-président wallon, Rudy Demotte (PS), est toujours disponible pour répondre à mes questions. La collaboration se déroule bien. J'ai le sentiment que BSCA figure en bonne place sur la liste des priorités du gouvernement wallon. BSCA est un moteur dynamique pour l'économie wallonne. Le parc d'activités de l'Aéropole, situé à proximité, est très peuplé. Une liaison ferroviaire entre Bruxelles et l'aéroport a été approuvée. Elle passera par la place Schumann. Après tout, les eurocrates constituent un groupe cible important, et nous ne les laisserons pas passer.
HF : Allez-vous également attirer des cargos ?
MB : Charleroi cherche à se profiler principalement vers les passagers, cargos Nous aimerions conserver Liège. Je ne dirais pas non si un important client cargo souhaitait s'y lancer. Liège, en revanche, offre tous les avantages pour traiter le fret aérien 24h/24.
Demander une formation
HF : Partout à l'aéroport, le personnel a fait de son mieux pour nous parler en néerlandais.
MB : La connaissance du néerlandais posait problème, mais elle s’est nettement améliorée. Même les syndicats réclament désormais des cours de langue. 40 % des employés ont entre 25 et 35 ans et sont très ouverts à une formation linguistique. 40 % des Belges qui partent d’ici sont Flamands, et environ 15 % de nos voyageurs sont Néerlandais. Nous souhaitons créer une Académie BSCA pour dispenser des formations. Après tout, il est essentiel de préparer une nouvelle génération de managers pour l’avenir proche.
![]() | Aéroport de Bruxelles Sud Charleroi, L'aéroport convivial. |
HF : Sortez-vous parfois de l’aéroport ?
MB : Nous entretenons de bonnes relations avec nos voisins. J'essaie de fréquenter régulièrement les restaurants et cafés du quartier, et les réactions sont toujours positives. Les Wallons sont des gens très chaleureux ; je m'y sens comme chez moi. Ils n'oublient pas non plus que cette région a connu un taux de chômage très élevé, et que l'aéroport offre des emplois attractifs aux jeunes.
Frans Van Humbeek
Photos : Paul Van Caesbroeck







