Tailwheel Meet EBGG

Overboelare, le 7 août 2016. C’est le second jour du désormais Tailwheel Meet annuel. La météo était favorable durant tout le week-end, mais la première partie de la sa semaine était outrageusement pluvieuse, raison pur laquelle la piste en gazon de cinq cents mètres était détrempée. L’amélioration très nette du temps deux ou trois jours avant l’événement a permis un certain assèchement de la majeure partie du terrain mais il subsistait de grands pans impraticables, car toujours sous eau. Cette situation défavorable a amené les organisateurs à édicter des conditions strictes de telle sorte que les plus lourds parmi les appareils de tourisme ou ceux avec des plus petites roues sans pneus « ballon » ne se sont pas posés à Overboelare. Malgré tout, peu de participants on fait défaut en remplaçant l’atterrissage par plusieurs passages à basse altitude.

Tout bien considéré, le Tailwheel Meet 2016 était aussi réussi que les précédents, malgré l’adversité de la météo plus tôt dans la semaine. Le temps était donc beau et ensoleillé le samedi autant que le dimanche et le public, venu nombreux, n’a pas été déçu, car il y avait du spectacle et de l’animation quasi en permanence.

Les organisateurs ont pu compter sur les régionaux de l’acrobatie, à savoir Luk Coesens et Peter Van Israël et leurs Pitts qui ont fait plus d’une démonstration bien rythmée en duo et en solo. Le parrain de l’événement 2016, Frank De Meyer, et son acolyte Maxim Schelfout, ont bien occupé le ciel sans désemparer avec leurs SV4E aux marquages « Feel the sky ».

Les amis de toujours du Tailwheel Meet, Aelaerts père et fils, sont venus montrer leurs Super Cub au camouflage de l’aviation légère de l’armée et, cette fois encore, Mario (le fils) n’a pas failli à montrer tout ce qu’un bon pilote peut accomplir avec une « trottinette » telle que le Piper Cub; comme quoi, ce n’est pas parce qu’on est ancien pilote de Mirage qu’on dédaigne les trapanelles !

Le champion de la restauration des avions anciens en Belgique, Raymond Cuypers, a également fait voler son SV4b OO-WIL/V42 à de nombreuses reprises et a rejoint son fils Tim pour compléter une formation de Piper Cub venus d’Anvers jusqu’à Grammont.

Il est aussi un rituel annuel du Tailwheel Meet qui consiste à réserver une surprise qui séduit les amateurs d’aviation les plus aguerris et, par conséquent également le grand public. Cette année, la surprise sortait vraiment des sentiers battus, dans la mesure où la branche néerlandaise du VGC (Vintage Glider Club) international avait amené trois planeurs anciens : un biplace côte à côte Slingsby T.21C britannique, un autre planeur biplace, à savoir un superbe Bocian (cigogne) polonais et un  ESG29 Schulgleiter, c’est-à-dire un planeur-poutre des débuts (on peut même dire de l’antiquité) du vol à voile, construit en 1946 et qui a été treuillé en l’air à plusieurs reprises pour effectuer une étonnante démonstration en vol du « planeur minimum », ce que l’on ne voit plus depuis belle lurette (pour ce qui me concerne, les seule que j’ai jamais vue était en 1957).

Les amateurs d’aviation ont donc, malgré les contretemps dus à la météo, été comblés et, le plus important, le public venu aussi nombreux que les années précédentes, était visiblement ravi. Les organisateurs et les chevilles ouvrières du Tailwheel Meet 2016 méritent un vibrant proficiat !

Jean-Pierre Decock

  • Le Stampe SV4E de Frank De Meyer, parrain du Tailwheel Meet 2016, part à l’assaut du ciel sous la bannière appropriée « Feel the sky » apposée sur le flanc de l’avion.

     

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  • Frank De Meyer, parrain de l’événement de 2016, à bord de son SV4E immatriculé OO-KAT.

     

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  • Complice et associé de F. De Meyer, Maxim Schelfhout aux commandes de son SV4E immatriculé OO-SVT.

     

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  • A peine après avoir décollé, Luk Coesens bascule son Pitts S2C pour le mettre sur le dos.

     

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  • Première visite à Grammont du Piper PA-19 Super Cub (immatriculé N45458 aux USA) avec Mme Dereymaeker aux commandes et notre confrère Laurent Cuvelier dans le siège arrière.

     

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  • Raymond Cuypers, manager des ateliers réputés « Raymond’s Aircraft Restoration » de Deurne, au taxi à bord de son SV4b OO-WIL (ex-V42 de la Force Aérienne) avec lequel il effectua de nombreux vols le dimanche.

     

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  • Venu de Zoersel pour quelques passages seul ou en formation avec l’OO-WIL, le Stampe (SNCAN) immatriculé D-EEDW était probablement piloté par Lieven Lavaert.

     

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  • La formation en file indienne des Piper Cub anversois : en tête le D-EKQD suivi de l’OO-TIM et de l’OO-LGB/OL-L49 pilotés respectivement par Jan Mangelschots, Tim Cuypers (le fils de Raymond) et Mario Aelaerts.

     

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  • Passage à basse altitude du Piper L-18C Cub piloté par Tim Cuypers.

     

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  • Surprise non prévue, le passage du Yak 52 immatriculé SP-YAM en Pologne. Cet appareil école de début de conception soviétique montre bien son train d’atterrissage rétractable, mais non escamotable, ce qui permet de réduite les dégâts quasiment à zéro en cas d’atterrissage sur le ventre.

     

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  • Un autre visiteur inopiné était l’hélicoptère Robinson R44 (OO-KNM) quadriplace.

     

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  • Pol Aelaerts (le père, à gauche) et Mario Aelaerts (le fils, à droite) que l’on peut qualifier de « The flying family » participent de façon indéfectible au Tailwheel Meet depuis une dizaine d’années; le moyeu de l’hélice du Piper L-18C Cub (OL-L49/OO-LGB) s’est vu appliquer une décalcomanie de l’emblème de l’école de pilotage de l’aviation légère de l’armée établie autrefois à Brasschaat.

     

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  • Les talentueux acrobates avec leurs petits biplans Pitts qui divertirent à de nombreuses reprises le public du Tailwheel Meet : à gauche, le G-INDI piloté par Luk Coesens et, à droite, l’OO-PVI piloté par Peter Van Israël.

     

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  • Lancer au treuil du Schulgleiter (planeur école) dont la conception date de 1922 ou 1923 en Allemagne et qui est due aux ingénieurs Edmund Schneider et Alexander Lippisch. Il ne reste que deux ESG29 en état de vol au monde, dont celui-ci immatriculé PH 118 aux Pays-Bas et mis en vol par un pilote du VGC (Vintage Glider Club) basé à Gilze-Rijen près de Breda.

     

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  • Treuillé jusqu’à une altitude de 350 à 400 mètres et aux mains d’un bon pilote, l’ESG29 Schulgleiter peut accomplir un large tour de piste : la photo le montre en courte finale et illustre bien la notion de « planeur-poutre », en fait un engin volant minimum voulu comme tel par ses concepteurs, c’est à dire facile à construire, à transporter, à mettre en service… et à réparer, car il y avait fréquemment de la casse chez les apprentis vélivoles.

     

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  • Le pilote tient « la plume » de son planeur alors qu’il est remorqué vers le tarmac. On voit bien le montant oblique partant du nez de la machine pour former un V avec le montant arrière, lequel est l’élément portant de la structure de l’engin. Cette poutre placée devant et à proximité du pilote lui valut le surnom de « Schädelspalter » (littéralement pourfendeur de crâne), conséquence possible d’un accident lorsque le planeur piquait vers le sol. C’est à cause de cela qu’Alexander Lippisch se remit à la planche à dessin et conçut le Zögling et le Prüfling. Cependant, aucun des ESG29 ne fendit jamais le crâne d’aucun pilote, même des plus téméraires !

     

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  • Remise du trophée et du diplôme souvenir au parrain 2016 du Tailwheel Meet Frank De Meyer par Tom Geeroms du VZP (Vlaams Zweefvliegcentrum Phoenix) et Kris De Schrijver (au centre), organisateurs de l’événement.

     

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  • Le parrain exhibant le trophée à l’effigie du Manneken Pis et le diplôme souvenir qui viennent de lui être remis.

     

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Jean-Pierre Decock

Jean-Pierre Decock

Brevet B de vol à voile en 1958. Pilote privé avion en 1970. Totalise 600 heures de vol dont 70 d’acro. Un œil droit insuffisant empêche toute carrière dans l’aviation. (Co-)Auteur et traducteur de 41 ouvrages d’aviation publiés en 4 langues depuis 1978. Compétences: histoire, technique et pilotage (aviation civile, militaire ou sportive).

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