À l'angle des rues Grote Haart et Kleine Haart et de la Kapelstraat, à Hamont-Achel, se dresse la chapelle De Haart, également connue sous le nom de chapelle Notre-Dame-des-Armes. Elle a été construite en 1952 par les habitants du hameau en remerciement d'avoir été épargnés par les bombardements et les crashs d'avions pendant la Seconde Guerre mondiale, malgré la chute de plusieurs bombardiers britanniques dans le secteur. La chapelle et ses abords ont fait l'objet d'une rénovation complète en 2021. Des plaques commémoratives y ont été apposées en hommage aux membres d'équipage de deux de ces bombardiers tombés au combat. Une commémoration annuelle y est organisée par le Comité commémoratif de la RAF de Hamont-Achel.
La première plaque a été installée en septembre 1983 et commémore les victimes du crash du Lancaster III ED488 VN-M du 50e Escadron. Trois membres d'équipage survivants ont assisté à l'inauguration.
Le soir du 2 février 1943, 61 bombardiers de la RAF furent envoyés à Cologne. À la base aérienne de Skellingthorpe, les équipages de Lancaster du 50e Escadron se préparaient à l'attaque. À 18 h 26 précises, le Lancaster VN-M (ED488) prit également son envol.
À bord du Lancaster VN-M du lieutenant d'aviation « Al » Power, l'opérateur radio, le sergent Victor Mitchell, reçut un message l'informant qu'un chasseur de nuit ennemi approchait. Peu après, l'appareil fut touché. Le mitrailleur de queue, le lieutenant d'aviation J.M. Bousfield, qui remplaçait cette nuit-là le mitrailleur de queue initial de cet équipage, et son collègue en tourelle, le sergent S. Beadon, périrent sous les projectiles meurtriers. Le commandant donna l'ordre d'abandonner l'appareil. Le sergent « Nobby » Clark (mécanicien de bord), le lieutenant d'aviation Tom Church (navigateur), le sergent Victor Mitchell et le viseur de bombardiers, le sergent R. Holland, après avoir enfilé leurs parachutes, plongèrent immédiatement dans les limbes. Finalement, le lieutenant d'aviation Al Power abandonna également son Lancaster au-dessus de Hamont. Son appareil, en flammes, s'écrasa trois kilomètres plus loin dans le marais des « Papeboskes ». Il était 21 h 15.
Le lendemain matin, les équipes de sauvetage n'ont trouvé aucune trace des malheureux tireurs dans les débris éclaboussés entre Teutenstraat et Kleine Haart. Les débris les plus lourds, ainsi que les restes, avaient probablement déjà été aspirés par la boue marécageuse. Pompage de l'eau du marais s'avère impossible, rendant toute récupération complète impossible.
Près du hameau de Mulk, le corps sans vie d'un aviateur fut retrouvé. Son identité fut confirmée grâce à son gilet pare-balles. Il s'agissait d'Al Power. Un parachute partiellement déployé gisait à côté de lui. Le pilote dévoué, dernier survivant, avait sauté trop tard, ce qui lui fut fatal. Il fut inhumé au « Feindfriedhof » (cimetière de la Fondation) de l'aérodrome de Brustem, mais après la guerre, toutes les tombes du Commonwealth de Brustem furent transférées au cimetière militaire d'Heverlee.
Le sergent R. Holland et le lieutenant Tom Church sont bientôt capturés. « Nobby » Clark cherche à entrer en contact avec la population locale. Avec eux, il décide de se rendre aux occupants allemands. Victor Mitchell est recueilli par un prêtre âgé, probablement au nord de la frontière. Mais lui aussi se rend à la police néerlandaise.
Les noms du sergent Beadon et du lieutenant d'aviation Bousfield sont gravés sur les colonnes du mémorial de Runnymede, sur les rives de la Tamise. Ils y sont commémorés aux côtés des 20 454 autres aviateurs du Commonwealth sans sépulture connue.
Tom Church, Norman Clark et Victor Mitchel sont retournés aux Papeboskes le lundi 12 septembre 1983. Ils ont dévoilé une plaque portant les noms de leurs trois camarades tombés au combat. À l'intérieur de la chapelle, un coin commémore les trois victimes de cet accident. Aujourd'hui, chaque passant se souvient de la tragédie qui s'est déroulée là cette nuit de février.
Plus d'informations sur ce Lancaster et son équipage peuvent être trouvées sur ce lien :
https://www.grevenbroekmuseum.be/nl/wo2/lancaster-ed488-vn-m
La deuxième plaque commémorative a été installée en juin 2009. Elle rend hommage à l'équipage du Wellington IC N2849 du 103e Escadron. Leur bombardier s'est écrasé dans la nuit du 16 au 17 juin 1941, à 700 mètres de l'emplacement actuel de la chapelle. Quatre Britanniques, un Canadien et un Sud-Africain ont perdu la vie ici, loin de chez eux. L'équipage était composé du capitaine d'aviation Dermot D.A. Kelly (pilote), du sergent John D. MacVivar RCAF (2e classe)e pilote), F/S Stephanus F. Marais (observateur), Sgt Leonard Beaumont (opérateur radio/mitrailleur), Sgt George Houghton (opérateur radio/mitrailleur) et Sgt William Connell (mitrailleur).
Le 16 juin 1941, entre 22h50 et 23h05, sept bombardiers Wellington du 103e Escadron décollent de Newton (Nottinghamshire, Angleterre). Leur mission est de bombarder les installations portuaires de Duisbourg, sur le Rhin. Après avoir largué leurs bombes, les Wellington doivent larguer des tracts au-dessus de Gladbeck et de Krefeld, en Allemagne. Au-dessus de Duisbourg, ils sont attaqués par la DCA et les chasseurs de nuit allemands. Au retour, le N2849 est intercepté et touché par un Bf 110 du lieutenant Reinhold Knacke du 2./NJG 1. Devenu incontrôlable, le N2849 s'écrase vers 2h25.
Le maire de Hamont-Achel, Theo Schuurmans (à gauche), et Maurice Dunster ont dévoilé la plaque commémorative de l'équipage du Wellington à 14 h 10, le 20 juin 2009, à Haart. Maurice était le neveu du sergent Len Beaumont, opérateur radio et artilleur de 21 ans.
Vous trouverez plus d'informations sur le Wellington et son équipage sur ce lien :
https://www.grevenbroekmuseum.be/nl/wo2/wellington-n2849













