Ballons et Ailes, l'aviation pour toute la famille

Cameron N-160 OO-BKT Baloise et à droite le Cameron Z-105 OO-BRS Ores.

Le Roeulx, le 30 juin 2019. La ville du Roeulx, dans le Hainaut, est surtout connue pour son magnifique château, propriété des princes de Croÿ depuis 1433. Malheureusement, le bâtiment n'est pas ouvert au public et les coûts d'entretien élevés pèsent lourd. Chaque année, une rencontre amicale de montgolfières a lieu au Roeulx, au nord-ouest de La Louvière. Après dix ans d'absence, Hangar Flying est revenu y jeter un œil.

« Des ballons et des Ailes », comme on l'appelle dans cette ville, est désormais un festival d'aviation très fréquenté et très apprécié par tous les âges. Il se déroule sur le terrain de football et sur plusieurs pelouses environnantes. L'après-midi, les organisateurs offrent aux enfants (et à leurs parents) un moment de maquillage, leur permettent de s'initier à l'aviation en fabriquant des cerfs-volants et gonflent des ballons.

Quatre clubs d'aéromodélisme ont animé cette année « Des ballons et des Ailes » et répondu aux questions d'un public très intéressé et diversifié. Ces clubs ont démontré que l'aéromodélisme reste un sport dynamique et attire de nombreux jeunes : Les Jardins du modélisme.www.jdm-nivelles.be), Les Accros du Servo (www.lesaccrosduservo.be), Royal Model Club Chaufour (www.mcchaufour.be) et le Model Club Havay (www.modelclubhavay.beUn jeune homme d'une quinzaine d'années m'a fait une première démonstration de son simulateur d'aéromodélisme sur PC. Je dois avouer que cela faisait longtemps que je n'avais pas assisté à une démonstration d'aéromodélisme (mea culpa), et ce que j'y ai vu m'a vraiment époustouflé, surtout en ce qui concerne les drones.

J'ai rencontré le sympathique Maximilien Pellichero, champion junior belge de courses de drones et passionné de son sport. Ce jeune homme discret a même participé aux China Drone Days. Ses parents sont extrêmement fiers de lui, et à juste titre. Il ne s'intéresse pas seulement au pilotage de drones, mais aussi à la maîtrise de la technologie qui les sous-tend. Maximilien : « J'ai seize ans maintenant, mais je suis impliqué depuis l'âge de sept ans. Un système de drone coûte environ 1 000 euros. Certaines pièces sont imprimées en 3D. En un peu plus d'une seconde, un tel appareil électrique atteint une vitesse de 100 km/h. Une batterie dure environ une minute et demie, soit à peu près le temps nécessaire à une course de drones. »

Philippe Van Hemelrijck, des Jardins du modélisme à Nivelles, présente son modèle réduit d'avion HOTT. Cet avion est également équipé d'une caméra qui envoie des images en temps réel au pilote.

Maximilien Pellichero (à droite) avec son entraîneur Dominique Butera.

Le B-Hunter du 80e Escadron de drones de Florennes : autonomie de vol 10 heures, masse maximale au décollage 727 kilos.

Beaucoup de monde au stand de fabrication de cerfs-volants. Aspirants pilotes, l'avenir de l'aviation s'annonce prometteur.

Les drones miniatures sont équipés de caméras qui transmettent des images en temps réel (streaming en direct) au casque du pilote. La télécommande, le drone et les lunettes sont tous reliés par radio, et les signaux doivent être transmis rapidement et de manière fiable pour permettre un contrôle précis. Les drones de course sont conçus différemment des drones photographiques. Alors que les drones de course privilégient la vitesse, les drones photographiques privilégient le vol stationnaire ou le déplacement vertical.

Maximilien m'a fait découvrir brièvement la course de drones. On m'a donné des lunettes réglées sur la même fréquence que les siennes. J'ai dû m'asseoir sur une chaise pour ne pas être désorienté, et les images sont vraiment spectaculaires. On se croirait dans un avion de voltige, mais encore plus rapide et agile. Comment Maximilien parvient-il à effectuer un circuit parsemé d'obstacles sans faute en moins d'une minute ? C'est clairement un sport pour les génies de l'informatique aux temps de réaction élevés. Bravo Maximilien ! Bien sûr, des pilotes d'aéromodélisme plus traditionnels étaient également présents. Les avions à réaction étaient exclus en raison des contraintes du terrain.

Avant le départ des montgolfières, Stijn De Jaeghere (www.stijndejaeghere.com) a réalisé une prouesse acrobatique avec son Extra 330SC. Nous sommes toujours impressionnés par ses talents de pilote. L'événement a été suivi d'une présentation des Red Devils, les habitués de la compétition, et d'une superbe performance de Victors, le fêté de ses 100 ans.www.thevictors.beEn quinze ans d'existence, leurs présentations ont considérablement évolué ; ils constituent une véritable équipe de démonstration, dotée d'un programme attractif. Parmi les stands de rafraîchissements, le ministère de la Défense avait installé le drone B-Hunter (www.mil.be/nl/materiaal/b-hunter-uav).

Le directeur de vol Christophe Holvoet (au tableau) lors du briefing météo de Michael Bleret (au PC).

Premier départ de la journée, à 20h15. L'aérostier Geert Ivens (à droite dans la nacelle) était accompagné d'une charmante compagnie à bord de son Cameron Z-120 OO-BPC.

Décollage du Cameron Z-120 OO-BPC Spar.

Trois ballons décollent d'un terrain proche du terrain de football : le OO-BFW (avec publicité pour le groupe NRB), le OO-BKT (Baloise) et le OO-BFD (Hotton).

Le Libert L.3000+ OO-BFD. La publicité touristique en montgolfière reste très attractive. L'équipe marketing considère le caractère écologique du vol en montgolfière comme un atout majeur.

Parmi les aérostiers présents figurait François Schaut (82), un monument de l'histoire de l'aérostation belge. Il y a environ quarante-cinq ans, j'ai effectué mon premier vol en montgolfière avec lui. Aujourd'hui, il partageait la nacelle avec une autre figure emblématique de l'aérostation belge, Patrick Libert.www.ballonslibert.be, voir à ce sujet article de Jean-Pierre Decock (et les textes dans le prochain numéro d'août 2019). François Schaut vole habituellement avec son petit-fils, l'aérostier David Robberechts. On l'écoute avec enthousiasme lorsqu'il commence à parler de l'aérostier belge : « En 1954, j'ai obtenu ma licence aéronautique. J'ai aussi été le premier à piloter une montgolfière ici en Belgique. Ça s'est passé comme ça. » Le directeur Destrée de l'Autorité de l'Aviation Civile m'a annoncé qu'un aérostier britannique, Marc Westwood, volerait ici en Belgique le 13 septembre 1969. Il m'a demandé d'accompagner le Britannique. Le passager était un directeur marketing de Petrogas, l'organisateur du vol en montgolfière (voir aussi le Banque de données et film sur le volEn fait, on aurait pu faire voler des montgolfières ici en Belgique pendant longtemps, mais le 25 mai 1937, une catastrophe s'est produite à l'aérodrome de Zellik. Alors qu'August Piccard et Max Cosyns gonflaient la montgolfière OO-BFH, l'enveloppe a pris feu, et les photos spectaculaires de la montgolfière en feu ont longtemps effrayé le public. Cependant, personne n'a été blessé. Mon père était aéronaute à la caserne des montgolfières de Zellik. J'ai beaucoup appris de lui.

Place au briefing avec le directeur de vol Christophe Holvoet, sous une tente au bord du terrain de football. Les montgolfières devaient s'envoler vers la gare de Charleroi-Central (CTR). Trois d'entre elles étaient équipées de transpondeurs (OO-BDW, OO-BPC et OO-BRS) afin de pouvoir naviguer en toute sécurité dans l'espace aérien de Charleroi avec les autres montgolfières, avec autorisation préalable et contact radio, bien sûr. La météo était idéale pour les vols en montgolfière, tant en termes de visibilité que de vitesse du vent. Vers 20h30, nous avons assisté au décollage des huit montgolfières. La foule était très enthousiaste, des applaudissements accompagnant chaque décollage. Les tribunes étaient bondées, et de nombreux adultes et enfants émerveillés se tenaient sur la pelouse pour regarder les montgolfières s'élever. Quelle ambiance ! Des percussionnistes africains ont entamé leur impressionnante performance après le dernier décollage d'une montgolfière Libert.

Combien d'années d'expertise en montgolfière sont réunies dans la nacelle du Libert L.2600 OO-BLI ? À gauche : Patrick Libert, à droite : François Schaut.

Départ du Libert L.2600 OO-BLI. Un ballon remarquable, une publicité idéale pour l'industrie des ballons Libert.

Cameron N-160 OO-BKT Baloise et à droite le Cameron Z-105 OO-BRS Ores.

Cameron Z-105 OO-BRS Quentris. La foule dans les tribunes a apprécié le spectacle.

A 20h55, le dernier ballon, le Libert L.3000+ OO-BDW Volkswagen D'Ieteren, est parti.

Ensuite, nous avons discuté un peu à une table près du terrain de football, en dégustant une bière locale, la Saint-Feuillien. C'était une journée merveilleuse au Roeulx.

Par ordre de départ :

OO-BPC, aérostier Geert Ivens, Cameron Z-120
OO-BFD, Vincent Demelenne, Libert L.3000+
OO-BLI, Patrick Libert, Libert L.2600
OO-BRS, Éric Lannoy Cameron Z-105
OO-BKT, Kurt De Zwaef, Cameron N-160
OO-BFW, Mathieu Decock, Cameron Z-160
OO-BAO, Patrick Simenons, Ultra Magic S-90
OO-BDW, Gauthier Hayt, Libert L.3000+

(Types de ballons sources : www.ballonregister.be/detail_balloon.php?Ballon=OO-BSD%202 )

Merci à l'office de tourisme du Rœulx (www.leroeulx.be).

Texte et photos : Frans Van Humbeek

Photo de Frans Van Humbeek

Frans Van Humbeek

Frans est rédacteur en chef de Hangar Flying. Journaliste aéronautique indépendant, il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'aviation. Il s'efforce d'aborder presque toutes les facettes de l'aviation belge, mais sa passion réside principalement dans le patrimoine aéronautique et l'histoire des aérodromes belges. Au sein de la rédaction de Hangar Flying, il met également à jour www.aviationheritage.eu.