L'Aéroclub de Liège-Spa cherchait depuis un certain temps un terrain d'aviation adapté, privilégiant initialement un site à Ans, avant d'opter pour celui de Kiewit-Hasselt. L'aérodrome fut finalement construit et, du 14 au 19 juillet 1910, des démonstrations aériennes y furent données par Nicolas Kinet. Les installations furent alors modifiées et, du 23 octobre au 1er novembre, la Semaine d'aviation de Liège-Ans s'y tint. En juin 1911, le Circuit Européen d'Aviation fit escale à Ans. Une école de pilotage fut également créée à Ans la même année, mais l'instructeur, le Français Léon Parisot, fut tué le 29 juin 1913 lors d'une démonstration aérienne près de Visé. En 1912, l'armée vint également à Ans avec des ballons d'observation et plusieurs avions. Ils revinrent en 1913 : pendant plusieurs mois, des avions militaires assurèrent une présence permanente à Ans. Lorsque les avions des hangars durent céder la place à l'artillerie, la situation s'avéra intenable et les avions furent retirés d'Ans. Apparemment, l'aviation militaire allemande utilisa l'aérodrome en août 1914. En 1919, des avions militaires britanniques firent régulièrement escale à Ans en provenance ou à destination de l'Allemagne. Deux escadrilles militaires belges y étaient également basées à cette époque. En septembre 1919, un pilote français, Eugène Renaux, pilota un Farman pour des vols inauguraux et des vols touristiques. Par la suite, le site tomba en désuétude et ce n'est qu'en 1930 que toute activité reprit. Dans le cadre de l'Exposition universelle de Liège, le besoin d'un aéroport pour accueillir les visiteurs étrangers se fit sentir. Les travaux commencèrent en janvier 1930 et, en avril, le ministre des Transports, Lippens, posa la première pierre officielle. L'inauguration, prévue pour le 1er juin 1930, eut finalement lieu le 15 septembre 1930. La Sabena assurait deux lignes aériennes régulières (Ostende-Le Zoute-Anvers-Ans et Ostende-Bruxelles-Ans), mais le lendemain de l'ouverture officielle, elle annonça sa fermeture faute de passagers. L'utilisation d'Ans fut donc finalement limitée aux clubs d'aérodrome et de vol à voile. Dès 1931, on découvrit que le sous-sol (exploitation minière) posait des problèmes aux bâtiments de l'aérodrome, et l'affaissement ne fit qu'empirer dans les années qui suivirent. Fin 1934, l'Autorité de l'Aviation Civile interdit l'utilisation de l'aérodrome pour les décollages et les atterrissages, et en 1935, l'ancien terrain fut vendu. Au début de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs avions allemands auraient effectué des atterrissages d'urgence ou en catastrophe sur le terrain. La rue du Champ d'Aviation fait référence à la brève existence d'un aérodrome à Ans. Pour cette courte histoire nous avons utilisé le livre 'Histoire du terrain d'aviation d'Ans' de Bernard Wilkin.
Photo d'archive de l'aéroport d'Ans, 7 mai 1933.



