Monument à l'équipage du Liberator IV TT336 6G-R 223 Sqn

Le 223e Escadron faisait partie du 100e Groupe de Bombardement. Ce groupe était composé de deux éléments : un groupe de chasseurs de nuit Mosquito, chargé de traquer les chasseurs de nuit allemands, et un groupe équipé de bombardiers quadrimoteurs, chargé de perturber les radars et le commandement des chasseurs de nuit allemands en perturbant les communications ou en semant la confusion en transmettant des instructions erronées par voie aérienne. Le 223e Escadron appartenait à cette dernière catégorie ; c'était la seule unité du 100e Groupe équipée de bombardiers américains B-17 et B-24. Deux opérateurs spéciaux furent ajoutés à l'équipage régulier pour manipuler l'équipement et perturber les communications radio.

Le 14 janvier 1945, le 223e Escadron appuya une mission de bombardement sur Grevenbroich, juste après Mönchengladbach. L'un d'eux était le Liberator VI TT336 6G-R. Au retour, le Liberator fut touché, peut-être par des tirs antiaériens alliés (comme le suggère le journal de bord de l'escadron), mais plus probablement par un chasseur de nuit ennemi, et prit feu. Le récit de ces quelques minutes à bord du Liberator en flammes est disponible dans le numéro d'été 2012 de « Confound and Destroy », le magazine de la RAF 100 Group Association.

L'avion s'est brisé en deux. L'un est tombé juste au sud du passage actuel de l'autoroute Anvers-Liège, à Meerhout, tandis que l'autre est tombé sept kilomètres plus loin, le long du canal Albert. Il y a eu trois survivants : le pilote d'aviation G. « Tim » Noseworthy, le navigateur Geoffrey R. Palmer (RAAF) et le mitrailleur de l'aile gauche, le sergent John Mellers. Tous trois ont été blessés, et Palmer a succombé à ses blessures le jour même. Les autres membres de l'équipage ont été tués : le sergent Arthur L. Evens, RCAF (R/185896) (copilote), le sergent Robert Hartop (1880568) (mécanicien de bord), le sous-lieutenant William A. Gray, RCAF (R/233012) (mitrailleur de tourelle dorsale), l'adj. John G. Galley, DFM (751913) (opérateur spécial), l'adj. Robert E. Ralph (934263) (opérateur spécial), le sous-lieutenant Frank A. Mason (143659) (mitrailleur de queue), le caporal George Trail (130716) (opérateur radio), le sous-lieutenant Donald K. Clark, RCAF (R/207938) (mitrailleur de droite). Tous, y compris le sous-lieutenant Palmer, sont enterrés au cimetière militaire de Leopoldsburg, dans le CWGC.

Un mémorial a été érigé en hommage à cette équipe dans l'allée de la Taverne de Kronkeling à Meerhout. Ce qui est remarquable, c'est qu'il a été réalisé à partir d'une ancienne pierre tombale, probablement issue du cimetière de Schaerbeek. Roger Mees, de la Société historique du patrimoine de Meerhout, nous a appris que la pierre tombale avait été découverte par Louis Juchtmans au cimetière de Schaerbeek. La statue, une femme en deuil près d'une hélice d'avion, a été conçue par César Battaille lui-même. Le père de celui qui l'a découverte a d'ailleurs travaillé pour Battaille pendant un an.

César Battaille est né en 1882 à Basècle (Hainaut), fils d'un industriel. En 1910, il commença la construction d'un triplan. Son premier vol eut lieu le 19 août 1911. Son appareil est aujourd'hui exposé au Musée de l'Air de Bruxelles. Battaille était non seulement un technicien, mais aussi un artiste talentueux. Il a conçu non seulement cette pierre tombale, mais aussi le monument aux aviateurs belges au cimetière d'honneur d'Evere, le buste d'Edmond Thieffry à Etterbeek, et bien d'autres.

Les suggestions selon lesquelles cette ancienne pierre tombale se trouvait à l'origine sur la tombe du S/Lt Charles de Munck (décédé à Schaerbeek le 31 mai 1952) ou sur la tombe de Maurice « Teddy » Franchomme (décédé le 19 juin 1976) semblent peu probables car leurs tombes existent toujours (voir les descriptions séparées dans la base de données).

Georges Lecomte a suggéré Gaston Boel comme possibilité. Il est décédé accidentellement le 7 août 1918, aux commandes d'un Sopwith Camel. Il a été inhumé le 9 août 1918 au cimetière « Duinhoek » de La Panne. Sa mère, Valérie Boel, qui résidait à Schaerbeek, a fait transférer sa dépouille en 1924 dans l'ancien cimetière de l'église Sainte-Suzanne de Schaerbeek. Le cimetière a été fermé vers 1970, et sa dépouille a été transférée au cimetière de Schaerbeek. Il y repose aujourd'hui dans le caveau d'honneur, sous une simple croix funéraire (voir description séparée dans la base de données). Il est possible que sa pierre tombale se trouve aujourd'hui à Meerhout, mais pour l'instant, ce n'est qu'une supposition.

Images : © Steven Volckaerts, 06/01/2007 | © Steven Volckaerts, 06/01/2007
Date de l'événement :
14/01/1945
Date d'inscription :
07/01/2007
Localisation:
Monument à l'équipage du Liberator IV TT336 6G-R 223 Sqn
Adresse:
Taverne De Kronkeling, Genelaar 22, Meerhout
Longitude:
5°04'52.9″E
Latitude:
51°07'03.2″N

COMMENTAIRES