Le 13 février 1955, le DC-6 OO-SDB quitta l'aéroport national de Melsbroek à destination de Léopoldville, au Congo, avec des escales prévues à Rome-Ciampino (Italie) et Kano (Nigéria). Les 21 passagers et les huit membres d'équipage n'atteindront jamais Rome. L'appareil de la Sabena s'écrasa ce jour-là près de Rieti, à environ 100 kilomètres au nord-est de Rome.
Le Douglas avait entamé son approche vers Rome-Ciampino. Un vent d'ouest exceptionnellement fort avait brusquement dévié l'« ODB » de sa route. Il neigeait et il faisait un froid glacial. Ignorant sa position erronée, l'équipage s'est écrasé sur une crête près du mont Terminillo, dans les Apennins, l'un des plus hauts massifs d'Italie. Aucun des occupants n'a survécu à l'impact.
Peu après le silence radio, des recherches intensives ont été lancées, de la mer Tyrrhénienne à la mer Adriatique. En raison des mauvaises conditions météorologiques, les hautes montagnes étaient très difficiles à explorer. L'épave n'a été localisée que huit jours après l'accident. Récupérer les corps fut un véritable calvaire. La population locale n'a pas oublié cette opération de sauvetage.
Hangar Flying Nous n'avons pas seulement étudié les archives relatives à l'accident du OO-SDB. Nous avons été chaleureusement accueillis en Belgique et en Italie par des témoins privilégiés et des proches des victimes. Certains préféraient oublier ces jours terribles, et nous le comprenions parfaitement. D'autres, en revanche, étaient heureux de raconter leur histoire.
Dès 2004, notre collègue Christian Deglas s'est rendu dans la région où l'accident s'était produit. En compagnie de Hangar Flying En 2009, une enquête approfondie a été ouverte sur les circonstances de l'accident. Frans et Paul se sont rendus sur les lieux du crash et ont rencontré l'ancien journaliste Antonio Cipolloni. Ce dernier avait couvert les opérations de recherche et la récupération des corps des victimes en 1955. Son souhait d'ériger un monument à la mémoire des victimes sur le lieu de l'accident a été exaucé en 2010.
En Belgique, de nombreux proches des victimes ont été contactés, et il a été décidé assez rapidement d'organiser un important voyage sur les lieux de l'accident du jeudi 3 juin au lundi 7 juin 2010. Hangar Flying étaient déjà présents quelques jours auparavant, en compagnie de Christian Deglas, pour veiller au bon déroulement des derniers préparatifs.
Pour certains membres des familles des victimes, le voyage que nous avions organisé en Italie était leur premier voyage à l'étranger depuis près de vingt ans, ce qui témoignait de son importance à leurs yeux. Notre délégation de trente personnes comprenait des proches des membres d'équipage et des passagers. Ses membres venaient de divers pays : Belgique, Congo, Égypte, France, Italie et même Corée. Si les difficultés linguistiques en Belgique ont relégué au second plan les problèmes économiques, la communication au sein du groupe s'est parfaitement déroulée. Les familles étaient accompagnées d'une équipe de… Hangar Flying et notamment par un représentant des Vieilles Tiges (le lieutenant-général Michel Mandl), de la Direction générale de l'aviation (le directeur des licences Johan De Cock) et de l'aéroclub de Sabena (Peter Kirschen). Heureusement, notre traductrice Christiane Van Der Haegen et son compagnon, spécialiste de l'Italie, Jacques Boterman, étaient toujours à proximité.
Outre les proches parents, une représentante de l'Association internationale des femmes catholiques (AFI) était également présente. Yvonne Poncelet, alors présidente de cette organisation laïque, était l'une des victimes du vol SN503. Après l'accident, la famille Poncelet avait déjà érigé une petite pierre commémorative sur le lieu de l'accident. Lors de notre première visite, elle était déjà gravement endommagée. Un membre de la délégation belge de l'AFI avait parlé à Poncelet dix-huit jours avant sa mort. Yvonne Poncelet s'était rendue auprès du Pape pour rendre compte des activités de l'AFI. Cette organisation laïque existe toujours et a son siège à Bruxelles. Ses membres sont actifs dans 28 pays.
Lors de notre enquête, Antonio Cipolloni avait déjà mobilisé une importante équipe en Italie. Ériger un monument à flanc de montagne à 1 650 mètres d'altitude n'était pas une mince affaire. Le gouvernement provincial de Rieti et les maires de Rieti et de Cantalice ont soutenu ce projet. Des fondations en béton ont dû être coulées à flanc de montagne. Il a donc fallu transporter des tas de pierres, du ciment et du fer. Le mode de transport des pièces les plus lourdes reste un secret bien gardé. Les matériaux de construction les plus petits ont été transportés dans de lourds sacs à dos par des motocyclistes. Les pierres angulaires proviennent de quatre monastères franciscains de la région de Cantalice. La plaque de cuivre portant les noms des passagers et des membres de l'équipage a été réalisée à Cantalice : une véritable œuvre d'art.
Le monument est chargé de symbolisme. Alpinistes et randonneurs empruntent souvent des sentiers balisés par des amas de pierres. Ce monument de pierre, lui aussi, se veut un phare pour les randonneurs. Il indique la voie à suivre pour échapper à la montagne, une voie de fuite que l'OO-SDB n'a pas réussi à découvrir. Une plaque de métal repose sur le monument. Extrêmement robuste, elle résiste à la pression de la neige qui tombe de sa pente, protégeant ainsi le petit monument restauré de Poncelet.
Le pilote Peter Kirschen, de l'aéroclub Sabena, avait piloté le Piper PA-28 Archer OO-SAG jusqu'à Rieti. Marc Stolz, fils du commandant du DC-6 décédé, était également à bord.
Le samedi 5 juin 2010 au soir, une messe a été célébrée en l'honneur des victimes à la cathédrale Santa Maria Assunta de Rieti. Le plus beau jour fut, bien sûr, le dimanche 6 juin 2010. Hangar Flying Pour les familles et les amis, ce fut une journée inoubliable. Le temps était magnifique lorsque la délégation arriva à Cantalice. De là, nous avons suivi la route jusqu'au monument, à l'endroit précis, dans les montagnes, où l'épave et les passagers avaient été retrouvés. Ce fut un voyage chargé d'émotion, car nous avons emprunté exactement le même chemin que les sauveteurs en 1955. Au début, la rue était encore asphaltée. Elle fut inaugurée par le maire et les personnalités sous le nom de « Via Marcella Mariani », en hommage à la défunte Miss Italie et à toutes les victimes de la catastrophe du Sabena. Au monument, nous avons écouté l'intervention de Johan De Cock, directeur des licences à la Direction générale de l'aviation civile belge. Dans un italien impeccable, M. De Cock a salué la coopération entre les autorités italiennes et belges, tant lors des opérations de sauvetage que lors de l'enquête qui a suivi. Il a souligné que le monument n'avait pas été érigé à cet endroit sur ordre des autorités officielles. L'initiative est née de bénévoles qui se sentaient encore liés aux passagers disparus et aux événements de 1955. Ce monument a été créé au cœur de Rieti et de Cantalice.
Parmi les personnes présentes figuraient plusieurs habitants de Cantalice et des environs qui avaient participé aux opérations de sauvetage. Ce furent des moments très émouvants, là-haut sur la Costa dei Cavalli, pour les familles et nos amis italiens. Des fleurs ont été déposées devant le nouveau monument et la petite pierre commémorative d'Yvonne Poncelet. Marc Stolz a déposé une magnifique composition florale au nom des Sabena Old Timers. Alors que tous les invités se tenaient à l'emplacement du monument, Peter Kirschen a survolé le monument à plusieurs reprises à bord du Piper Archer OO-SAG, peint aux couleurs de Sabena. Beauté et tragédie se sont parfaitement combinées ici, à flanc de montagne. Christian Deglas a lu les noms des défunts en hommage. Le représentant de l'ambassade de Belgique a remercié les Italiens pour cette initiative. Ici, des amitiés italo-belges se sont forgées, une amitié qui ne se détruira jamais. Après un magnifique solo de trompette, nous avons lentement quitté ce lieu merveilleux au cœur des montagnes. Beauté pure et tragédie cohabitent ici.
Près du refuge « Rifugio Castiglioni », nous avons eu droit à un délicieux repas en plein air, accompagné de vin de campagne italien et d'eau de source fraîche. Des personnes qui ne parlaient pas la même langue sont devenues ici les meilleures amies du monde. De nombreuses conversations avec les proches des victimes resteront gravées dans ma mémoire. L'un d'eux m'a confié : « Mon père était actif au Congo depuis 1920. Après ses premières années de pionnier, il avait bâti une carrière de notaire et d'avocat. Il est rentré au Congo par le vol Sabena 503. Il avait toujours des photos de sa famille dans sa serviette. Il n'était pas homme à mourir sur un lit de malade. Il a trouvé la paix dans la beauté de la Costa dei Cavalli, j'en suis certain. » Les familles et les soignants ont manifestement pu tourner la page.
Nous remercions le personnel qui a contribué à ces recherches et à la construction du monument. Il était impossible de citer tous les noms de cette liste, et nous nous en excusons par avance.
Agostini Giorgio, Musée archéologique et bibliothèque de Rieti, Battisti Giuseppe, Ambassade de Belgique à Rome, Belgocontrol (Paul Reggie), Cipolloni Antonio, De Cock Johan (Direction générale de l'aviation civile), Deglas Christian, Desideri Fabio, Durinckx Frank (Direction générale de l'aviation civile), Emili Giuseppe, Familles et amis des membres d'équipage et passagers décédés, Fiordeponti Francesco, Conseil municipal de Grimbergen, Gentilini Luigi, Kirschen Peter, Land Rover, Mandl Michel (Président des Vieilles Tiges de Belgique), Marchioni Felice, Maurizio Billi (ENAV), Melilli Fabio, Millesimi Arnaldo, Mirigliani Patrizia, Patacchiola Fabio, Patacchiola Paolo, prêtres de Cantalice et Rieti, Pulcini Ivo, Ratti Pietro, Sabena Aeroclub (président De Ost Pieter, Fauconnier Luc et Robberecht Jean-François), Sabena Old Timers (Cammaerts Renilde et Stockmans Danny), Scacchi Domenico, Silvestrino Prosperi, Tavani Antonio, Van Der Haegen Christiane – Boterman Jacques, Vanden Eynde Luc. Toutes mes excuses à tous ces amis italiens très sympathiques que j'ai oublié de mentionner dans cette liste.
Cantalice est un magnifique village italien adossé à une montagne. Rieti est une petite ville au charme rural. Le tourisme de masse n'a pas encore envahi cette région. Nous sommes ravis de rendre service à nos amis italiens en leur recommandant leur région. N'hésitez pas à nous contacter par e-mail pour toute information pratique concernant votre séjour, une promenade jusqu'au monument ou un vol pour l'aéroport de Rieti. Consultez les sites web suivants :
Pour un compte rendu complet du vol SN503 de Sabena, nous vous invitons à consulter le numéro spécial publié en 2009 de Hangar Flying
Les commandes ne peuvent plus être passées car ce numéro thématique est épuisé.
Des informations complémentaires peuvent être trouvées dans nos articles
Les photos montrent la croix en bois et la plaque commémorative déposées par la famille Sempels sur le lieu de la catastrophe, la croix en pierre de l'organisation des Femmes Catholiques Internationales (FCI) d'Yvonne Poncelet, et le monument érigé en 2010 en collaboration avec Hangar Flying a été fondée.
Informations sur l'exposition, 11 février 2017 :
Nous tenons à vous informer que la Saletta dei ricordi Marcella Mariani, en mémoire des victimes de la catastrophe du DC-6B Sabena du 13 février 1955 a été transférée de Cantalice à Monte Terminillo, à l'intérieur de la maison du Cinéma.
Sur ce lien vous trouverez toute la documentation :
Sincèrement vôtre,
Felice Marchioni
Concernant cette exposition voir aussi
Remerciements à Luk et Nele Labro (21 février 2017)




