Tombeau de Georges Jaspis DFC

Georges Louis Chrétien Frédéric « Poupa » Jaspis, né à Opprebais le 11 novembre 1916, décédé le 14 décembre 2007.

Georges Jaspis termina son service militaire en 1936 dans les unités de transmission, mais son intérêt pour l'aviation était fort. Il suivit donc des cours d'aviation civile à Bruxelles avant de commencer sa formation de pilote militaire. Le 1er septembre 1938, il commença sa formation à Wevelgem avec la 78e promotion d'élèves-pilotes. Ils reçurent leur brevet de pilote le 18 août 1939.

Le 10 mai 1940, il était stationné à Goetsenhoven avec le 5e Escadron, 3e Groupe, 1er Régiment d'Aviation (5/III/1), immatriculé « Hirondelle ». Leur aérodrome de dégagement était Jeneffe, non loin de celui de Bierset, parfois aussi appelé Horion Hozémont. Durant le vol vers cet aérodrome, il attaqua un avion ennemi, mais ses mitrailleuses furent inefficaces. Heureusement, les avions allemands ne ripostèrent pas. Les treize appareils du 5/III/1 étaient camouflés sous des arbres fruitiers et effectuèrent trois autres vols de reconnaissance ce jour-là. Cependant, ils furent attaqués à plusieurs reprises par l'aviation allemande les 10 et 11 mai. Le 11 mai, il ne leur restait que deux appareils en état de marche. Leur commandant décida de partir de sa propre initiative, abandonnant les deux appareils restants, ce qui lui valut plus tard une sanction de son supérieur. Pour Georges Jaspis et les hommes du 5/III/1, la guerre était terminée en moins de 48 heures. Ils partirent le soir pour Sint-Denijs-Westrem, où ils restèrent sans emploi jusqu'au 15 mai. Puis ils poursuivirent leur route vers Norrent-Fontes, en France, et le lendemain vers Tours, où ils restèrent jusqu'au 10 juin. Le 20 août, ils étaient de retour en Belgique et démobilisés. Georges Jaspis se retrouva ainsi sans emploi, mais fut mis à la disposition du ministère de l'Intérieur et de la Santé publique.

Le 9 mars 1942, il quitta Bruxelles, aidé par la ligne d'évasion Comète. Il voyagea avec Roger Verhulst de Comète, qui trouvait le sol bruxellois trop chaud. Ils traversèrent les Pyrénées ensemble le 12 mars et, le 22 avril, un hydravion les emmena de Lisbonne à Poole, en Grande-Bretagne.

Georges Jaspis s'engagea dans la Réserve Volontaire de la Royal Air Force en tant que pilote breveté. Après un court cours de remise à niveau à la 22e École de pilotage militaire, il rejoignit la 55e École d'aviation, où il pilota pour la première fois un chasseur moderne, le Hawker Hurricane. Le 22 juin 1943, il rejoignit le 609e Escadron, où de nombreux pilotes belges l'avaient déjà précédé. Il y pilota des Hawker Typhoon. Il y resta jusqu'au 12 avril 1944, puis, après un court repos, retourna du 7 juin au 2 décembre 1944.

Durant son passage au sein du 609 Squadron, il remporta quatre victoires homologuées : le 2 novembre 1943, un Bücker Bü 131 d'entraînement près de Paris (répertorié dans certaines sources comme un Bü 133, mais il s'agissait en fait du Bü 131 numéro de travail 0184 du 6./Schlachtgeschwader 101, basé à Orly ; les deux occupants furent tués), le 10 janvier 1944, un Junkers Ju 88 près de Melsbroek (la 100e victoire homologuée par des pilotes belges de la RAF), le 26 janvier 1944, un autre Ju 88, et enfin, le 29 février 1944, un Ju 188 partagé. Ce dernier fut abattu au-dessus du hameau de Nerm près de Hoegaarden, et en 1994, en présence de Georges Jaspis, un petit mémorial fut inauguré dans un chemin creux près du lieu du crash. Malheureusement, le mémorial a disparu depuis plusieurs années. Il a effectué 345 missions opérationnelles avec le 609e Escadron. Début 1945, il s'est reconverti sur multimoteurs, puis a rejoint le 187e Escadron, une unité du Commandement des Transports, où il a piloté des Douglas Dakota. Durant les quelques mois qu'il a passés à voler avec le 187e Escadron, il a visité de nombreux pays du Moyen-Orient, dont l'Inde. Le 30 avril 1945, il a reçu la Croix du service distingué dans l'Aviation.

Le 7 mars 1946, il fut démobilisé de la RAF, mais peu avant, le 26 janvier 1946, il avait déjà rejoint la Sabena, qui avait un besoin urgent de pilotes expérimentés pour relancer son réseau européen. L'une de ses premières missions fut de sélectionner plusieurs Dakotas dans l'inventaire militaire pour la Sabena. Il était le commandant de bord qui effectua le premier vol régulier officiel en DC-4 de Bruxelles à New York le 12 août 1946. Lors des troubles qui suivirent l'indépendance du Congo, Georges Jaspis était le commandant de bord du 707 de la Sabena qui évacua pas moins de 303 femmes et enfants de Léopoldville à Bruxelles le 17 juillet 1960. C'est également lui qui pilota le premier Boeing 747 de la Sabena des usines Boeing à Bruxelles le 26 novembre 1970. Après une carrière enrichissante de 27 000 heures de vol, Georges Jaspis prit sa retraite en 1973. Il décéda le 14 décembre 2007 et fut inhumé au cimetière d'Opprebais. Sa tombe se trouve à droite, à peu près au niveau du chœur.

Images: © Luc Vandeneynde
Date de l'événement :
14/12/2007
Date d'inscription :
23/05/2010
Localisation:
Tombeau de Georges Jaspis DFC
Adresse:
Cimetière, Église Saint-Aubain, coin rue du Moulin et 'Place' (nom de la rue), Opprebais, Incourt
Longitude:
4°47'44.0″E
Latitude:
50°40'54.2″N

COMMENTAIRES