Gertrude Maria Hubertina Moors, née à Dilsen le 16 septembre 1902, décédée le 31 mars 1945.
Gertrude Moors était la fille du meunier de Dilsen-Stokkem. Dès le printemps 1942, elle s'impliqua dans la dissimulation et l'assistance aux pilotes. Comme dans de nombreux autres endroits, la filière d'évasion commença par l'aide aux prisonniers de guerre français évadés, généralement introduits clandestinement aux Pays-Bas via ce pays. Mais l'accent se porta bientôt sur l'assistance aux pilotes pour les membres d'équipage débarqués en Allemagne ou aux Pays-Bas et bénéficiant d'une assistance pour traverser la frontière belgo-néerlandaise dans le Limbourg néerlandais. Ils étaient ensuite conduits au moulin de Dilsen, d'où Gertrude Moors les transporta via Tongres jusqu'à Liège en tramway. De là, ils furent pris en charge par le commissaire de police Louis Rademecker et mis en service sur le réseau Comète en direction de la France et de l'Espagne. Au total, Gertrude Moors aurait aidé une vingtaine de membres d'équipage.
Suite à l'infiltration du réseau par le collaborateur Jacques Désoubrie, plusieurs associés de Comète furent arrêtés à la mi-1943. Parmi eux, Gertrude Moors, incarcérée à la prison de Saint-Gilles le 18 juin 1943. Elle y fut condamnée à mort lors d'un procès-spectacle. Elle fut cependant transférée dans un camp en Allemagne. On pense qu'elle est décédée le 31 mars 1945, au camp de Ravensbrück, à l'âge de 42 ans. Dans son livre « De Doodstraf als Risico » (La peine de mort comme risque), consacré à l'aide aux pilotes dans le Limbourg belge, J. Bussels a publié quatorze lettres qu'elle avait écrites à sa famille depuis la prison.
Le 26 novembre 2019, une plaque commémorative a été posée à Dilsen-Stokkem pour rendre hommage à quatre victimes de guerre. Parmi elles, Gertrude Moors, qui a reçu une plaque commémorative dans le parc du château entourant l'hôtel de ville de Dilsen-Stokkem. On peut y voir le corps du moulin à vent qui lui servait de résidence. La date de décès indiquée sur la plaque est le 5 mai 1945, mais un document de 2012 du Service international de recherches (ITS) de Bad Arolsen, les archives les plus complètes sur les victimes du régime nazi, indique le 31 mars 1945.






