Après les combats sanglants entre les armées allemande et française en août 1914 près de Virton, de nombreux morts furent abandonnés dans la région, enterrés çà et là près de leurs lieux de mort. En février 1916, les forces d'occupation allemandes demandèrent à la municipalité de Virton de rassembler les soldats tombés au combat dans un ou plusieurs cimetières militaires. Trois furent finalement retenus : le cimetière de Bellevue et le cimetière allemand 154.e (au 154e Régiment d'infanterie allemand) et La Chamberlaine (et peut-être un quatrième nommé La Houblonnière). En 1920, un grand nombre de soldats français morts furent rapatriés dans leur pays d'origine à la demande de leurs familles. Les soldats restants furent rassemblés au cimetière de Bellevue. Ce cimetière franco-allemand abrite 300 tombes françaises et 330 tombes allemandes (quatre corps sont inhumés dans chaque tombe allemande). L'ossuaire français abrite 2 139 soldats inconnus et l'ossuaire allemand 306. 1 288 soldats allemands, 288 français, 28 autrichiens, 29 italiens et 17 russes y ont trouvé leur dernière demeure.
Deux soldats tombés au combat, issus des deux camps et dotés d'un passé aéronautique, reposent ici.
L'Oblt Frhr Hans-Karl von Wolfskeel-Reichenberg, né à Reichenberg le 27 mars 1892, était pilote au sein de la Jasta 34b. Cette unité de chasse était basée à Chenois, près de Virton, depuis le 22 novembre 1917. Le 19 février 1918, l'Oblt von Wolfskeel, l'Oblt Grein et le lieutenant Kithil décollèrent pour empêcher un avion d'observation adverse d'effectuer sa mission. Ils furent attaqués par six SPAD français, et l'Oblt von Wolfskeel fut abattu au-dessus du Mort-Homme (Verdun).
La victime française était le soldat René Trappier, né à Paris le 21 mars 1894 et décédé à l'hôpital de campagne 52B le 4 mars 1919, d'une « maladie contractée en service » (probablement la grippe espagnole). René Trappier est inhumé dans la tombe numéro 224. L'hôpital de campagne 52B était basé à Virton du 30 janvier au 24 avril 1919. Trappier appartenait aux deuxe Groupe d'Aviation, Parc Aéronautique 1, situé à Habay-la-Neuve, entre Arlon et Neufchâteau. Les forces aériennes allemandes y avaient déjà établi leur propre aérodrome et parc d'avions, que les Français utilisèrent de fin novembre 1918 jusqu'à la dissolution de l'unité le 19 mars 1919.
L'autre soldat français mentionné précédemment dans la base de données est le chasseur Laurent Fachus (tombe 153), né le 27 juillet 1896 à Plogastel-Saint-Germain (Bretagne) et décédé le 22 février 1919 d'une « maladie contractée en service ». Il appartenait cependant à l'Armée de terre française, la 2e Régiment de Chasseurs à Cheval, et n'a pas de liaison aérienne.



