Premier salon de formation des pilotes

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Gosselies, 21 et 22 mai 2016. Une initiative conjointe de deux écoles de pilotage voisines mais concurrentes, l'École de pilotage belge (BFS) (www.bfschool.aero) à la Nouvelle Académie aérienne CAG (www.newcag.be), le premier salon de formation de pilotes de ligne a été organisé à l'aéroport de Charleroi-Gosselies les 21 et 22 mai 2016. De nombreux jeunes, souvent accompagnés de leurs parents, ont eu l'occasion de découvrir les possibilités offertes par les deux écoles de Carolorégiën, mais aussi de trouver des réponses à toutes leurs questions en un seul lieu, de recevoir des explications claires et structurées sur le processus et le soutien pendant la formation de pilote de ligne, et de parler aux élèves, aux instructeurs et aux pilotes de ligne.

 

Le cockpit tout écran du Diamond DA-42 familiarise les élèves avec les cockpits tout écran des avions de ligne qu'ils piloteront un jour.

 

Alors que chacune des deux écoles organisait auparavant des journées d'information distinctes, leurs directions respectives ont, pour la première fois, décidé conjointement de ne plus organiser de journées portes ouvertes séparées, mais d'organiser un véritable salon professionnel. Après plusieurs années difficiles dues à la crise économique, les deux écoles de pilotage ont été restructurées grâce à de nouveaux partenaires et à des changements au sein de leurs équipes dirigeantes, motivés par le besoin prévisible de pilotes pour répondre à la croissance constante du secteur aéronautique.

 

Le trafic aérien augmente en moyenne de près de 5 % par an, et les constructeurs aéronautiques enregistrent des carnets de commandes record, avec des délais de livraison de plusieurs années et des cadences de production dépassant les cinquante appareils par mois, livrés respectivement par Airbus et Boeing ! Les restrictions budgétaires dans le secteur de la défense, dans la plupart des pays, ont tari l’une des sources de recrutement : le nombre de pilotes militaires disponibles pour le marché civil ne cesse de diminuer. Selon une étude de 2015, Boeing estimait que d’ici 2033, plus de 533 000 pilotes seraient nécessaires pour répondre à la croissance du trafic aérien mondial. Face à cette demande croissante de pilotes, en Belgique comme à l’étranger, les organisateurs ont proposé ce premier salon dédié à ce type de formation, afin d’aider les jeunes à faire le bon choix pour leur avenir professionnel grâce à une information complète.

 

Eric Verlie, directeur financier, et Philippe Blockmans, PDG, l'équipe de direction de BFS, devant l'un de leurs bimoteurs Diamond DA-42 Twin Star, ouvert au public.

 

Chez BFS, Eric Verlie, déjà impliqué dans l'exploitation de l'aérodrome privé de Saint-Ghislain, a permis à l'entreprise de se refinancer et de se recentrer sur son cœur de métier : l'école de pilotage. Philippe Blockmans, PDG de BFS, et Eric Verlie, directeur financier, ont piloté conjointement la relance de l'entreprise, qui a conservé l'acronyme BFS mais sous la forme d'une nouvelle société anonyme, Bluetail Flight School, sous la marque Belgian Flight School, devenue Belgian Flight School Evolution.

 

Chez New CAG, le décès du fondateur Berthy Graux il y a quelques mois a laissé un vide, heureusement rapidement comblé par l'arrivée de Denis Petitfrère, également impliqué dans le sauvetage de l'aérodrome de Saint-Hubert et chez EAPC (European Aircraft Private Club), qui possède deux monomoteurs turbopropulseurs Pilatus PC-12, avec un troisième en commande.

 

Synergies et renouvellement de la flotte

Les deux nouvelles équipes de direction, tout en respectant leurs spécificités respectives, ont identifié plusieurs axes de collaboration potentiels, évitant ainsi des doublons coûteux grâce à l'utilisation conjointe de certains services ou équipements spécifiques disponibles chez l'une mais pas chez l'autre. Au niveau du soutien technique, Aero Maintenance, filiale de BFS, assure la maintenance de certains appareils New CAG. Les deux écoles disposent de ce type d'appareil pour la formation sur bimoteur et utilisent conjointement le simulateur DA-42 de New CAG. Le renouvellement nécessaire de la flotte d'avions pour la formation initiale a conduit les deux parties à un choix commun. Les deux écoles ont annoncé la sélection du Sonaca 200 (deux commandes fermes et quatre options, disponibles à partir de fin 2017), un formidable coup de pouce pour le lancement de ce nouvel avion monomoteur belge, particulièrement adapté à la formation initiale, et un signe de confiance en l'avenir.

 

Le salon a permis aux deux écoles de Carolorégiën d'annoncer leur choix du Sonaca 200 pour la modernisation de leurs flottes d'entraînement au vol. BFS et New CAG ont chacune commandé quatre appareils de taille fixe, plus quatre options, soit potentiellement pas moins de 16 de ces nouveaux monomoteurs belges. L'OO-SON est un Sling 2, initialement développé par The Aeroplane Factory en Afrique du Sud, et sert au développement de la version belge améliorée ; cet appareil était l'une des vedettes de l'exposition statique.

 

Situées dans le même bâtiment S7 de l'ancien terminal de l'aéroport de Gosselies, les deux écoles présentaient leurs installations et équipements respectifs, ainsi que divers stands d'information sur les domaines de formation spécialisés. Outre les salles de briefing et les différentes salles de classe, les simulateurs de vol et les simulateurs de cockpit étaient accessibles au public. Sur le tarmac, devant le hangar de l'école de pilotage, tous les types d'aéronefs utilisés lors des différentes phases de la formation pratique étaient exposés.

 

La formation pour devenir pilote de ligne

Les cours sont accessibles dès l'âge de 17 ans. Un diplôme d'études secondaires (ou équivalent) et une bonne maîtrise de l'anglais sont requis. Un examen médical, sanctionné par un certificat médical EASA de classe 1, est également obligatoire. Avant l'inscription, les candidats passent les tests de sélection COMPASS, qui évaluent leurs compétences de base à travers six épreuves. Un soutien scolaire en mathématiques, en physique et en anglais est proposé aux candidats qui en ont besoin.

 

Le nouveau simulateur Alsim de CAG reproduit parfaitement l'environnement et les sensations de vol du bimoteur Diamond DA-42 Twin Star.

 

Après avoir réussi les tests de sélection et l'examen médical, l'élève peut commencer le cursus intégré, qui combine formation au sol et en vol. Au total, celui-ci comprend plus de 800 heures de cours théoriques et de briefings, et environ 240 heures de vol. Le détail des matières enseignées est disponible sur les deux sites web (www.bfschool.aero en www.newcag.beEn fonction de vos besoins, des cours et des séances d'information supplémentaires sur des sujets spécifiques peuvent être ajoutés : cours d'anglais OACI, préparation aux entretiens d'embauche dans les compagnies aériennes.

 

Les formations intégrées accompagnent les candidats tout au long du processus et leur permettent de terminer leur formation rapidement. Les formations modulaires leur offrent la possibilité d'étudier à leur propre rythme et d'étaler les coûts dans le temps.

 

Académie de l'air Nouveau CAG

L'origine de l'Air Academy New CAG (www.newcag.beL'histoire de cette école de pilotage remonte à sa fondation en 1976. Agréée ATO (organisme de formation agréé) selon les normes européennes, elle propose des formations de pilote de tous niveaux (du pilote privé au pilote de ligne) sur son site principal à l'aéroport de Charleroi-Gosselies, ainsi que des antennes à Anvers (cours en néerlandais à Meer) et, depuis 2013, à Saint-Hubert. Sa flotte se compose de Cessna monomoteurs de différents modèles (Diamond DA-40, Robin DR-400 et Aero AT-3) et de bimoteurs DA-42 TwinStar. La formation de pilote de ligne est dispensée par modules.

 

Le nouveau CAG utilise, entre autres, le Diamond DA-40D (F-GUVM c/n DA.139) pour l'entraînement au vol.

 

La formation débute par une formation de pilote privé (PPL), suivie du module théorique ATPL (formation au sol) d'une durée de 6 à 7 mois. Les licences professionnelles exigent une expérience minimale en tant que commandant de bord, acquise sur les appareils de l'école. Un module spécifique est consacré à la qualification de vol de nuit. La progression se poursuit par l'apprentissage du pilotage d'avions plus lourds, plus puissants et plus complexes, menant à la qualification de vol aux instruments (simulateur et avion) ​​et à la qualification multimoteur (MEP), aboutissant finalement à la licence de pilote professionnel (CPL). Le module de coordination d'équipage (MCC), basé sur un cours théorique et une formation pratique sur simulateur, prépare les élèves à voler en équipage sur un avion de ligne.

 

Denis Petitfrère, PDG de New CAG, devant un Pilatus PC-12 de son autre société aéronautique, EAPC, permettant à New CAG de proposer des qualifications de type pour cet appareil.

 

En matière de formation complémentaire, et grâce aux liens existants avec l'EAPC, l'Air Academy New CAG offre la possibilité d'obtenir la qualification de type Pilatus PC-12.

 

École de pilotage belge Evolution

Fondée en 1981, BFS (www.bfschool.aeroInitialement spécialisée dans la formation de pilotes privés, l'école de pilotage BFS s'est installée à Charleroi en 1983 après la fermeture de l'aérodrome de Grimbergen. En 2004, elle a obtenu la certification européenne ATO (Organisme de Formation Agréé) et a commencé à proposer des formations de pilotes de ligne. En 2008, BFS a rejoint le BFG (Belgian Flight Group), aux côtés de ses sociétés sœurs BFM (Belgian Flight Maintenance) et BFH (Belgian Flight Handling). Suite à une crise financière, le groupe a été placé sous administration judiciaire en 2013 et restructuré en 2014. L'activité de maintenance (BFM) est devenue Aeromaintenance, et les activités de manutention ont été reprises par BSCA en janvier 2016, qui a inauguré ses installations d'aviation d'affaires le 23 juin 2016. L'ensemble de la flotte a été transféré à NV Bluetail Flight School en octobre 2014, conservant le logo et les initiales BFS, ainsi que la marque Belgian Flight School, désormais accompagnée du mot « Évolution ».

 

« Bluetails » : une partie de la flotte BFS devant le hangar de l'école : Cessna 150 OO-CNA et OO-ROX, et à l'arrière-plan le bimoteur Piper Seneca OO-MLF.

 

La flotte se compose de plus de vingt avions d'entraînement : des Beech 77 Skipper monomoteurs, des Cessna 150, 172 et 182, un Piper PA-28 Archer, ainsi que des bimoteurs Piper Seneca et Diamond DA-42 Twin Star. Pour le renouvellement de sa flotte d'entraînement de base, BFS a opté pour le Sonaca 200 et a commandé huit appareils (quatre fixes et quatre en option). Concernant les simulateurs, outre ses deux ELITE FNPT II, ​​l'école a récemment mis en service un simulateur A320 pour la formation au vol en équipe (MCC). Les technologies les plus récentes sont utilisées aussi bien au sol (simulateurs, iPad, formation assistée par ordinateur [FAO]) qu'en vol. Outre le programme modulaire, BFS propose deux autres modalités d'apprentissage : le programme intégré, d'une durée d'environ deux ans, et, nouveauté de 2016, une formation combinant ATPL et licence en ingénierie aéronautique.

 

Combinaison avec un diplôme de licence

Une troisième formule a en effet été présentée en avant-première au Salon. En collaboration avec l'École Condorcet, il est désormais possible de combiner de manière intégrée une formation de pilote de ligne et une licence en ingénierie aéronautique. À partir de septembre 2016, l'Université provinciale de Hainaut – Condorcet (www.condorcet.beL'université et la BFS ont lancé conjointement un programme qui associe une formation de pilote de ligne à une licence en ingénierie aéronautique. Ce programme permet aux pilotes de devenir des techniciens et ingénieurs aéronautiques qualifiés. Leurs perspectives de carrière s'en trouvent élargies, et la complémentarité d'un diplôme d'études supérieures et d'une licence de pilote garantit également la possibilité de trouver un autre emploi dans l'aviation, par exemple en cas de problème de santé.

 

Récemment acquis par BFS, ce Diamond DA-42 Twin Star PH-DFD c/n 42.370 complète la flotte bimoteur et deviendra bientôt belge.

 

Le programme proposé se compose de quatre étapes. La première année du cursus est exclusivement consacrée à la phase initiale de la formation ATPL, comprenant neuf mois de cours théoriques. La deuxième étape permet aux étudiants de commencer le premier module du Bachelor à la HEPH – Condorcet et d'aborder la partie pratique (vols) de la formation de pilote. La formation de pilote (pratique) et les modules 2 et 3 du Bachelor en Ingénierie Aéronautique se poursuivent (avec un choix entre deux spécialisations : avionique et maintenance aéronautique). Le suivi simultané des deux programmes est possible grâce à l'allègement du Bachelor, qui valorise les connaissances acquises lors de la formation théorique ATPL. Il convient de noter que certains Bachelors de Condorcet sont dispensés en collaboration avec et sur le site du WAN (Réseau Wallonien de Formation Aéronautique).www.wan.be) à l'aéroport de Charleroi.

 

Modules supplémentaires

Outre les deux principaux acteurs de la formation des pilotes en Wallonie, le salon a bénéficié de la présence de plusieurs stands et de présentations professionnelles sur divers sujets.

 

Luc Blendeman, de la DGTA, a mis l'accent sur la sécurité et a développé le concept de « signalement des incidents ».

 

La Direction générale de l'aviation civile (DGLV) a mis l'accent sur la sécurité, et Luc Blendeman, chef de l'AAIU (Unité d'enquête sur les accidents d'aviation), une unité d'enquête sur la sécurité dont la mission comprend la prévention des accidents et des incidents, a souligné le « signalement des incidents », qui permet le partage d'expériences et donc la diffusion des causes potentielles des accidents, contribuant ainsi à réduire le risque d'occurrence.

 

Un stand permettait aux candidats de participer à des tests de sélection conçus pour minimiser les risques d'échec lors de leur formation et garantir qu'ils possèdent le niveau de connaissances théoriques et pratiques requis avant d'entamer le long et coûteux parcours de formation de pilote de ligne. Le contenu des différents programmes de formation était présenté en détail lors de séances d'information, qui abordaient la procédure d'inscription, le programme des cours, les différentes options de sortie et les perspectives d'évolution du secteur. Une visite de la salle de briefing permettait d'observer comment les pilotes préparent leurs vols, consultent les données météorologiques et les paramètres de l'appareil, et présentent leurs préparatifs à leurs instructeurs.

 

La soufflerie Borea de Bruno Scordo a attiré le public et a permis d'expliquer de manière ludique les phénomènes de résistance de l'air et de portance.

 

Bruno Scordo a présenté sa soufflerie pédagogique, Borea, qui offrait une excellente introduction à l'aérodynamique grâce à une visualisation de la répartition de la pression le long du profil des surfaces porteuses.

 

Et bien sûr, cerise sur le gâteau, les visiteurs ont eu l'occasion de monter à bord de différents avions, notamment le Diamond DA-42 doté d'un cockpit tout écran comme ceux des avions de ligne de dernière génération.

 

Le coût d'une formation complète de pilote représente un investissement conséquent (environ 80 000 €) et s'étale sur une période relativement longue (entre deux et quatre ans, selon la formation choisie). Le soutien financier des parents n'est pas toujours possible. C'est pourquoi des solutions de financement sont proposées, notamment à BFS par l'intermédiaire de la banque Belfius.

 

Et la fin du processus, lorsque le candidat a obtenu sa licence de pilote et recherche un emploi, nécessite également une préparation. Une parfaite maîtrise de l'anglais aéronautique est une exigence de l'OACI. Anglais aéronautique (www.air-english.com), dirigée par un pilote, Frédéric Colson, prépare les candidats à ce test rigoureux.

 

Le programme « Pilot Assessment », dirigé par Dominique Collin, aide les jeunes à se préparer aux entretiens et aux tests de sélection des compagnies aériennes.

 

Une « évaluation pilote » (www.Pilot-Assessment.comCe programme a offert aux candidats une aide précieuse pour mieux préparer leurs candidatures auprès des compagnies aériennes. Il leur a permis d'apprendre à rédiger un CV et une lettre de motivation efficaces, à passer un entretien avec un spécialiste des ressources humaines et un commandant de bord expérimenté, et à se préparer au test sur simulateur grâce à une séance de coaching. Dimitri Collin, commandant de base chez Ryanair Charleroi, a lancé cette initiative il y a quelques mois et a partagé ses conseils.

 

Le Robin R2160 Alpha (F-GAXD c/n 142) est un avion acrobatique et permet à Philippe Lemmens de proposer une formation à la « récupération en cas de perte de contrôle ».

 

Des modules optionnels supplémentaires couvrent des domaines spécifiques tels que la formation à la récupération en cas de situation anormale (URT), qui enseigne aux pilotes comment gérer les situations d'urgence et les attitudes de vol anormales. Philippe Lemmens et son avion de voltige Robin R2160 Alpha (F-GAXD) représentaient cette discipline. Une formation d'instructeur de pilotage est également proposée.

 

Guy Viselé

Photo de Guy Viselé

Guy Viselé

Pilote privé et lieutenant-colonel réserve de la force aérienne belge, passionné d'aviation, ses débuts dans la carrière aéronautique publique. Votre passe ensuite vingt ans chez Abelag Aviation où il termine comme Executive Vice-President. Après dix ans comme parole de Belgocontrol, il devient consultant pour l'EBAA (European Business Aviation Association). Journaliste indépendant qui collabore avec des revues aéronautiques belges et rejoint Hangar Flying en 2010.