Saint-Hubert, 19 mai 2012. Quel aérodrome fantastique ! Perché au sommet des collines et des forêts des Ardennes, il offre un spectacle aérien exceptionnel. Les planeurs du Centre National de Vol à Voile (CNVV) y décollent régulièrement, et pas moins de six écoles de pilotage y sont basées. Un rêve pour tout passionné d'aviation. Un rêve d'or, d'autant plus que depuis peu, une multitude d'avions uniques s'y retrouvent chaque année pour un magnifique ballet aérien.
![]() | Cette affiche montre tout : Spitfire MK19, Dassault Flamant MD311/312, Nieuport 28 (réplique) sont les accroches de l'événement. |
Non, les plus grands noms ne seront pas présents au Meeting Aérien de Saint-Hubert. Ici, pas de turboréacteurs ni de postcombustion, pas même d'écrans de fumée explosifs à toute heure du jour et de la nuit, mais un meeting classique, pour ainsi dire : la classe élégante d'antan. Ça commence dès l'instant où l'on pose le pied sur l'aérodrome. Hamilton, co-sponsor, a magnifiquement décoré l'événement, rivalisant à contrecœur avec le célèbre Breitling. Non, Hamilton ne sponsorise pas toute une flotte d'avions de style Breitling, mais ce qu'ils font est tout simplement excellent. Ils permettent au champion de voltige Nicolas Ivanoff (Fr.) d'exceller dans ce qui était autrefois un Extra 200, maintenant dans l'ultime Edge 540, et c'est tant mieux, car Ivanoff est désormais solidement établi parmi l'élite mondiale.
| Nicolas Ivanoff arbore les plus belles couleurs de la palette. On dirait que l'Edge 540 sait qu'il doit être le meilleur. |
Bien qu'Ivanoff/Hamilton soit une formation de premier ordre, l'Edge ne sera pas la vedette de la réunion de samedi. Cet honneur revient à la « Cartouche Doré », composée de trois TB30 Epsilon de l'École de pilotage de l'armée de l'air (EPAA), basée sur la base aérienne BA709 de Cognac (Poitou-Charentes). Cette patrouille vole ensemble depuis 1989, date à laquelle il a été décidé de célébrer les 100 000 heures de vol de l'Epsilon avec une formation à trois. Les appareils à hélices de la patrouille sont pilotés par des instructeurs de l'école, tous pilotes de chasse chevronnés. Les avions utilisés lors de cette démonstration venaient d'être repeints avec une toute nouvelle livrée, conçue cette fois-ci non pas par une agence, mais par les pilotes eux-mêmes.
| Le Socata TB30 est en service à l'EPAA, l'école de pilotage de l'armée de l'air française, depuis 1984. Il est propulsé par un moteur de 300 ch et les pilotes sont assis en tandem. Environ 150 exemplaires de cet appareil sont en service dans l'armée de l'air française. |
Le TB30 Epsilon oriente les élèves pilotes français vers la chasse, comme on dit, ou le transport. Leur nouvel appareil sera sans aucun doute un avion construit par Les Avions Marcel Dassault. Cette entreprise construit des avions depuis des temps immémoriaux et le fait avec un tel enthousiasme qu'elle a presque oublié les modèles exceptionnels qui ont jadis vu le jour sous la marque Dassault. Les Dassault Flamant MD311 et 312 sont présents à ce rassemblement. Ils datent des années 1950. Ce sont de petits avions de transport bimoteurs de six places (MD312). Selon Wikipédia, 142 exemplaires ont été construits. Parmi les MD311, utilisés comme avions d'entraînement à la navigation et aux vols photographiques, 39 exemplaires ont été produits.
| Le Dassault Flamant décolle tel un lion rugissant, propulsé par seulement deux moteurs Renault de 580 ch. L'avion de quatre tonnes roule sur l'herbe telle une ballerine entraînée. |
Comment ces avions du passé, comme le Flamant, étaient construits à partir de tubes et de feuilles de métal, voire de tissu, comme le Spitfire Mk XIX présenté ici ? Non, les jeunes de la génération informatique d'aujourd'hui n'en ont aucune idée. Et pourtant, quelle silhouette élancée, ce Spitfire.
| Supermarine Spitfire PR Mk XIX, s/n NT557, UM-G, maintenant F-AZJS, montre les couleurs et les marquages du 152 Sqd RAF, en service à Singapour, 1946, auparavant en Birmanie, 1945. |
Au milieu du XXe siècle, les constructeurs aéronautiques n'imaginaient même pas ce que l'utilisation des composites permettait aujourd'hui aux concepteurs. À l'époque, les avions étaient conçus en fonction du degré de transformation du matériau disponible. Aujourd'hui, grâce aux plastiques, tout est possible. La construction aéronautique obéit désormais aux volontés du concepteur. Ainsi, des avions ont été créés qui captent pleinement l'enthousiasme de la génération des jeunes prodiges d'aujourd'hui. Découvrez l'avion VLA actuel.
| La jeunesse d’aujourd’hui a-t-elle troqué la silhouette anguleuse et robuste des voitures anciennes contre des véhicules en plastique élégants et légers ? |
Ainsi, le Millennium Master, au design épuré, a également vu le jour en Italie entre 2005 et 2007 (voir Piloot & Vliegtuig, août 2007, p. 65). Cet appareil, à l'allure racée, offrait des performances de vol exceptionnelles : une vitesse de croisière de 275 km/h, une vitesse maximale de 300 km/h et une vitesse de décollage d'à peine 65 km/h. Le Millennium Master de cette époque est désormais appelé Blackshape Prime, suite à son rachat (en Italie) en 2010. Le vol de démonstration effectué par cet ultraléger au-dessus de Saint-Hubert était tout simplement époustouflant, mais nos ancêtres ont sans doute eux aussi été impressionnés lorsque le Spitfire a survolé leurs têtes pour la première fois. Nous reviendrons sur cet appareil hors du commun plus tard cette année. Hangar Flying Une sortie est prévue cet été. Nous vous recontacterons.
| C'est grâce à l'importateur Gérald Smet de Phoenix Aircraft que le _Blackshape Prime_ est arrivé ici, merci à lui.www.phoenix-aircraft.eu). |
En somme, la promenade sur le plus haut aéroport civil de Belgique fut agréable. Chacun pouvait déambuler avec une facilité surprenante parmi les avions stationnés, les inspecter de près et même les toucher affectueusement, bien que la sécurité les surveillât de près, à juste titre : ces avions doivent encore voler ; une gouverne de profondeur est fragile.
Les visiteurs ont pu admirer des expositions d'avions d'époque (Piper Cub, Boeing Stearman, Klemm KL35D, Stampe SV4C, Nieuport 28, MS317), d'avions d'entraînement (Cessna 172, Diamond DA-42), d'ULM/VLA (Pipistrel, Aerospool Dynamic, Eurostar) et d'avions de voltige (Yak-52, Extra 330, Edge 540). Un groupe sympathique, et des personnes sympathiques, comme Etienne Verhellen avec son Yak-52.
| L'apport d'Etienne Verhelllen avec son Yak-52 amène chaque rencontre à un niveau supérieur (photo prise à la base d'attache de Cerfontaine). |
Une réunion sans l'odeur âcre des saucisses et des frites, mais avec les acclamations joyeuses des enfants, soigneusement couvertes par le vrombissement des avions de toutes sortes. Les différents stands présentaient non seulement les articles de base comme de faux badges, des avions de récupération et des vêtements pour occasions spéciales, mais aussi de véritables librairies d'aviation. On pouvait se procurer une troisième édition de « de Pou » pour 175 euros ou une brochure Sabena d'avant-guerre pour le même prix. Heureusement que le vrombissement des moteurs d'avion attirait les rats de bibliothèque hors de la tente séparée ; après tout, on pouvait dépenser une somme plutôt généreuse pour les nombreux ouvrages d'exception.
| Une foule nombreuse était présente au Meeting Aérien de Saint-Hubert, un public exemplaire, agréable à côtoyer et passionné d'aviation. |
L'organisation du rassemblement Saint-Hubert Aérien peut Hangar Flying Envoyez dès maintenant les invitations pour la réunion de l'année prochaine. Mais Saint-Hubert mérite une visite bien plus tôt pour un autre événement exceptionnel : le Championnat national de voltige aérienne, qui se déroulera du 14 au 17 juin. Les organisateurs devraient s'inspirer de Nicolas Ivanoff et de son superbe planeur Hamilton.
| À l'aube de l'aviation, les pilotes pratiquaient déjà des acrobaties. Progressivement, ils sont devenus plus audacieux, comme avec ce Boeing Stearman. |
Guido Bouckaert


