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Wallonie Aerotraining Network: un centre de compétence exceptionnel

Gosselies, 12 août 2013. Nous avions consacré un reportage au Wallonie Aerotraining Network (WAN) il y a quatre ans déjà, nous l’avons revisité dans des installations agrandies au bord des pistes de l’aéroport de Charleroi-Gosselies.

Les installations du WAN sont situées sur le site « Epervier » (du nom d’un ULM de conception belge), en bordure nord de l’aéroport de Charleroi-Gosselies.

 
Un réseau de formation
Issu du Centre de Formation pour l’Aéronautique, créé en 1987, le WAN (www.wan.be) est né en 1999 de la volonté commune des industriels et des pouvoirs publics wallons de disposer d’un organisme de formation performant. Sa mission essentielle est une mise en réseau de toutes les ressources du monde de l’aéronautique.
 
Pour mener à bien sa mission, le WAN s’appuie sur différents partenaires, parmi lesquels divers centres de compétences, des écoles aéronautiques, des compagnies aériennes (Brussels Airlines, Jetairfly, Thomas Cook, …), la Force Aérienne Belge, et les acteurs de l’industrie aéronautique wallone regroupés au sein de l’EWA (Entreprises Wallones de l’Aéronautique, SONACA, SABCA, Techspace Aero…).Preuve de cet intérêt de la part de l’industrie, c’est l’actuel Président de la Sonaca, Pierre Sonveaux, qui préside également le conseil d’administration du WAN. Une collaboration étroite est également entretenue avec l’Université du Travail (Charleroi) et l’Université de Liège.
 

Une nouvelle aile administrative et de nouveaux ateliers ont été rajoutés cette année à l’infrastructure pré-existante.

 
Le personnel comprend 19 personnes et on dénombre une trentaine d’instructeurs vacataires.
L’institution est dirigée par la Secrétaire générale, Madame Anna Cecconello. Elle est assistée par quatre managers qui couvrent respectivement les activités de Formation Technique (Attilio Sacripanti), Formation Commerciale (Dominique Duhait), Gestion Atelier & Sécurité (Mario Huskens) et Administration & Finances (Jean Pierre Riquet). Et cette équipe très motivée organise en moyenne pas moins de 130.000 heures de formation par an pour 4.300 personnes et le taux de placement après formation est d’environ 80%.
 
La surface des bâtiments a été doublée cette année, passant de 3.000 m2 à 6.000 m2, par l’adjonction d’une nouvelle aile administrative, d’un hangar et d’un nouvel atelier. Deux nouvelles salles de cours, dont une équipée en Computer Based Training (CBT) permet d’initier les futures techniciens au système Computer Aided Design (CAD) sous licence CATIA. Un auditorium d’une cinquantaine de places et quelques bureaux sont venus compléter le centre de formation spécialisé dans les différents métiers de support à l’aviation.
 
Un nouveau laboratoire d’électricité (instrument de bord) et un laboratoire Non Destructive Testing (NDT) agréé ont été installés. L’agrandissement nécessaire des installations a permis de séparer en trois ateliers les formations en maintenance/soudure/électricité; la construction en matériaux composites, et les procédures d’évacuation d’avions.
 
Les fabrications en composite se généralisent dans l’industrie, et le WAN permet des formations réalistes sur ce type de matériel.
 
Les ateliers techniques sont divisés par spécialisation et disposent de moteurs et de cellules ou éléments de cellules permettant de travailler sur les techniques appropriées en fonction des besoins de la formation et des clients, qu’ils soient ateliers de compagnies aériennes ou industrie. Dans la section moteur, on dispose d’un turbofan General Electric CF-6 et d’un Pratt & Whitney JT-3D. L’atelier « construction » est entre autres équipé d’une section de fuselage arrière d’Airbus A-340, et d’une cellule permettant les travaux de rivetage. En cellules, différentes sections de fuselage et quelques avions sont utilisés pour familiariser les étudiants avec différents types d’appareils. Outre un Cessna 150 (OO-SEZ) ayant été opéré par l’Aéro-Club Sabena, on y trouve quelques pièces rares telles que la section de cockpit développée par SABCA pour le Dornier 728 (un projet de « regional jet » qui n’a pas abouti), ou l’ATTA, version armée dérivée du fameux Squalus.
 
Une pièce rare dans les ateliers du WAN: le cockpit développé par Sabca pour le projet de biréacteur Dornier 728.
 

Trois cibles principales
Le WAN s’adresse d’une part aux personnes actives dans le domaine de l’aéronautique qui souhaitent se perfectionner ou se réorienter et, d’autre part aux demandeurs d’emploi en quête d’une formation complémentaires. Il est également un support pour les écoles proposant des filières de formations orientées vers l’aéronautique. Pour couvrir au maximum l’ensemble des besoins du secteur, il faut pouvoir dispenser un éventail large et complet de formations en relation avec les besoins du marché. Le WAN assure donc des formations aéronautiques dans trois domaines: la construction, la maintenance, et l’exploitation.

Au niveau de la production, sont couvertes toutes les technologies et méthodologies liées à la conception, à la fabrication, à la réparation et au contrôle des cellules, moteurs, avionique et autres équipements. Les différents métiers associés à la maintenance aéronautique, tant sur les aéroports, que dans les ateliers industriels pour les avions, les moteurs et tous les équipements font l’objet d’un ensemble de formations. Le WAN a en outre développé des cours spécifiques pour la formation de personnel de cabine, mais aussi de personnel au sol dans des fonctions associées à l’exploitation (agents d’opérations aériennes, bagagistes, check-in,  matières dangereuses, etc).
 

Un turbofan General Electric CF-6 permet de familiariser les futurs techniciens avec des moteurs en service dans de nombreuses compagnies aériennes.

 
De façon plus détaillée, en technique, on retrouve des matières telles que le contrôle non destructif, la conception et la fabrication assistée par ordinateur (CAO/DAO CATIA v5), l’élaboration des gammes opératoires, le contrôle de qualité, les diverses techniques d’assemblage. Une machine de placement automatique de fibres (AFP – Automated Fiber Placement), identique à celles utilisées dans les ateliers voisins de la SONACA, permet la fabrication de formes complexes en matériaux composite.
 
En maintenance, le WAN est agréé comme centre de formation (EASA BE.147.002) et propose des formations de base (aux normes EASA Part-147) pour les licences A1, A2, B1.1, B.1.2 et B2) du Part 66 ainsi que des formations spécifiques pour différents types d’Airbus et de Boeing. Ces formations sont données par des instructeurs qualifiés et expérimentés, et en outre le WAN dispose d’un « vrai » Boeing 727 et d’un équipement varié (cellule, moteurs, avionique).
 

Anne Cecconello, secrétaire-général du WAN, devant le Boeing 727 reçu de DHL.

 
Au niveau exploitation, le WAN est agréé (B-CCITO-001) comme centre de formation et peut dispenser le cours initial de personnel navigant de cabine EU OPS 1 qui est approuvé par les différentes administrations de l’aéronautique, tant belge qu’européennes et par les pays membres de l’EASA. Différents modules sont disponibles sur demande des compagnies aériennes et selon le type d’avion. Des formations pratiques comme les exercices de maîtrise de feu en cabine, d’évacuation nautique ou d’évacuation de cabine sont réalisées de façon très réaliste grâce à un matériel sophistiqué. La formation de Personnel Navigant de Cabine (PNC) bénéficie d’une infrastructure impressionnante. Un hangar entier est consacré aux techniques d’évacuation, avec mock-up de cabines à la fois d’Airbus et de Boeing. Les sections de cabine sont équipées de sièges et de galleys, permettant de s’exercer aux spécificités du service à bord, y compris les premiers soins médicaux. Ces « Cabin Crew Training Mock-Up » disposent de véritables toboggans et permettent des exercices d’évacuation très réaliste. Pour les aéroports, différentes formations sont proposées, en relation avec les différentes opérations: bagagistes, agents d’enregistrements, agents d’opérations, cours initiaux de poids et centrage + par type d’avion, anglais niveau 4, sécurité, matières dangereuses (normes IATA).
 
Une maquette grandeur nature d’une cabine d’Airbus, et les toboggans, permettent d’enseigner les techniques d’évacuation de manière réaliste au personnel de cabine.

Initiallement créé avec notamment comme objectif d’aider à la formation de demandeurs d’emploi pour les orienter vers des métiers aéronautiques, le WAN a évolué en centre de compétence aéronautique reconnu. Actuellement, environ 70% de ses étudiants viennent du monde du travail, 5% des étudiants visent un baccalauréat, et 25% sont des demandeurs d’emploi. Différentes compagnies aériennes belges et étrangères, mais aussi la Force Aérienne Belge sont clients du WAN pour la formation de leurs personnels de cabine. Une grande partie de la dernière promotion PNC vient d’ailleurs d’être engagée par Emirates, preuve de la reconnaissance internationale de la qualité de l’enseignement fourni. Le WAN participe activement aux grands salons aéronautiques internationaux afin de faire connaître ses services.

 

Le prototype du nouvel hélicoptère ULM biplace Sagita Sherpa est en cours de construction dans les ateliers du WAN.

 
L’aéronautique, secteur de pointe en pleine évolution, présente un potentiel économique important mais qui nécessite des formations spécialisées répondant à des critères exigeants en terme de qualité et de diversité. Le WAN est un des rares centres de compétence existant dont les cours couvrent non seulement tous les métiers du secteur de l’aéronautique, mais également ceux liés directement à son développement.
 
L’excellente collaboration avec les acteurs de terrain que sont l’industrie, les compagnies aériennes,les aéroports, permet au WAN d’adapter ses programmes aux besoins réels de ses clients et ses formations sont particulièrement recherchées et appréciées. Et apporte aussi son support au développement de nouveaux projets belges, tels que le nouvel hélicoptèreULM biplace Sagita Sherpa d’Hubert Antoine, présenté récemment au Bourget, et dont le prototype est en cours de construction sur le site du WAN. Et, clin d’œil sympathique au passé, et témoin de l’enthousiasme des collaborateurs du WAN, un des premiers chasseurs à réaction,le DH115 Vampire T55, est conservé précieusement avec l’espoir de pouvoir le faire revoler un jour…
 
Le de Havilland DH115 Vampire T.55 OO-KGS (ex U-1237) est conservé précieusement et pourrait peut être revoler un jour.
 
Texte et photos: Guy Viselé