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Les Avions Tipsy Airplanes

Bruxelles, le 1er décembre 2011. Nous avons enfin trouvé le temps de passer à la boutique du Musée Royal de l’Armée au Cinquantenaire afin d’acheter un exemplaire du livre de Vincent Jacobs ‘Les Avions Tipsy Airplanes’ sorti de presse à la mi-août. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela en valait réellement la peine!

L’ouvrage définitif!

Ce grand et gros livre bilingue (français-anglais) de 256 pages au format DIN A4 est dense et touffu, tant la documentation est abondante, fouillée, variée et complète. Tous les avions produits par Ernest Oscar Tips (et avec son frère Maurice avant la 1ère guerre mondiale) sont passés au crible, photos et plans à l’appui, dont la reproduction est d’une grande et remarquable qualité. Depuis « l’hélicoplane » de 1908, qui fit quelques sauts de puce à l’aérodrome de Casteau, jusqu’au Tipsy Nipper de 1957, toute l’œuvre d’E.O. Tips est passée en revue. C’est ainsi que sont analysés – voire même disséqués – le premier avion Tipsy, le monoplace monoplan Tipsy S de 1935 et sa déclinaison en biplace, les Tipsy B/Bc et Trainer, aux lignes élégantes et à l’aérodynamisme raffiné dont la modernité n’est toujours pas dépareillée de nos jours. Le Tipsy M/Fairey Primer suit ainsi que le Tipsy Junior aux lignes sobres et harmonieuses que Peter Twiss, pilote d’essai chez Fairey et recordman mondial de vitesse absolue aux commandes du Fairey FD 2 bisonique, adorait piloter et il le posa même sur le porte-avions Ark Royal en 1957! Le livre s’attache ensuite au Belfair (BELgian FAIRey) et au Nipper, couronnement parmi les appareils conçus et développés par Ernest Oscar Tips et qui tous, sans exception, sortaient résolument des sentiers battus.

L’auteur s’est encore attelé à décrire plusieurs projets qui ne dépassèrent pas le stade de la planche à dessins, de même qu’il brosse de grands pans de l’histoire des sociétés Fairey Belgique et de sa maison mère en Grande-Bretagne, tant ces entreprises étaient intimement liées à la création, au devenir et à l’évolution des appareils Tipsy.

L’auteur, Vincent Jacobs, procédant au montage de l’hélice du Tipsy Trainer dont la restauration s’est terminée fin 2010. (Photo Yves Duwelz)

Les réalisations d’Ernest Oscar Tips furent marquantes et avant-gardistes à plus d’un titre et leurs qualités de vol unanimement reconnues ont conquis de nombreux aviateurs et séduisent encore plus d’un pilote en ce début du 21ème siècle. En effet, pas moins de six Tipsy B/Bc/Trainer volent encore ou sont sur le point de reprendre l’air, de même qu’un Tipsy Junior et un Belfair (plus un autre au stade de restauration en vue de voler) et de très nombreux Nipper s’élancent quotidiennement à l’assaut du ciel en Europe et même en Amérique!

Le Tipsy Trainer superbement restauré par une équipe oeuvrant sous l’égide de Vincent Jacobs a été présenté lors de la nocturne du Musée de l’Air début décembre 2010. (Photo Jean-Pierre Decock)
Le prototype du Tipsy S, le premier de la lignée des Tipsy, en vol en 1936 à proximité d’Harmondsworth, l’aérodrome de Fairey situé à l’ouest de Londres. (Photo Fairey)
Cette vue en vol du seul Tipsy B/Trainer immatriculé en Belgique (OO-EOT en hommage à Ernest Oscar Tips) révèle à souhait l’élégant dessin de son aile elliptique ainsi que les lignes aérodynamiques de son fuselage. C’est son propriétaire, Ronald Supply, qui le pilote dans les environs de sa base de Moorsele fin avril 2006. (Photo Jan Vanhulle)

Les exploits de divers Tipsy sont également relatés dans le livre de Vincent Jacobs, qu’ils soient de nature insolite ou records mondiaux de distance battus à deux reprises par le même Tipsy Belfair OO-TIC en 1950 et 1955.

Seul reproche, les nombreux hiatus en termes d’élision ou d’accord des adjectifs et de conjugaison des verbes dans le texte en français, mais nous avouerons être tant soit peu puriste en la matière; de toutes façons, ceci ne diminue en rien l’immense valeur documentaire de l’œuvre.

Le Tipsy M saisi par le célèbre photographe Charles E. Brown dans les parages de White Waltham début 1948. (Photo Charles E. Brown/RAF Museum)
Le prototype du Tipsy Junior vers 1950 avec, probablement, F.H. Dixon aux commandes; cet ancien chef pilote d’essais chez Fairey Ltd était un fervent adepte des divers avions Tipsy. (Photo AELR)

L’année 2011 fut faste en ce qui concerne la littérature aéronautique belge et les fanas de tous poils ont incontestablement été gâtés. Cependant, l’ouvrage de Vincent Jacobs est un livre formidable, à l’iconographie (photos, dessins, plans, schémas et annonces publicitaires) incomparable et abondante – nous serions tentés de dire surabondante! – avec de très nombreux documents inédits dont des photos en couleurs des années 30 et 40. Cette somme nous incite à décréter que ‘Les Avions Tipsy Airplanes’ de Vincent Jacobs est l’ouvrage définitif sur le sujet et que quiconque s’intéressant à l’aviation belge se doit d’intégrer aussitôt à sa bibliothèque.

Le Tipsy Nipper MK II OO-MDL avec réservoirs de bouts d’ailes, vu ici à Moorsele en juin 1976, était la propriété de Désiré Van Gerwen, ancien pilote de F-104G, qui effectuait des démonstrations acrobatiques à son bord mais la dernière, le 3 septembre 1978 à Trèves, lui fut hélas fatale… (Photo Jacques Barbé)

« Les Avions Tipsy Airplanes » par Vincent Jacobs, édité par le « Fonds National Alfred Renard », en vente à la boutique du Musée Royal de l’Armée au prix (démocratique) de 35 euros. Précipitez-vous pour l’acquérir, car le tirage global n’était que de 750 exemplaires et, vu son rapport qualité-prix imbattable, il ne devrait pas demeurer faire long feu sur les étagères!

Jean-Pierre Decock