-A A +A

L’APOC, un nouvel outil de gestion des opérations aéroportuaires

Zaventem, le 4 novembre 2015. Brussels Airport a connu tout au long de l’année 2015 de nombreux changements destinés à améliorer le service à la clientèle. Si le plus visible a été sans contexte la mise en service du « Connector » en mars 2015, d’autres  projets  importants ont aussi trouvé leur aboutissement cette année. Et notamment la création d’un tout nouveau centre opérationnel, l’APOC.
 
dominant la salle opérationnelle, le « mur » de 10 mètres affiche les informations en temps réel 
 
Les différents services opérationnels de l’aéroport étaient devenus géographiquement fort dispersés au fil des nombreux chantiers de modernisation des infrastructures sur l’aéroport.  Ils ont été récemment regroupés au sein d’une nouvelle infrastructure, l’APOC pour « Airport Operations Center ».  
 
Les locaux de l’APOC sont situés dans l’ancien hall transit de l’aérogare passagers initiale de 1958 avec sa superbe baie vitrée à front de tarmac. Œuvre des architectes Maxime Brunfaut, Géo Bontinck et Joseph Moutschen, le bâtiment bénéficie d’une certaine protection  en tant que témoin d’un style et d’une époque. Il en a été tenu compte lors de l’aménagement de la nouvelle entité opérationnelle, qui bénéficie de ce cadre prestigieux.
 
l’ancien hall transit de l’aérogare inaugurée en 1958 a été réaménagé pour accueillir les services opérationnels regroupés 
 
Une approche intégrée
L’approche intégrée des problèmes opérationnels d’un grand aéroport imposait de rassembler au même endroit  les différents intervenants.  L’APOC regroupe désormais  les différents responsables des départements Airside Inspection, Security, Customer & Passenger Services, Stand & Gate et Controlroom. Et on y a ajouté les principaux partenaires ayant un impact sur le déroulement des opérations aéroportuaires : les deux agents de handling, Aviapartner et Swissport, la principale compagnie aérienne locale Brussels Airlines, la Police Fédérale et G4S pour la sécurité. Belgocontrol,  le fournisseur de services de navigation, n’est pas physiquement présent mais partage les données opérationnelles nécessaires et deux briefings par jour sont organisés en vidéo-conférences.
 
La salle d’opération est équipée de terminaux et d’écrans de haute technologie, affichant toutes les données nécessaires en provenance des différents acteurs.  Un immense mur vidéo de 10 mètres de long, composé de pas moins de quatorze écrans de rétroprojection full HD conçus par Barco, affiche en temps réel les informations les plus utiles sous forme de graphiques et d’images provenant du vaste réseau de caméras installées aux différents endroits de l’aéroport.
 
la technologie belge en matière d’informations rétro-projetées développée par Barco a permis la réalisation de cet affichage qui peut comporter jusqu’à 14 écrans 
 
Plusieurs bureaux ont été aménagés pour les différents services. Les deux briefings quotidiens, à 7h15 et à 16h30, permettent aux différents acteurs d’anticiper et de préparer les événements de façon tactique, en fonction notamment des prévisions météos, du choix prévu des pistes, des périodes prévues d’affluence, d’annonces de troubles sociaux, etc. Cette culture de partage évolue vers du « real time event management » grâce aux progrès rapides en matière de partage de données par voie électronique.
 
Cette centralisation des  différents services opérationnels  améliore considérablement la communication entre les différents acteurs internes et externes grâce au partage d’informations entre partenaires. L’objectif est d’arriver à une optimisation des processus opérationnels visant une meilleure satisfaction du client, notamment  grâce à une réduction du nombre de connections manquées et de bagages manquants et à une amélioration de la ponctualité.
 
une des positions de travail de la salle « ops » de l’APOC 
 
Amélioration de l’information opérationnelle
Un des objectifs est d’arriver à une réconciliation des données passagers et bagages en temps réel. Pour y arriver, l’APOC a besoin d’informations sur la localisation et le comportement des passagers. Elle en obtient par divers moyens tels que les caméras de surveillance, les données de screening, le scan des cartes d’embarquement (notamment via l’Automated Access Control). Actuellement, il y a encore une certaine résistance de la part des compagnies aériennes à partager des données « passagers « qu’elles considèrent comme commercialement sensibles. Si l’on s’en réfère au  précédent d’A-CDM (Airport Collaborative Decision Making) en matière de gestion du trafic aérien, il  avait aussi initialement fait l’objet de résistances de certains des trois acteurs principaux (Brussels Airport, Belgocontrol et les compagnies aériennes). Mais l’échange d’informations sur leurs plannings opérationnels a permis d’améliorer à la fois la capacité et la ponctualité, tout en respectant la confidentialité des données.  Mettre ensemble les «  screening  data » tant des passagers (via leur « boarding pass ») et des bagages (« tags ») permettra de suivre le processus de façon plus efficace, évitant par exemple les retards dus au déchargement des passagers et bagages lorsqu’un passager n’a pas embarqué.
 
L’APOC travaille sur base d’un planning qui reprend les prévisions de trafic pour les prochains trois mois, tenant compte d’événements particuliers prévus tels que les Hadj ou « Tomorrowland ».
 
Contrairement au Centre de Crise, qui ne se réunit que de façon ponctuelle en cas d’événement grave affectant le déroulement des opérations aéroportuaires, l’APOC est un outil qui fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et permet de mieux gérer le bon déroulement des opérations. Le nouvel outil fera encore l’objet d’améliorations dans le futur, mais permet d’ores et déjà d’améliorer la ponctualité des vols par une meilleure information notamment sur les flux des passagers et des bagages.
 
Guy Viselé