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Brussels Aviation: l’aviation au Salon de l’auto

Bruxelles, 13 janvier 2013. Cinquième édition d’un événement devenu bi-annuel, de façon à coïncider avec le Salon des véhicules utilitaires et de loisirs et des motos, le « Brussels Aviation » a permis aux différentes disciplines aéronautiques d’exposer leurs modèles les plus récents et les plus performants dans le cadre prestigieux du Palais 10 au Heysel. Officiellement inauguré le 13 janvier 2013 par le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, ce « salon de l’aviation » a attiré un public nombreux et intéressé par les multiples possibilités de sports de l’air.

Un éventail très riche des différents sports aériens était présenté au Palais 10 du Heysel.

Historique
Louis-Yvan Schmitz, pilote et passionné de sports moteurs, saisit au bond l’opportunité qui se présente en 2003 lorsque les organisateurs du Salon de l’Auto doivent faire face au renom d’un constructeur de véhicules utilitaires et éviter de laisser un palais à moitié vide. Il contacte rapidement ses nombreux amis et lance l’idée d’une exposition consacrée à l’aviation. Avec un préavis très court il réussit à remplir le palais avec des ULM, des hélicoptères, des simulateurs de vol et de nombreuses autres animations aéronautiques.  Et c’est un succès de foule et médiatique! L’expérience est renouvellée en 2005, 2007 et en 2009. Après un hiatus de quatre ans, il relance le concept et occupe cette année pas moins de 2.000 m2 d’exposition.

Ce grand monsieur de l’aviation belge a commencé à voler à Spa en 1966. Il découvre l’ULM au Québec en 1982 et se fait lâcher sur le Quicksilver, pionnier d’une nouvelle discipline. Quelques années plus tard, il fait la connaissance de François Goethals (Aviasud) qui fabrique une merveilleuse machine, le Scirocco, bientôt suivie du biplan Mistral. Mais Louis ne se contente pas de voler. Il s’attaque à différents records du monde et pulvérise le record du temps de vol en circuit avec le Mistral bimoteur « push-pull » qu’il a inspiré aux frères Goethals: près de 7 heures d’affilées! Début des années nonante, Louis-Yvan Schmitz bat les records de montée à 3.000 m et à 6.000 m avec un Albatros monoplace. Un peu plus tard, Roland Coddens s’attaque aux mêmes records, mais en delta pendulaire motorisé (DPM). Ils établissent tous deux dans leur catégorie respective des records FAI qui démontrent la qualité de nos pilotes belges.

Louis-Yvan Schmitz, l’organisateur du Brussels Aviation, devant l’hélicoptère Robinson R-22 de ULM Baisy-Thy.

Initiateur du « Brussels Aviation », Louis-Yvan Schmitz est particulièrement heureux de la qualité des matériels exposés cette année. Les progrès se font à la fois en matière de sécurité et de performance notamment écologique. Il met l’accent sur la sécurité exceptionnelle que confère les parachutes dont sont équipés la plupart des ULM. Mais il fait aussi remarquer les économies en carburant, donc aussi en émissions, des faibles consommations des machines actuelles, respectant les limites de poids de la catégorie (450 kg, ou avec parachute 472,5 kg) avec une aérodynamique de plus en plus raffinée. Et l’arrivée du vol électrique.

Sa vocation est d’attirer des jeunes à l’aviation et faire connaître l’énorme variété des sports de l’air.

Brussels Aviation 2013
Parmi les nombreux exposants, nous découvrons sur le stand JMB Aviation, exploitant de l’ulmodrome d’Amougies (www.airport-amougies.com), une machine magnifiquement profilée, à train rentrant, le VL3 Evolution, qui se présente comme le plus rapide des ULM biplaces côte-à-côte (vitesse maxi de 274 km/h, croisière rapide à 260 km/h). La firme tient son nom des initiales des deux frères Guisset, Jean-Marie et Jean-Baptiste. Initialement représentant de la marque Aveco, ils ont racheté ce constructeur Tchèque il y a quelques mois et sont donc devenus fabricants (www.jmbaviation.com)! Leur école de pilotage utilise aussi le Viper SD-4, un autre trois axes, et propose d’intéressants forfaits (cours théoriques, matériel didactique, heures de vol et cotisation au club) pour les nouveaux élèves-pilotes.

Le JMB Aviation VL-3 Evolution est présenté comme le plus rapide ulm biplace côte à côte sur le marché.

Autre attraction au « Brussels Aviation », le prototype du Colomban MC-30 (dû au talentueux constructeur du plus petit bimoteur au monde, le « Cri-Cri », qui fait également l’objet d’essais avec une motorisation électrique), un ULM à moteur électrique qui ne pèse à vide (sans la batterie) que 60 kgs! Fruit de dix ans de recherches, ce démonstrateur a été fortement allégé en utilisant pour sa construction des éléments en carbone, en bois et en titane. La batterie (45 kg) de 20kw lui donne une endurance de 1h15 à 120 km/h. Actuellement propulsé par des batteries au lithium-polymer, l’appareil (présenté par la firme Auditas S.A./ AeroSkyLux) a établi sous l’égide de la Fédération ULM plusieurs records du monde en cours d’agréation par la F.A.I. dans la catégorie RAL1E, dont le record de vitesse en vol électrique toutes catégories (189,87 km/h) piloté par le belge Jean-Luc Soullier. Auditas/AeroSkyLux a pour ambition de remplacer les actuelles batteries lithium-polymer par une pile à hydrogène, et d’établir de nouveaux records du monde de vitesse et de distance rendus possible par l’utilisation d’énergie renouvelable. Ils prévoient d’exposer leur avion au prochain salon du Bourget en juin cette année, et ensuite au célèbre rassemblement de Oshkosh aux Etats-Unis en juillet, et envisagent d’y aller par la voie des airs!

Le prototype de l’avion « électrique » Colomban MC30E N°1 entouré de ses promoteurs, monsieur Marcinowski et le pilote belge Jean-Luc Soullier qui a établi plusieurs records du monde.

Le motoplaneur Stemme S10-VT était incontestablement une des vedettes du Palais 10. Fait peu connu, l’actionnariat de ce constructeur allemand est en majorité détenu par des belges! Equipé d’un moteur turbo Rotax 914 de 115 cv installé au centre du fuselage juste derrière le cockpit, il dispose d’une hélice à pas variable repliable dans le cône de nez. Elle s’ouvre au démarrage par la force centrifuge. Des panneaux solaires permettent l’alimentation électrique lorsque le moteur est coupé. Ce motoplaneur permet une autre façon de voler: décollage au moteur (pas de remorquage nécessaire) et vol écologique en plané à grande vitesse. Olivier de Spoelberch (Stemme) (www.stemme.de) nous confie qu’il ne consomme que 3 litres d’essence pour aller de Belgique en Suisse, avec une vitesse de croisière de 220 km/h avec moteur et de 120 km/h en planeur.

Olivier de Spoelberch et Walter Simonson apprécient le cockpit du très performant motoplaneur Stemme SV10-VT.

Les sports de l’air sont souvent le prélude à une future carrière de pilote. La Force Aérienne l’a bien compris, et les Royal Flying Cadets avaient un stand voisin du simulateur F-16, qui attirait de nombreux jeunes. La Fédération ULM (www.fed-ulm.be) mettait en évidence le palmarès remarquable de nos pilotes belges, avec pas moins de quatre recordmen du monde, et mettait l’accent sur la sécurité de plus en plus grande grâce à un bon encadrement et une auto-discipline, ainsi que l’organisation de journées thématiques pour ses adhérents. La plupart des exploitants d’ulmodromes et d’écoles de pilotage ULM étaient présents avec un grand choix de modèles et de formules.

Nouveauté révolutionnaire dans le domaine des delta pendulaires motorisés (DPM), le prototype Puls'R 912S offre le confort d’un carénage et d’un pare-brise, et son aile est désormais haubannée, donc sans les traditionnels cables.

Le Centre ULM Européen de Liernu (www.ulms.net ), dirigé par Alain Hanse, exposait le prototype d’un DPM révolutionnaire: le nouveau Puls’R 912S, de construction britannique (P & M Aviation), présente un chariot caréné muni d’un pare-brise, offrant ainsi plus de confort, et est équipé de haubans rigides (et non plus de cables), ce qui permet notamment à la nouvelle aile GT’R de se replier sur une charnière et donne à la machine une finesse de 11! Liernu offre une diversité de disciplines aériennes, avec des activités écolage et vols tant en paramoteur, qu’en DPM et en troix axes, et quelques autogyres y évoluent également.

Le sympathique team de Liernu occupait un stand attractif, avec à la fois du paramoteur, des DPM,  des trois axes et des gyrocoptères.

En trois axes, l’instructeur José Vande Veken (www.ulmvdv.com ) a été sacré champion du monde ULM en 2011. Il représente l’Eurofox, exposé au stand, ainsi que la gamme CT de Flight Design et l’Apollo Fox et forme de nombreux nouveaux pilotes en ULM.

José Vande Veken, champion du monde ULM, en grande conversation avec l’organisateur du Brussels Aviation,  Louis-Yvan Schmitz,  Paul Wendey (Président de la Fédération ULM) et le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, particulièrement intéressé.

Easy Flying, l’école de paramoteurs d’Olivier Simoen (www.paramoteur.info ), présentait des machines de la marque Adventure qui se rapproche de plus en plus du DPM, avec un chariot pour le passager, et un parachute comme « aile ». Cette évolution permet de pratiquer ce sport de façon plus confortable en n’ayant pas à supporter le poids du bloc moteur-hélice dans le dos. Enthousiaste de sa discipline, Olivier Simoen compare: «  le paramoteur est à l’ULM ce que le GSM est à la téléphonie fixe ». La Fédération Belge de Paramoteur (FBPM-BPMF) (www.federationparamoteur.be) donnait tous les renseignements pratiques, y compris une liste des neuf écoles reconnues.

Evolution vers le confort en paramoteur, les chariots tels que ce biplace Adventure évitent désormais au pilote de devoir supporter dans son dos le poids du bloc moteur-hélice.

Autre nouveauté, la présence de plusieurs autogyres. Joël Tilquin (www.guepard2xj.com) présentait le GuepardII XJ01, une évolution du AX02 construit par Xavier Averso dans les années 80, et disponible en kit pour construction amateur.  Le constructeur allemand Autogyro exposait via son représentant pour la France et la Belgique, Stéphane Kübler (www.flyinparis.net), deux très belles machines biplaces, dont un modèle entièrement caréné, le Calidus.

Le Président de la Fédération ULM, Paul Windey, et le très bel autogyre Calidus entièrement caréné, proposé par le constructeur allemand Autogyro.

L’ulmodrome le plus actif du pays, Baisy-Thy (www.ulm.be), présentait lui aussi une diversité d’activités, allant du DPM à l’hélicoptère, et exposait sa machine d’écolage trois axes, le FK9 ainsi qu’un Dyn’Aero MCR01. Pour cette saison, les deux frères Coddens, Christophe et Didier, rajoutent quatre nouvelles machines à leur flotte: deux FK-9, un MCR et un pendulaire. Pas moins de quinze instructeurs sont actifs sur le site du Brabant wallon. Un reportage détaillé est paru dans Hangar Flying l’an passé.

Les frères Christophe et Didier Coddens, exploitant du site ULM Baisy-Thy, présentent l’éventail de leurs activités au bourgmestre de Bruxelles, accompagné de Louis-Yvan Schmitz.

Benoit Simeons, le dynamique entrepreneur de European Balloon (www.montgolfiere.be ) faisait la promotion pour les baptêmes de l’air en montgolfière, exposant deux nacelles de grande capacité, mais aussi un petit ballon UltraMagic de 2.600 m3 pour des vols « exclusifs » (deux passagers seulement) , tels que des jeunes mariés par exemple. Il représente d’ailleurs la marque UltraMagic (deuxième fabricant de ballons au monde et premier dans la catégorie des gros porteurs) en Belgique. Une collaboration commerciale a été établie entre European Ballooning (4 ballons dont un 18 passagers) et Filva Balloonvaart de Filip Audenaert (5 ballons) (www.filva.com) afin de couvrir à la fois la clientèle francophone et flamande. La montgolfière étant très dépendante des caprices de la météo, Benoit est aussi pilote professionnel d’hélicoptères et propose notamment des circuits touristiques et des baptêmes de l’air avec le Robinson R-44 quadriplace de Brussels Heli Air (www.helico.nu) et le R-22 de Baisy-Thy (www.ulm.be).

 
Les montgolfières étaient aussi présentes, et Filip Audenaert (FilvaBallonvaarten) et Benoit Simeons (European Ballooning) expliquent les plaisirs de leur sport au bourgmestre Freddy Thielemans.
 
La grande majorité des terrains ULM était représentée à ce salon, et on notait sur le stand de Confluence (www.confluence.be) , l’exploitant de Buzet, un très beau FK-14 Polaris et un Coyote II exposé en « écorché » pour montrer la structure de ce trois axe classique dont ils assurent la distribution en Belgique. Limburg Regional Airport (www.ebst.aero) , l’ex-base militaire de Brustem, à côté de Sint-Truiden, présentait en maquette un vaste projet de développement d’infrastructure. La firme CAPCO Aviation (www.capco-aviation.be) exposait la version ulm du très beau Tecnam P62 Echo. L’Aéro-club de Hesbaye (ulmdpm@yahoo.com ), qui l’utilise en écolage au départ du terrain d’Avernas, était aussi présent.
 
De construction italienne, le Tecnam P62 Echo, est un ULM trois axes très proche de l’avion.
 
On ne peut que féliciter l’organisateur, Louis-Yvan Schmitz, ainsi que la FEBIAC, la Fédération ULM et tous les participants pour la brillante réussite de ce cinquième « Brussels Aviation ». Ils ont réuni en un seul site, accessible au grand public pendant dix jours, un merveilleux éventail de la diversité et de la qualité du sport aérien en Belgique, contribuant à mieux le faire connaître et à attirer une nouvelle clientèle vers ce secteur.
 
. Patrick Nys, instructeur chez JMB Aviation à Amougies, montre la modernité des cockpits des ULM modernes, tels ce Viper SD-4.
 
Texte et photos: Guy Viselé