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Aviovision: son Aviobook sur le marché des Electronic Flight Bags

Leuven, 21 novembre 2012. Alliant une expérience dans les opérations et la formation aéronautique au développement de programmes informatiques sophistiqués, Aviovision (www.aviovision.aero) a été créée en 2010 par Kris Van den Bergh. Et la jeune entreprise, installée à Leuven, a développé un fabuleux produit, l’Aviobook, un software EFB qui facilite grandement la vie des pilotes et des ‘Ops’ des compagnies aériennes.

Le logo d’Aviovision est explicite: le papier n’est plus nécessaire pour la gestion des vols et on peut donc en faire un avion. (Photo Aviovision)

EFB
Mais qu’est-ce qu’un EFB? L'Electronic Flight Bag (EFB) est un composant électronique de gestion des informations de vol qui aide le pilote à effectuer différentes tâches sans le moindre papier.Il s'agit d'une plate-forme informatique polyvalente destinée à remplacer des documents de référence traditionnellement disponibles en format papier et accessibles en vol, tels que par exemple le manuel de vol de l’avion, ‘ l’ Ops Manual’ de la compagnie, et les cartes de navigation. L'EFB peut également héberger des applications logicielles spécialement conçues pour automatiser d'autres fonctions normalement effectuées à la main, comme entre autres le calcul des performances et des consommations, ou les estimées de navigation.

L'EFB permet de remplacer le traditionnel ‘Jeppesen case’ du pilote pesant souvent jusqu’à 18 kg ou plus, que l’équipage garde à portée de main dans le cockpit. Il remplace les documents papiers par une documentation numérique, pour un poids et un encombrement réduit.

Au début des années 1990 quelques pilotes ont développé des logiciels communs pour exécuter des fonctions telles que les calculs de poids et permettant de remplir des formulaires opérationnels utilisables sur leurs ordinateurs portables personnels. L'une des premières applications d’EFB au niveau des compagnies aériennes fut développée en 1991 par Fedex pour l’utilisation sur ordinateur portable (commercial off-the-shelf) d’un software permettant des calculs de performances. En 1996, la compagnie allemande Aero Lloyd a développé un EFB sur base de deux ordinateurs portables capables de calculer les performances et d’accéder à la documentation, permettant ainsi la suppression de la documentation papier du poste de pilotage, et ce avec l’accord de l’administration de l’aéronautique allemande. La compagnie américaine JetBlue a converti l'ensemble de ses opérations documents au format électronique disponibles pour ses pilotes sur un réseau d'ordinateurs portables. En 2006, la compagnie charter britannique MyTravel (entretemps fusionnée avec Thomas Cook) est devenue la première à mettre en service un journal electronique utilisant le système de communication General Packet Radio Service (GPRS).

Comme la technologie informatique personnelle devient de plus en plus compacte et puissante, avec des capacités de stockage étendues, un seul mini-ordinateur est maintenant capable de stocker toutes les cartes aéronautiques du monde, pour un poids et un encombrement négligeable. Les nouvelles technologies, comme la météo par satellite en temps réel, ont encore accru les capacités des EFB. Cependant, pour les grandes compagnies aériennes, le principal problème avec ces systèmes n'est pas le matériel, mais les moyens de distribution fiables et efficaces des mises à jour entre le pilote et le centre opérationnel.

Le cockpit d’avions modernes tels que l’Airbus A380, est complètement informatisé. Et les pilotes peuvent maintenant éviter la documentation papier grâce à l’Aviobook. (Photo Guy Viselé)

L’Aviobook
Aviovision a développé un concept innovant pour l’optimalisation des flux d’informations et les processus liés à la préparation, l’exécution et la finalisation d’un vol. Ils ont réalisé un produit qui améliore la sécurité et l’efficience des opérations aériennes, rendues de plus en plus complexes en raison des contraintes liées à la gestion du trafic aérien, à la complexité des processus et à la nécessaire diminution des coûts. L’Aviobook est un outil totalement intégré qui est automatiquement mis à jour avec les données générales (telles que les cartes et les manuels) mais aussi spécifiques (équipage, départ, arrivée, météo, plan de vol, weight & balance, etc) du vol. Ce chargement de données peut être suivi par le centre des opérations de la compagnie et permet ainsi d’éviter le risque de mauvaise manipulation (erreur humaine) dans l’introduction des données.

Pour développer ce genre d’application, il est nécessaire de bien maitriser à la fois les opérations aériennes et l’informatique. L’expérience professionnelle exceptionnelle du fondateur d’Aviovision, Kris Van den Bergh, et de son équipe, ont permis de développer ce qui est actuellement un des meilleurs produits EFB disponibles sur le marché.

L’Aviobook se définit comme une solution software réellement  user friendly de l’Electronic Flight Bag. Son utilisation intuitive est basée sur une navigation touch screen, permettant l’accès rapide à l’information demandée, la gestion des données essentielles et la distribution des données vers les différents modules. Non seulement il élimine la documentation papier du cockpit, mais en plus il s’intègre avec les systèmes du back-office et les informations les plus up-to-date sont disponibles à tout moment. L’Aviobook peut être utilisé par une variété de supports, online et offline, comprenant à la fois des ordinateurs de bureau et des laptops, des tablettes, iPads et les systèmes installés dans les cockpits. La communication entre le cockpit et les responsables et gestionnaires des opérations au sol est beaucoup plus rapide et efficace grâce à l’utilisation d’un interface usager innovant et sécurisé. Les différents calculs sont sauvegardés dans le système et toutes les données sont archivées sur le serveur de l’Aviobook. Ces qualités de facilité d’utilisation sont particulièrement appréciées et limitent le temps de formation des équipages. Une fois connecté, l’utilisateur peut accéder au serveur Aviobook Base pour mise à jour via LAN, WLAN, WiFi, GPRS ou 3G-3, 5G-4G.

L’Aviobook d’Aviovision: un outil performant et user friendly. (Photo Aviovision)

Les applications couvrent le flight planning, le flight monitoring et l’échange de données de vol. Le système permet un accès aisé aux données du briefing opérationnel préalable au vol. Les informations météo, Notam, aéroports de diversion sont présentées de façon logique et user friendly. Des fonctions essentielles telles que l’analyse de l’efficacité en consommation de carburant, les rapports d’émissions de CO2 (rendus obligatoires par l’introduction de la règlementation européenne Emission Trading Scheme), et le planning de la maintenance des avions sont également améliorées.

Les cartes météos utilisent un code de couleurs pour automatiquement attirer l’attention du pilote en cas d’informations météo opérationnellement significative. Le plan de vol et les données du contrôle du trafic sont également présentées dans l’EFB, y compris la route proposée et les dernières estimées. Un autre module donne accès aux cartes de navigation et d’aéroports. Les fonctions ‘performances’ sont totalement intégrées avec celles de l’OFP (Operational Flight Plan), du briefing et des calculs de weight & balance. Différentes alarmes et validations des données réduisent les risques d’erreur humaine et permettent de calculer les performances de façon optimale.

Plusieurs compagnies aériennes ont choisi l’Aviobook d’Aviovision. Citons Danish Air Transport, Air Arabia, Skywork (Suisse), et tout récemment Air Greenland. Outre les compagnies aériennes, Aviobook est aussi plus qu’utile aux opérateurs de l’aviation d’affaires, et permet toute une série d’applications spécifiques en matière de reporting. Aviovision est d’ailleurs membre de la European Business Aviation Association (EBAA) et participe activement aux différents salons professionnels du secteur.

Parmi les compagnies aériennes ayant adopté l’Aviobook, citons Air Arabia, la première low cost au Moyen-Orient, qui vole avec des Airbus A320. (Photo Guy Viselé)

Kris Van den Bergh nous précise: « Toutes les opérations du pilote et des ops de la compagnie aérienne communiquent sur un même outil. La préparation du vol, le follow-up, le reporting se retrouvent de façon logique dans un seul software. C’est bien plus que seulement une librairie de cartes. Toutes les procédures administratives requises par l’opérateur (flight duty time, facturation, safety reporting, documentation exigées pour les audits des administrations aéronautiques) sont intégrées. Le système proposé donne accès aux informations les plus récentes, améliore la sécurité car il contient des mécanismes de protection pour éviter les erreurs. »

Et l’Aviobook est aussi un outil d’échange de données permettant une communication facile et rapide entre le pilote et sa compagnie. Les rapports des données essentielles du vol sont ainsi immédiatement disponibles pour le centre opérationnel qui peut de son côté communiquer toute information importante au pilote. L’Aviobook Base est un outil efficace d’administration au sol de l’EFB. Il permet la supervision opérationnelle.

Kris Van den Bergh
Initiateur d’Aviovision, Kris Van den Bergh est issu de la promotion 1990 de la Belgian Aviation School. Il commence à voler à la Sabena en 1992 et y restera jusqu’à la disparition de la compagnie nationale en 2001.

Intéressé par les aspects ‘formation’, il devient responsable Flight Training de la compagnie, puis Head of Training, se partageant 50/50 entre ses obligations managériales et de pilote. A la faillite de la Sabena, il devient Training Manager des équipages Airbus A330 de VG Airlines, mais la compagnie ne résiste que quelques mois avant de disparaître à son tour.
 
Il passe alors chez Airbus comme A380 Flight Crew Training Policy Manager. L’avion géant n’a pas encore volé et il faut préparer les programmes de formation des équipages, et faire approuver ceux-ci par les grandes autorités aéronautiques mondiales que sont l’EASA pour l’Europe et la FAA pour les Etats-Unis et de nombreux autres pays. En collaboration avec un client EASA (Lufthansa) et un client FAA (Fedex), il dirige le développement du programme de formation pour les futurs instructeurs A380.
 
Kris Van den Bergh est à la fois expert en opérations aériennes et en informatique. (Photo Guy Viselé)
 
En 2004, l’opportunité se présente de racheter au curateur de la Sabena la filiale Sabena Flight Academy, et ce en association avec Jacques Waldeyer. Il en devient le Chief Operating Officer (COO) et déménage à Phoenix (Arizona) pour diriger une flotte qui passe rapidement de dix à cinquante avions d’entraînement. Constituée au départ de traditionnels Piper mono- et bimoteurs, il supervise la modernisation de la flotte en Diamond et introduit le premier biréacteur Eclipse. Kris van den Bergh a grandement apprécié cet appareil, qui permet selon lui une transition efficace entre les avions d’entraînement classiques et les jets opérationnels dans les compagnies aériennes, et ce avec des coûts relativement raisonnables. SFA est vendue à CAE en 2008, et Kris devient alors responsable de pas moins de sept écoles dépendant du groupe et localisées dans le monde entier. Mais les développements des EFB l’attirent et il lance Aviovision en 2010, initiallement avec Patrick Van Dessel, et depuis peu avec à nouveau Jacques Waldeyer en tant qu’associé.
 
Passionné d’aviation, Kris Van den Bergh parraine de la 9ème Escadrille du 1er Wing de Beauvechain, qui fait partie du Centre de Perfectionnement et permet aux officiers d’Etat-Major de la Force Aérienne de maintenir leurs compétences de pilotage en volant sur SIAI-Marchetti SF-260. Lors de son séjour à Phoenix, il cotoye la section locale de la Commemorative Air Force, qui conserve en ordre de vol un B-17, deux P-51, deux Corsair et d’autres joyaux historiques, et le virus des warbirds fait une victime de plus…Kris est actuellement l’heureux co-propriétaire d’un fabuleux North American T-28 Texan basé à Sint-Truiden-Brustem, qu’il présente notamment lors de shows aériens en Europe.
 
Kris Van den Bergh est aussi un fana des warbirds et présente régulièrement son magnifique T-28 Trojan lors des meetings aériens. (Photo Guy Viselé)
 
L’avenir
Développer une compagnie monoproduit dans un secteur hautement concurrentiel n’est pas la seule raison d’être d’Aviovision. En plus de la fourniture du software, la jeune entreprise belge propose également ses services pour la maintenance et la formation. Le full training package ne nécessite qu’un jour de cours, destiné à former des pilotes-instructeurs qui pourront ensuite former à leur tour et au sein de leur compagnie les autres pilotes. Aviovision apporte aussi son support à la certification du software par les autorités nationales compétentes des clients. L’Aviobook est certifié en Belgique par la DGTA, et au niveau européen l’EASA vient de publier un rapport d’évaluation des EFB. Ce rapport invite les opérateurs sous juridiction EASA à demander l’approbation du régulateur national mais ne voit pas d’objection pour la délivrance par ces autorités d’une operational approval pour certaines applications (remplacement des supports ‘papiers’) de ces softwares, mais, tout comme la FAA, met en garde contre l’utilisation d’indication de position, les instruments de navigation certifiés à bord des avions étant les seuls règlemantairement autorisés.
 
Une partie de l’équipe de développement informatique d’Aviovision. (Photo Guy Viselé)
 
Aviovision employe actuellement une dizaine de personnes. Elle vient de reprendre une autre entreprise spécialisée dans le même domaine mais pour des applications spécifiques aux missions de police. L’expérience et la technologie développée pour l’aviation peut en effet être utilement employée dans d’autres secteurs spécialisés (médical, marine) qui sont envisagés par Aviovision pour son développement futur. Cette jeune PME belge élargit ainsi
ses activités en se diversifiant vers d’autres secteurs pouvant bénéficier des avancées réalisées dans le domaine aéronautique.
 
Guy Viselé